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Encre bleueMessage à deux vitesses

La rue Jo-Siffert.
La rue Jo-Siffert.
Magali Girardin

Un rien l’intrigue, et c’est ce qui fait son charme! Cheveux blancs chahutés par la bise, œil vif toujours à l’affût, ce promeneur solitaire s’arrête volontiers en chemin pour observer le monde qui l’entoure et réfléchir au sens à donner à tout ça. S’il y en a un…
Ce qui l’inspire? Les murs de la ville, recouverts de graffitis, d’affiches fatiguées de prendre l’eau ou de se faire arracher par les passants irascibles. Les interventions humaines dans le paysage frisant l’absurde. Les situations qui ne tournent pas rond ou la beauté des herbes folles, quand elles s’invitent là où on ne les attend pas.
L’homme photographie parfois ce qu’il voit ou couche ses observations sur le papier, assis à une terrasse de bistrot. Et comme il partage volontiers ses découvertes, je vous en fais part à mon tour, sans oublier d’y glisser sa touche d’humour grinçant.
Ainsi, rapport aux noms de rues qui agitent toujours les esprits, il lui est revenu qu’au Grand-Saconnex, non loin du Salon de l’auto, une rue a été dédiée à Jo Siffert. Le grand ami de Tinguely, Fribourgeois tout comme lui, mais surtout pilote automobile comme on n’en fait plus, qui a disputé 96 Grands Prix, avant de faire la course de trop sur le circuit anglais de Brands Hatch.
Eh bien, non loin de la rue portant le nom de ce champion se trouve une artère offrant un tronçon rectiligne favorable aux excès de vitesse. Pour les surveiller, un radar a été installé. Et plutôt que d’être camouflé, il arbore le portrait du défunt pilote. Étonnant, non?
Est-ce une incitation à une conduite dite «sportive» afin de pouvoir coller un maximum de conducteurs et renflouer les caisses de l’État? Car s’il fallait viser la prévention, là où il est déconseillé d’appuyer sur le champignon, il eût été préférable de représenter un escargot au lieu d’un coureur automobile qui s’est tué à 260 km/h…