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Meurtre de Philippine à Paris
La France va demander l’extradition du suspect arrêté à Genève

Deux gendarmes de la police genevoise, en greve du port de l'uniforme, patrouillent a la place Cornavin, ce lundi 26 mai 2014 a Geneve. Les gendarmes genevois ne porteront plus l'uniforme lors de leur service et les inspecteurs en civil enfileront des shorts. Les agents de la force publique entendent ainsi protester contre les diminutions de salaires que prevoit le projet de loi sur la reorganisation de la police. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
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La France va faire une demande d’extradition à la Suisse concernant le jeune Marocain arrêté à Genève et suspecté d’avoir tué une étudiante à Paris. Elle veut «se voir remettre l’intéressé le plus rapidement possible», a indiqué mercredi le parquet de Paris.

Un juge d’instruction est chargé depuis mardi de l’enquête ouverte notamment pour homicide et viol concernant la mort à Paris de la jeune étudiante Philippine, a précisé le ministère public. L’information judiciaire porte notamment sur les infractions de meurtre précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime, viol, vol et escroquerie, le tout en état de récidive légale.

Le ressortissant marocain a été arrêté mardi dans le canton de Genève, «en vertu d’une mesure relevant du droit des étrangers et a ensuite été identifié comme suspecté d’un meurtre commis à Paris», a déclaré une porte-parole de l’OFJ, Ingrid Ryser, à Keystone-ATS.

L’office «a alors ordonné la détention aux fins d’extradition sur la base d’une demande d’arrestation émanant de la France». Les autorités hexagonales ont maintenant 18 jours pour déposer une demande formelle d’extradition, a-t-elle ajouté, sans être en mesure de donner des indications sur la durée éventuelle de la procédure.

Un juge d’instruction est chargé depuis mardi de l’enquête ouverte notamment pour homicide et viol, a indiqué le parquet de Paris mercredi.

L’information judiciaire porte notamment sur les infractions de meurtre précédé, accompagné ou suivi d’un autre crime, viol, vol et escroquerie, le tout en état de récidive légale.

Demande d’extradition

Le jeune Marocain arrêté à Genève et suspecté d’avoir tué une étudiante à Paris est en détention aux fins d’extradition. La France a maintenant 18 jours pour déposer une demande formelle, a indiqué l’Office fédéral de la justice (OFJ).

Le ressortissant marocain a été arrêté mardi dans le canton de Genève, «en vertu d’une mesure relevant du droit des étrangers et a ensuite été identifié comme suspecté d’un meurtre commis à Paris», a déclaré une porte-parole de l’OFJ, Ingrid Ryser, à Keystone-ATS.

L’office «a alors ordonné la détention aux fins d’extradition sur la base d’une demande d’arrestation émanant de la France». Les autorités hexagonales ont maintenant 18 jours pour déposer une demande formelle d’extradition, a-t-elle ajouté, sans être en mesure de donner des indications sur la durée éventuelle de la procédure.

Durcir l’arsenal juridique

Le corps de Philippine, une étudiante de 19 ans à l’Université de Paris-Dauphine, a été retrouvé samedi enterré dans le bois de Boulogne, dans l’ouest parisien. C’est sa famille qui avait signalé sa disparition. L’étudiante avait été vue pour la dernière fois vendredi à l’heure du déjeuner, à l’université située tout près du bois.

Le nouveau ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a promis mercredi une évolution de «l’arsenal juridique». Le jeune Marocain avait l’obligation de quitter le territoire. Ce «crime est abominable», écrit le ministre dans un communiqué.

Plusieurs responsables politiques, de droite comme de gauche, avaient mis en cause mardi «la chaîne pénale et administrative», après l’interpellation de ce Marocain condamné par le passé pour viol et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire (OQTF).

«C’est à nous, responsables publics, de refuser la fatalité et de faire évoluer notre arsenal juridique, pour protéger les Français», ajoute le ministre, tenant d’une droite dure, désireux de «rétablir l’ordre». «S’il faut changer les règles, changeons-les», poursuit-il.

Inscrit au fichier des personnes recherchées

Âgé de 22 ans et en situation irrégulière, le suspect avait été condamné en 2021 pour un viol commis en 2019 et avait été «libéré, en fin de peine, au mois de juin 2024», selon le parquet de Paris.

Il n’a pas bénéficié de libération conditionnelle, selon une source judiciaire française, il est sorti à la fin de sa peine, en bénéficiant de réductions automatiques que la loi permettait encore à l’époque de sa condamnation.

Il était sorti de détention le 20 juin et avait été placé en centre de rétention administrative (CRA) à Metz, selon une source proche du dossier.

Le 3 septembre, un juge avait validé sa sortie du centre de rétention. Une mesure assortie d’une obligation de pointer. Le 4 septembre, le Maroc avait fait «parvenir l’autorisation d’expulsion» aux autorités françaises, selon cette même source. Mais le suspect était déjà dehors.

La veille du meurtre, le 19 septembre, il avait été inscrit au fichier des personnes recherchées, parce qu’il ne respectait pas son obligation de pointer, toujours selon cette source.

La famille de Philippine ne souhaite pas transmettre d’éléments à la presse pour «garder le plus de tranquillité possible», a déclaré à l’AFP Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux, en région parisienne, en contact avec les parents.

L’extrême droite au créneau

L’extrême droite est immédiatement montée au créneau, mais aussi des personnalités de gauche. «La vie de Philippine lui a été volée par un migrant marocain sous le coup d’une OQTF», a ainsi réagi sur X le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella. «Il est temps que ce gouvernement agisse: nos compatriotes sont en colère et ne vont pas se payer de mots».

«C’est le problème des OQTF, il faut que ça aille vite», a de son côté souligné l’ancien président socialiste François Hollande qui a mis en cause la «chaîne pénale et administrative».

La députée écologiste Sandrine Rousseau a estimé pour sa part que ce «féminicide» méritait «d’être jugé et puni sévèrement», tout en ajoutant que l’extrême droite allait «tenter d’en profiter pour répandre sa haine raciste et xénophobe».

Le taux d’exécution des mesures d’éloignement (OQTF) de la France est le plus bas de l’Union européenne: autour de 7% contre près de 30% au niveau de l’UE.

«Trop d’OQTF sont prises par les autorités: on observe une multiplication des mesures d’éloignement à l’encontre de personnes dont on sait dès le départ qu’elles ne peuvent pas faire l’objet d’un retour vers un pays d’origine ou de transit», selon Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l’université Lyon III.

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