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Géopolitique Mike Pompeo pointe «la nouvelle compétition» dans l'Arctique

En visite au Danemark, le chef de la diplomatie américaine a mis en garde les pays du Grand Nord contre les visées de certaines grandes puissances dans la région.

Dans la matinée, Mike Pompeo a rencontré la Première ministre danoise Mette Frederiksen
Dans la matinée, Mike Pompeo a rencontré la Première ministre danoise Mette Frederiksen
AFP

Un an après l'imbroglio sur l'offre de rachat par Donald Trump du Groenland, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est rendu mercredi au Danemark. Il a insisté sur «la nouvelle compétition» à l'oeuvre dans l'Arctique, une allusion aux visées des grandes puissances dont la Chine sur cette région.

Après une première étape au Royaume-Uni mardi où il avait appelé le monde à tenir tête à la Chine, nouveau grand rival des Etats-Unis, l'ancien patron de la CIA et proche de Donald Trump a poursuivi sur sa lancée. Il a appelé les pays riverains de l'Arctique à défendre les valeurs de «liberté, transparence, souveraineté et stabilité» dans le grand Nord.

«Cette mission est encore plus urgente face à la nouvelle compétition dans la région de pays qui ne respectent pas toujours ou pas du tout les règles», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. La Chine, qui est membre observateur du Conseil de l'Arctique depuis 2013, se considère comme une puissance «proche de l'Arctique» et veut développer des «routes de la soie polaires».

Ligne atlantiste depuis 20 ans

Des entreprises chinoises s'étaient notamment positionnées pour la construction ou la rénovation d'aéroports, cruciaux dans un Groenland largement enclavé. Le Premier ministre groenlandais Kim Kielsen s'était rendu à Pékin pour discuter de l'offre. Le Danemark avait finalement abondé un vaste programme aéroportuaire fin 2018, dans un dossier suivi attentivement par Washington.

Dans la matinée, Mike Pompeo a rencontré la Première ministre danoise Mette Frederiksen puis son homologue Jeppe Kofod. Ce dernier avait insisté pour que soient présents les responsables des Affaires étrangères du Groenland et des îles Féroé, autre territoire autonome danois.

Considérant les Etats-Unis «comme son allié absolument le plus proche», selon les termes du ministre Kofod, le Danemark a affiché sa ligne atlantiste depuis 20 ans en envoyant des troupes sur les théâtres d'Afghanistan et d'Irak, et en participant à l'intervention militaire en Libye. Aguerri par ses années d'opérations extérieures, le pays nordique a récemment déployé des troupes au Sahel au côté de la France et doit prendre fin 2020 la tête d'une mission de l'Otan en Irak pour 18 mois.

Atout stratégique

Mais la très bonne entente américano-danoise a été troublée en août dernier par l'offre très inattendue de Donald Trump de racheter le Groenland, immense territoire arctique de plus de 2 millions de kilomètres carrés et atout stratégique indéniable du petit Danemark.

La sortie du président américain avait peut-être exprimé un message plus complexe qu'il n'y paraît, selon des experts, alors que Washington, qui possède sa base aérienne la plus septentrionale à Thule aux confins du nord du Groenland, s'était plutôt désintéressé du territoire arctique depuis la fin de la Guerre froide.

Le 10 juin, les Etats-Unis, 67 ans après l'avoir fermé, ont rouvert un consulat à Nuuk, la capitale du Groenland, avec le feu vert de Copenhague. Et en avril, le gouvernement groenlandais a accepté 12,1 millions de dollars d'aides américaines pour des projets civils.

ATS/NXP