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Lettre du jour«Mars contre-attaque» fait réagir

ENRICO GASTALDELLO

Genève, 29 mars 

Les dernières décisions du DIP imposées au personnel enseignant ressemblent davantage à des «coups de comm» qu’à des coups de pouce.

Pour rappel, face aux difficultés rencontrées avec la pandémie, les normes de passage en juin de l’année passée ont été revues à la baisse avec comme conséquence très peu de redoublements donc des classes actuelles avec davantage d’élèves en grande difficulté. En début d’année scolaire, quatre semaines ont été consacrées à de la révision.

Actuellement, le virus jouant les prolongations, les perturbations continuent. Mais le corps enseignant, comme d’autres personnels de l’État, a fait en sorte que les conséquences de cette situation soient les plus minimes possible sans moyens supplémentaires. Enseignants et élèves ont déployé une énergie considérable pour maintenir le niveau.

Il aurait fallu mettre en place des dispositifs, en partenariat avec le corps enseignant, comme prévoir des appuis importants durant l’année.

Et voilà que «Mars contre-attaque»! Ce programme culturel et ludique proposé aux élèves par le DIP aurait pu être une bonne idée s’il n’avait pas été annoncé à la dernière minute – le 3 mars pour le 15 – et élaboré sans aucune concertation avec le corps enseignant. Les décideurs en haut lieu ne savent-ils pas que l’enseignement se planifie et que le temps est compté, surtout cette année?

Enfin, les directeurs, toujours sans concertation avec les premiers concernés, prennent la décision ce 23 mars d’alléger le champ des épreuves de fin d’année, examens de maturité compris, qui ont lieu dans deux mois et demi: il faut réduire la quantité de matière mais en maintenant le niveau d’exigence – faire la même chose avec moins en quelque sorte! Quel beau discours managérial!

Les difficultés sont réelles, mais que penser des solutions de facilité qui ont été prises et qui discréditent le sérieux de la formation?

Il aurait fallu mettre en place des dispositifs, en partenariat avec le corps enseignant, comme prévoir des appuis importants durant l’année. Ah, mais cela coûte! Et, depuis de nombreuses années, le budget alloué par élève a diminué, résultat d’une politique du «moins d’État» suivie par la majorité de droite du Grand Conseil qui en particulier n’augmente pas les moyens du DIP en fonction de l’augmentation du nombre d’élèves.

Perrine Magnenat Wyss et Kevin Udrisard, secrétaires de l’ECHA membre de l’UNION

4 commentaires
    Tepiney

    Et que dire de la chanson de rap « foufoune dans ta bouche », vulgaire et violente proposée dans le programme mars contre attack par le DIP. A l’heure où le DIP cherche à fliquer les profs en dehors de leur lieu de travail pour ne pas ternir l’honneur et l’image de la profession ,

    Il est surprenant qu’une telle chanson ait pu être proposée à la diffusion à des adolescents entre 12 et 15 ans...