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Lettre du jour Massacre à la tronçonneuse

Grand-Saconnex, 8 octobre

7 octobre 2020. 1h00 du matin. Un petit coin sans histoire au nom si doux et forestier, Riant-Bosquet, en bordure d’autoroute et face à l’aéroport.

Tout le monde dort.

Soudain, le voisinage est réveillé en sursaut par un vacarme de fin du monde. Que se passe-t-il? Le bruit s’amplifie et s’éternise. Que faire? Qui avertir? Au désespoir, les habitants attendent le lendemain pour contacter la Mairie de Meyrin et apprennent que les SIG font des travaux le long de l’autoroute, de nuit (entre 21h30 et 4h30 du matin). Ils abattent les arbres et les buissons à la tronçonneuse pour faire passer le réseau hydrothermique GéniLac et enfouir la ligne à très haute tension.

Comment est-ce possible que les SIG, devant l’ampleur des nuisances, n’aient pas prévenu et informé à l’avance les riverains?

Au matin, image de désolation. La petite route arborée qui jouxtait l’autoroute est mise à nu.

Plus un arbre pour protéger du bruit des voitures. Plus un arbuste, plus un buisson pour séparer l’autoroute et les premières habitations. Les questions se bousculent.

Combien de temps les riverains devront-ils vivre au contact direct du trafic? A-t-on prévu de replanter des arbres? Si oui, a-t-on mesuré le temps qu’il faudra pour que la protection végétale reprenne sa densité première et serve à nouveau efficacement de protection? A-t-on pris la mesure des nuisances autoroutières, prévu un rempart adapté durant les travaux et une vraie barrière acoustique après? Va-t-on enfin respecter l’Ordonnance sur la protection contre le bruit?

S’agit-il d’un chantier préparatoire qui annonce de plus grands bouleversements? Quelles incidences auront ces travaux sur les riverains? Prévoit-on des dédommagements pour les torts causés? Autant de réponses que les autorités auraient dû fournir aux habitants.

Tout cela est à l’image de ce qui s’entreprend aujourd’hui à Genève. On détruit d’abord, sans tenir compte de la nature, sans associer la plupart du temps les habitants aux projets, sans penser aux conséquences que certains travaux auront sur l’avenir, sans inclure ces actions dans une réflexion plus large, en définitive sans aucun égard pour les citoyens qui y vivent.

Patrick Canellini, président Association A3S

3 commentaires
    CHARLES PITTET

    Vous devriez tous reconstruir une pensée imaginaire du dehors de vos lieux de vie des arbres comme des peupliers, vous connaissez l'arbre , le peuplier. Tous ces gens de ces lieux de vie sur un balcon, peut-être auront-ils la chance de ne point voir devant eux une grande , haute barrière anti- bruit qui va vous gâchez une vue sur une histoire que vous pourriez raconté sur un évènement malheureux ou heureux. Le lièvre réussit à traverser l'autoroute, une audace. La biche traversa rapidement la route, le temps de regarder le conducteur de la voiture, en plein dedans, une aubaine elle a pu se relever idem. CharlesPittet