Procès des viols de MazanDominique Pelicot aurait violé une autre femme
Jean-Pierre M. aurait invité le principal accusé à violer sa femme chez lui entre 2015 et 2020. Celle-ci n’a jamais déposé de plainte et a livré ce mercredi un témoignage glaçant à la barre.

Une histoire qui fait froid dans le dos. Jean-Pierre M. habite un petit village du département de la Drôme en France. À plusieurs reprises, il aurait invité Dominique Pélicot, un homme qu’il connaissait à peine, à venir violer sa femme dans son propre lit, la nuit. Le magazine français «Le Point» indique que la victime, Corinne*, aurait subi une douzaine de viols et qu’elle aurait été endormie par son mari avec les mêmes cachets qu’utilisait Dominique Pélicot pour abuser de sa femme Gisèle.
Jean-Pierre M. est le seul homme parmi les accusés à ne s’être jamais rendu au domicile des Pélicot à Mazan. Cependant, il a établi une relation particulière avec Dominique Pélicot. Tous deux discutent sur un site de tchat, coco.fr, aujourd’hui fermé, et s’échangent des photos de leurs femmes, tout en parlant de leurs fantasmes.
«Le Point» rapporte que le principal accusé du procès des viols de Mazan se rend dans la Drôme au domicile de Jean-Pierre M. en «repérage». Là, il y prend en photo Corinne, à son insu. Il explique ensuite à «Rasmus» comment il procède pour droguer et violer sa femme Gisèle.
«Je ne suis pas un violeur»
Jean-Pierre M. aurait refusé de se rendre à Mazan, se persuadant de «ne pas être un violeur». En revanche, il «se laisse convaincre» de livrer sa propre épouse à Dominique Pélicot. Toujours absent du tribunal pour des raisons de santé, ce dernier n’a pas pu être interrogé sur ces faits et le sera probablement à son retour, la semaine prochaine.
Le principal accusé de l’affaire serait retourné au village pour fournir à «Rasmus» des comprimés de Temesta – le même anxiolytique qu’il administrait à sa femme. Jean-Pierrer M. ne donne pas le nombre de comprimés recommandés par Dominique Pélicot craignant des effets secondaires sur sa femme «qui fait 50 kilos». Il lui donne «un demi-cachet au lieu de quatre». Mais cette dose ne parvient pas à endormir profondément Corinne, écrit «Le Point». Dominique Pélicot se méfie et serait passé à l’acte trois fois en une douzaine de visites, sous le regard de Jean-Pierre M.. Ce dernier avoue à l’expert psychiatre: «J’avais peur mais en même temps ça m’excitait. J’avais ce fantasme de voir ma femme coucher avec un autre.»
Une nuit d’été en 2020 marque le tournant de cette sombre histoire. Corinne se réveille et surprend dans sa chambre un inconnu bedonnant. Elle aperçoit aussi une lumière rouge. Elle raconte ce mercredi à la barre: « Je n’ai pas le temps de me lever que le Monsieur est parti par la fenêtre, je cours dehors pour essayer de le rattraper. Mon mari me dit que le type voulait voir mes sous-vêtements. Je n’y crois pas, mais de là à me douter d’un viol. C’est impensable. Je me suis dit: peut-être qu’ils ont pris des photos.»
Incrédule
Un an et demi après cette fameuse nuit de 2020, les enquêteurs tombent sur les photos en question dans le disque dur de Dominique Pélicot. Tout comme Gisèle Pélicot, Corinne apprend tout par les enquêteurs. Elle est incrédule et n’aurait jamais soupçonné de tels faits. Jean-Pierre M. et Corinne sont mariés depuis 1997 et ont cinq enfants: «Cela a toujours été quelqu’un de très bien, un papa très protecteur, raconte Corinne au bord des larmes, tandis que Jean-Pierre M. garde la tête baissée dans le box. Pendant toutes ces années, tout était normal, on ne se disputait jamais. Mon mari a toujours travaillé dur, fait des heures supplémentaires. Il ne m’a jamais demandé de choses absurdes dans nos relations intimes. Quand je disais non, c’était non. Mon mari est pudique. Quand il se douchait, il fermait à clé.»
Corinne n’a jamais porté plainte contre son mari. «Le Point» indique qu’elle ne s’est pas non plus constituée partie civile et n’a engagé aucune procédure de divorce contre l’homme qui l’a droguée et livrée à des viols répétés. Elle se justifie par le fait de vouloir «protéger ses enfants» et la volonté de «passer à autre chose». Très émue, elle raconte: «C’était tellement un homme merveilleux. Tout ce qu’on a vécu, je ne peux pas l’oublier. J’ai de l’affection pour lui, il a toujours été un adorable père. Je souhaite qu’il puisse ressortir, voir ses enfants. Je reste aussi Mme M. pour des questions de finance: je ne travaille pas et j’ai encore les enfants à l’école. J’ai de la peine et de la pitié, mais plus d’amour.»
Une posture contestée
À la barre ce mercredi, Corinne ne parvenant pas à expliquer ces actes, estime que son mari, «Rasmus» n’aurait jamais commis de telles atrocités s’il n’avait pas croisé la route de Dominique Pélicot. Mais cette posture serait contestée par l’expert psychiatre qui estime que «cela lui permet de se mettre à distance d’une forme de culpabilité» et qui voit Jean-Pierre M. bien plus «proactif» qu’il ne se décrit.
Le passé de «Rasmus» est parsemé de zones d’ombre. Le Point rapporte qu’au début de l’enquête, il a évoqué une enfance merveilleuse alors que ses frères et soeurs ont révélé que leur père les avait battus et avait violé ses filles, à tel point que les enfants se cachaient dans des clapiers à lapins dans la ferme où ils ont grandi.
*Nom d’emprunt
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