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FestivalMalgré les circonstances, le Théâtre du Grütli réitère «GO GO GO»

La direction bicéphale des lieux a repensé le marathon annuel lancé en 2020. Guidage virtuel, itinérance urbaine ou divination en appartement, on est partant pour cette édition spéciale!

Des groupes de quatre spectateurs arpenteront physiquement l’espace public au gré du «Kit de survie en milieu masculiniste» de Marion Thomas.
Des groupes de quatre spectateurs arpenteront physiquement l’espace public au gré du «Kit de survie en milieu masculiniste» de Marion Thomas.
M. THOMAS

Voici pile-poil un an, en janvier 2020, la décennie théâtrale s’inaugurait en trombe avec le premier cru du festival «GO GO GO», dont les propositions «boulimiques» mettaient le Grütli sens dessus dessous pendant trois jours. La pandémie qui a depuis condamné les artistes comme les publics à la plus drastique anorexie oblige Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez à adapter leur deuxième édition. Si rien ne fait obstacle à la gratuité de l’événement, on ne conçoit plus vraiment les foules obéir à l’injonction d’investir en masse un bâtiment «en présentiel».

En même temps, les codirectrices ont prouvé depuis le semi-confinement de mars qu’elles restent «réfractaires au streaming et aux propositions en ligne» pour contourner la fermeture des salles. Elles ont donc concocté une version alternative avec l’aide de Simon Senn, vidéaste plébiscité pour son doigté virtuel dans un «Be Arielle F.» présenté lors de la première mouture, et repris cette fin de semaine en live streaming. Laquelle nouvelle formule conjuguera de jeudi à samedi balade sonore en ville («Kit de survie en milieu masculiniste» de Marion Thomas), performance en plein air («Palimpsest» chorégraphique de Nicole Seiler à télécharger sur une application), installation en librairie (le «Lexicon» de Trickster-p) et, entre autres, séance de cartomancie en salon («Oracles» interprétatifs mis au point par le collectif 3615 Dakota) avec l’incontournable recours aux plateformes numériques pour des représentations accessibles en temps réel. La diversité des médiums a en quelque sorte supplanté le pullulement in situ. Tiens, «In situ (n’existais pas)» est d’ailleurs le titre d’un projet de visioconférence avec le public signé Jacqueline Ricciardi, sur le thème du «chez soi».

Par voie digitale, on ne se cantonnera donc pas aux banales captations pour fréquenter «GO GO GO». Deux «envoyées spéciales» sur le front des opérations, Davide-Christelle Sanvee et Anne-Claire Adet, guideront en direct le spectateur connecté d’un recoin à l’autre du Grütli, lui donnant, à l’heure dite, le choix d’assister, ici à une table ronde, là à une rencontre avec un artiste (Marie van Berchem, Lucile Choquet, Tidiani N’Diaye…), ailleurs à un concert au bar, à une répétition en cours ou à une leçon d’anglais. Chaque fois qu’il voudra s’attarder quelque part, par exemple devant le jeu de rôle à distance imaginé par Joël Hefti et Antoine Zivelonghi, «Autoshow», ledit spectateur immatériel pourra le faire. L’art vivant à bout de manette, quoi.

Il faudra ainsi compter sur l’expertise technique de l’équipe emmenée par Simon Senn. Mais convenons qu’un bug rencontré en goguette vaudra toujours mieux qu’un virus mutant s’immisçant dans son organisme. Et en cas de problème lié à l’informatique, une hotline a été prévue dès mercredi au 022 888 44 86.

«GO GO GO» Théâtre du Grütli, du 14 au 16 janvier, www.grutli.ch