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GenèveMembres du Comité constitutionnel syrien en quarantaine

Le coronavirus a frappé au cœur du Comité constitutionnel syrien, dont quatre membres sont atteints par le Covid-19. Ils devront rester à l’hôtel.

Le coprésident du Conseil constitutionnel syrien, Hadi al-Bahra.
Le coprésident du Conseil constitutionnel syrien, Hadi al-Bahra.
Photo d’archives/Keystone

Les membres du format réduit Comité constitutionnel syrien sont désormais en quarantaine à Genève en raison de quatre cas de Covid parmi eux. Après la suspension de leur réunion lundi par l’ONU, ils devront rester dans leur hôtel pour une période de 2 à 10 jours.

«Nous continuerons notre travail», en ligne, avec les dirigeants du Conseil national syrien (CNS), organe politique des opposants, a affirmé dans une déclaration dans la nuit de lundi à mardi le coprésident du Comité, Hadi al-Bahra.

Celui-ci, désigné par les adversaires du président Bachar al-Assad, a aussi ajouté qu’il discuterait avec l’émissaire de l’ONU sur la Syrie Geir Pedersen «des options possibles pour poursuivre» la réunion de Genève «dès que possible».

De son côté, son homologue coprésident du Comité, désigné par le gouvernement, Ahmad Kuzbari, ne s’était pas exprimé à son départ du Palais des Nations lundi après-midi. Après une première réunion depuis neuf mois menée dans la matinée, considérée comme positive par plusieurs acteurs, le bureau de Geir Pedersen avait confirmé la suspension des discussions en raison de cas de Covid parmi les délégations.

Pedersen pas en quarantaine

Le Norvégien «a observé toutes les mesures de sécurité recommandées» dans ses discussions avec les participants, a affirmé mardi à la presse sa porte-parole. Les autorités médicales ne lui ont pas demandé de se mettre en quarantaine.

Selon la porte-parole, les personnes infectées ont été isolées et les autres suivent des mesures pour atténuer la menace d’une propagation. De son côté, Hadi al-Bahra a affirmé que les 45 membres du petit groupe réuni lundi étaient désormais en quarantaine.

Ceux-ci, qui sont parmi les 150 représentants du Comité chargé des détails de la future Constitution, sont répartis à parts égales entre soutiens du gouvernement, opposants et représentants de la société civile. Ils avaient été identifiés comme négatifs avant leur arrivée en Suisse et ont été à nouveau testés une fois à Genève.

Ces participants se sont retrouvés lundi dans la même salle avec des masques et une distanciation physique stricte. Il n’était pas prévu que les différents groupes se parlent directement.

Demande de libérer les détenus

Les deux premières rencontres du Comité en fin d’année dernière, qui avaient permis pour la première fois une discussion dans une même salle des soutiens de Bachar al-Assad et des opposants, avaient achoppé sur l’ordre du jour. En mars dernier, un accord avait été trouvé sur cette question, mais le coronavirus avait alors rendu impossible toute réunion physique entre les différentes parties.

Il y a quelques jours, Geir Pedersen avait appelé les 45 personnes arrivées à Genève à entamer des «discussions de fond», souhait également relayé par les États-Unis. Hadi al-Bahra demande de son côté au gouvernement de libérer les détenus et de donner des indications sur les personnes disparues pour améliorer le climat de discussion. Un appel que l’émissaire de l’ONU a aussi lancé à de nombreuses reprises.

En plus de neuf ans de conflit, des millions de personnes ont été déplacées. Des millions restent réfugiées. Les violences ont fait au total près de 390’000 victimes, selon l’ONU.

ATS/NXP