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Lettre du jourMieux connaître le nom des rues

TDG

Genève, 24 juin Un grand merci à l’auteur du récent billet «Vive Jean Violette!» qui a le mérite, comme on dit, de remettre l’église au milieu du village; ceux qui veulent donner une autre destination à cette rue savent maintenant qui était cet aimable poète, compagnon de Pauline Carton, la complice cinématographique et théâtrale de Sacha Guitry.

Elle spécifiait par contrat qu’elle ne travaillait pas au mois d’août, cette période étant réservée à Genève et à l’amour avec sa «Violette» préférée. Une prêtresse de l’amour, en quelque sorte, évincée et éclipsée par Grisélidis Real, une aberration que notre prêtresse genevoise aurait la première dénoncée. La rue Jean-Violette, comme certaines autres rues de Genève, étant exagérément longue, peut être partagée, mais elle doit être protégée ici par l’amour de l’amour. Nous prions les dames «d’Elles» de revoir leur histoire genevoise. Bien sûr, Piachaud, qui est visé, a une rue méritée pour l’immense poète qu’il fut, bien qu’il ait eu, à son époque, des opinions bien tranchées qui peuvent heurter notre sensibilité contemporaine […].

On parle d’apposer, au-dessous des noms des rues litigieuses, des plaques explicatives sur les prises de position de chacun, ce serait fastidieux et répulsif visuellement. Une autre suggestion: Jean-Paul Galland, ex-chancelier d’État, a pondu en 1982 un «Dictionnaire des rues de Genève» qui fait autorité, celui-ci pourrait être revisité en fonction du pour et du contre de chaque individu (hommes et femmes). Un travail intéressant: chaque exemplaire pourrait être ensuite donné à chaque nouveau citoyen de naissance ou de naturalisation et à un prix relativement bas, à la population du canton bien entendu, pour parfaire la réflexion de celles et ceux qui n’ont pas ce livre.

Moralité: il faut assumer son passé, le laisser présent pour mieux le critiquer et donner en partage aux femmes la place qu’elles méritent, mais que celles-ci n’émasculent pas nos chers disparus qui valent ce que les pairs de leur époque ont estimé leur devoir en signe de reconnaissance pour ce qu’ils ont fait pour la République.

Denis Gardon