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ÉcoleLes élèves du post-obligatoire feront leur rentrée masqués

Les cantons romands se sont mis d’accord sur les modalités de la rentrée. Les élèves plus âgés devront porter le masque en classe, si la distance de 1,5 mètre n’est pas respectée.

Des élèves portant un masque se désinfectent les mains à l’entrée du bâtiment du Gymnase de Chamblandes le jour du retour des élèves lors de la pandémie de Coronavirus (Covid-19) en juin 2020 à Pully.
Des élèves portant un masque se désinfectent les mains à l’entrée du bâtiment du Gymnase de Chamblandes le jour du retour des élèves lors de la pandémie de Coronavirus (Covid-19) en juin 2020 à Pully.
KEYSTONE

Sur le chemin des écoles post-obligatoire, ce sera désormais cartables et masques. Après plusieurs semaines de discussions, les cantons romands ont défini les modalités de la rentrée. Les étudiants, les professeurs et les autres adultes fréquentant les établissements de l’enseignement post-obligatoire devront porter un masque «lorsque la distance de 1,5 mètre ne peut être respectée», écrit la conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP)

Dans les faits, cela signifie que le professeur qui reste derrière son bureau, à quelques mètres de distance de sa classe, n’a pas besoin de porter son masque. S’il se déplace entre les rangs par contre, il sera tenu de se couvrir le nez et la bouche.

Le principe est le même pour les élèves: une exception peut être faite pour les petites classes ou lorsque les salles de classe sont assez grandes pour permettre des pupitres uniques. Mais dans le cas contraire, les leçons se suivront masqués.

Pas de masques pour les petits

Avant quinze ans, à l’école obligatoire, les élèves seront soumis à la désormais routine des gestes d’hygiène – désinfections régulières, distanciation sociale, etc. – mais le masque ne fera toujours pas partie de leur univers.

Pour les profs en revanche, le masque sera obligatoire «si la distance de 1,5 mètre avec les élèves ou entre adultes ne peut être respectée, comme dans les espaces administratifs ou réservés au personnel enseignant.»

Retour aux classes entières

«Le port du masque n’est pas la mesure la plus lourde, estime le président de la CIIP Jean-Pierre Siggen. Elle permet de revenir aux classes entières, ce qui rend plus facile la réalisation des objectifs pédagogiques.»

C’est effectivement l’une des grandes nouvelles. L’école à la maison, c’est fini. Pour l’heure du moins. «C’est l’un des points clés des décisions qui ont été prises, confirme Jean-Pierre Siggen. On revient à l’école dans une configuration «normale», sans demi-classes ni enseignement à distance.»

Un retour en arrière n’est cependant pas exclu. «Tout dépend ensuite de l’évolution du virus dans notre pays, répond Jean-Pierre Siggen. Si l’on imagine les scénarios catastrophe, à savoir si le virus mute ou se propage à nouveau fortement, nous devrons à nouveau nous adapter et, s’il le faut, revenir à l’enseignement à distance peut-être dans une commune ou dans une région.»

Le port du masque n’est pas la mesure la plus lourde. Elle permet de revenir aux classes entières, ce qui rend plus facile la réalisation des objectifs pédagogiques.»

Jean-Pierre Siggen, président de la CIIP

Disparités cantonales

La CIIP donne le cadre. Mentalité fédéraliste oblige, les cantons ont chacun apporté des nuances. À Genève, les profs de l’enseignement obligatoire ne sont pas tenus de porter le masque. «Ils le peuvent s’ils le souhaitent, explique Guylaine Antille, secrétariat général Département de l’instruction publique genevois. Mais nous privilégions la distanciation sociale.»

En Valais, ce sont les professeurs du post-obligatoire qui sont dispensés du masque en classe – à moins qu’ils ne doivent se rapprocher des élèves. Ces derniers devront en revanche le porter sans conditions. Chez les Valaisans, la nuance de la distance de «1,5 mètre» disparaît. «Cela répond à la volonté de l’enseignement en classe complète. Et l’on ne peut pousser les murs», explique-t-on au Département de l’économie et de la formation valaisan.

Coût à la charge des élèves

L’État ne payera pas pour les masques des élèves, mais les cantons font un geste pour les premiers jours de cours. Le Valais offrira des masques lors de la première semaine, Vaud et Genève les deux premières.

Chaque canton gère également les réfractaires à sa manière. À Genève, le DIP précise que les sanctions sont du ressort des établissements scolaires. Dans le canton de Vaud, ceux qui refusent de porter le masque se verront raccompagner à la porte de l’établissement.

En Valais, on compte, dans un premier temps, sur le dialogue. «Nous sommes confiants et comptons sur la responsabilité individuelle, explique Jean-Philippe Lonfat, chef du Service de l’enseignement à l’État du Valais. Il faudra faire comprendre aux réfractaires qu’ils risquent de provoquer la fermeture d’un collège entier. Si cela ne suffit pas, on sanctionnera.»

Ces mesures peuvent être modifiées en fonction des futures décisions du Conseil fédéral du 12 août prochain.