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Encre bleueMême plus peur...

Genève le 17.03.2020, Coronavirus oblige, les locataires de la rotonde de Braillard, se sont réunis sur leurs balcons pour chanter une chanson de Louise Attaque et lutter ensemble contre l'ambiance morose. © Georges Cabrera
Genève le 17.03.2020, Coronavirus oblige, les locataires de la rotonde de Braillard, se sont réunis sur leurs balcons pour chanter une chanson de Louise Attaque et lutter ensemble contre l'ambiance morose. © Georges Cabrera

Quand sera donc donné le clap de fin de la claque populaire. Chaque soir, depuis le début du confinement, nous ouvrions grand la fenêtre sur le coup de 21 h pour participer à cette étonnante manifestation de reconnaissance publique. Et nous applaudissions à tout rompre le personnel soignant se dévouant corps et âme pour sauver les malades du Covid-19.


Puis cette extraordinaire démonstration de gratitude s’est étendue à toutes celles et tous ceux œuvrant pour la collectivité et prenant des risques pour assurer le bon fonctionnement de la société.
Il y a eu des concerts, des chorales, des apéros partagés à distance, des banderoles partageuses sur les immeubles, et des initiatives encourageantes pour briser la solitude des personnes les plus vulnérables.
Et puis la vie a repris son cours…


Ces derniers soirs, l’ambiance n’est déjà plus la même aux balcons. Applaudissements plus brefs. Moins nourris. Ça déconfine de partout, mais certaines fenêtres restent fermées et des voisins ne sont plus au rendez-vous de 21 h. À croire que le virus a disparu. Même plus peur…


Pareil dans les rues et les magasins. Les gestes barrières tiennent le temps de s’en souvenir, avant de les oublier dans le feu de l’action. Les règles d’hygiène ont beau être affichées partout, elles font désormais partie du paysage, perdant ainsi leur force de frappe. Notre instinct grégaire a repris le dessus. Besoin d’être entre amis, de sortir profiter des beaux jours. Envie surtout de faire comme si le danger était passé.


On se surprend ainsi à embrasser sa maman comme avant. Avant de se dire «oups, fallait pas»… Mais comment tenir ses distances si longtemps? Comment négocier au mieux un semblant de retour à la normale? Ou à l’anormal? Même plus peur, peut-être. Mais jusqu’à quand?