Dix ans aprèsLe guide visuel de la disparition du vol MH370
Une décennie n’aura pas suffi pour retrouver l’épave du Boeing 777 de Malaysia Airlines. Découvrez, en cartes et en images, ce que l’on sait du mystérieux vol MH370.
«Bonne nuit, Malaysian trois sept zéro.» Le 8 mars 2014, à 1 h 20 du matin, le pilote aux commandes du Boeing 777 qui relie Kuala Lumpur à Pékin parle pour la dernière fois aux contrôleurs aériens de la capitale malaisienne. Quelques heures plus tard, les secours s’organisent pour retrouver les 239 passagers et membres d’équipage de la compagnie Malaysia Airlines. Sans succès. Dix ans après, on ne sait toujours pas où se trouve l’épave. Et les circonstances qui ont mené à cette incroyable disparition restent un mystère.
Ce que l’on sait
L’appareil décolle de l’aéroport de Kuala Lumpur à 0 h 42, heure locale. Quarante minutes plus tard, sa signature radar disparaît des écrans de la tour de contrôle. Le transpondeur du Boeing 777 a été coupé. On saura plus tard, grâce à un radar militaire, que le pilote a fait demi-tour au milieu du golfe de Thaïlande. À mi-chemin avec le Vietnam.
L’avion continue à voler plus de six heures après s’être évaporé des radars. Le 9 mars 2014, sept heures et demie après son décollage, un satellite reçoit un dernier signal automatique émis par l’appareil de la Malaysia Airlines.
Le «septième arc»
Le Boeing a continué de communiquer avec un satellite après la coupure du transpondeur. Cette liaison automatique a été analysée afin de déterminer la distance entre l’appareil et le satellite au moment de chaque signal. Il en a résulté une série de sept anneaux qui déterminent la position calculée de l’avion. En tenant compte de sa vitesse et de sa trace radar, les enquêteurs ont pu dessiner des arcs qui correspondent chacun à un emplacement possible à une heure donnée.
Le dernier signal n’était pas prévu. Selon les enquêteurs, il a probablement été émis parce que l’appareil était arrivé au bout de sa réserve de carburant. L’avion aurait heurté l’océan peu après cette dernière transmission. C’est dans cette zone, appelée «septième arc», que vont se focaliser les recherches.
Les traces du crash
Une chose est sûre: le Boeing 777 a bien fini sa course dans l’océan Indien. Un an après sa disparition, en juin 2015, une partie de l’aile droite de l’appareil est retrouvée sur une plage de La Réunion. Depuis, de nombreux autres débris sont régulièrement découverts sur les plages de Madagascar, de l’île Maurice, du Mozambique, d’Afrique du Sud et de Tanzanie.
Selon le dernier rapport du gouvernement australien sur la catastrophe, on peut s’attendre à ce que les restes d’un appareil abîmé en mer flottent pendant quelques semaines. Toutefois, seules quelques images satellites ont pu détecter des débris qui auraient pu appartenir au Boeing 777. La plupart des fragments retrouvés sur les plages ont, quant à eux, été attribués au vol MH370.
De nombreux objets ont été retrouvés lors des campagnes de recherche sous-marines. Morceaux de fuselage, vêtements, emballages alimentaires ou objets personnels: tous sont signalés au Bureau australien de la sécurité des transports (ATSB), chargé de l’enquête.
Les objets suspectés d’appartenir à l’épave du Boeing de la Malaysia Airlines sont analysés dans les laboratoires de l’ATSB, à Canberra. Le morceau d’aile découvert sur l’île de La Réunion a, quant à lui, été analysé en France. Divers indices permettent de relier chacun de ces débris au vol MH370.
Les recherches
Les recherches de l’épave du vol MH370 sont les plus coûteuses de l’histoire de l’aviation. Une large coopération internationale est mise en place dès les premiers jours pour retrouver l’appareil et ses passagers. En date du 10 mars, une dizaine de pays ont affecté 37 avions et 43 navires aux recherches. Le 17 mars, onze pays supplémentaires les rejoignent.
Survols aériens, envoi de navires, utilisation de sonars et de sous-marin, tout a été fait pour tenter de retrouver l’épave dans la zone du septième arc. Bien qu’elles n’aient pas abouti à la localisation de l’appareil, ces opérations ont établi de nouveaux standards dans le domaine de la recherche sous-marine. Elles ont fourni des informations précieuses sur de vastes zones de l’océan Indien précédemment inexplorées.
À l’occasion du dixième anniversaire de la disparition, la compagnie Ocean Infinity, une entreprise spécialisée dans l’exploration sous-marine, qui a participé à la coopération internationale pour retrouver l’appareil, veut relancer les recherches. La Malaisie s’est déclarée prête à reprendre les opérations s’il existe suffisamment d’évidences pointant vers la localisation du Boeing.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.
















