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Classique déconfinéL’OSR se remet en jeu avec des concerts gratuits

Dès le mois de juin, l’orchestre pourrait retrouver la scène du Victoria Hall pour une série de rendez-vous qui célèbrent le déconfinement musical.

 L’Orchestre de la Suisse romande en répétition dans son havre naturel, le Victoria Hall.
L’Orchestre de la Suisse romande en répétition dans son havre naturel, le Victoria Hall.
KEYSTONE

Il n’a fallu que quelques mots prononcés dans l’après-midi de mercredi à Berne par Simonetta Sommaruga et Alain Berset pour que tout un monde se remodèle dans une quasi-immédiateté à Genève. Avec les annonces d’assouplissement des mesures sanitaires liées au Covid-19, l’Orchestre de la Suisse romande s’est mis rapidement en ordre de marche. Dans la foulée, la direction de la maison a sorti des tiroirs un plan d’action étudié dans le détail et compilé depuis plusieurs semaines déjà pour passer enfin aux choses sérieuses et concrètes. À savoir des prestations scéniques d’un genre nouveau, qui, à défaut de renouer avec ce que les mélomanes ont connu avant la pandémie, offrent autant d’occasions de retrouver des artistes sur scène. Sur une vraie scène, sans écrans interposés. De quoi est faite cette nouvelle ère musicale? Regardons de près.

Mozart pour redémarrer

Il s’agit de six concerts qui pourraient se déployer durant le mois de juin au Victoria Hall et qui seront offerts au public, libres et gratuits. Mais attention, aujourd’hui plus que jamais soumis à la limite des places disponibles. Cette barrière se situe désormais à 300 personnes, musiciens et personnel d’accompagnement inclus. Ce qui, concrètement, réduit la jauge de la salle à 250 spectateurs environ. Le premier rendez-vous pourrait se concrétiser dès le 6 juin, jour décrété par le Conseil fédéral comme étant le premier fixé pour l’ouverture aux manifestations culturelles de ce genre.

Quant au programme artistique, qui est placé sous la direction de Jonathan Nott, il fait un clin d’œil prolongé à Mozart. Deux pièces notables de son vaste répertoire sont au menu: le «Concerto pour piano et orchestre N° 23» en compagnie du soliste Nelson Goerner. Mais aussi la «Symphonie N° 41», dite «Jupiter». Ce canevas agile – une heure de musique environ, sans entracte – se répéterait à trois reprises, les 8, 16 et 18 juin. S’ajouteraient à celles-ci trois dates encore: le 23 et 25 juin, pour des programmes à déterminer, et le 27 juin pour deux concerts destinés aux familles. Le conditionnel demeure cependant de mise. La Ville de Genève, propriétaire du Victoria Hall, dit avoir «pris connaissance des nouvelles mesures annoncées par le Conseil fédéral». Elle œuvre désormais «à l’élaboration des plans sanitaires qui permettront la réouverture de ses salles dans les meilleurs délais».

«Nous avons ressenti le besoin de renouer les liens rompus par la pandémie»

Steve Roger, directeur général de l’OSR

«Notre saison s’est achevée officiellement le 11 mars dernier, note le directeur général de l’OSR Steve Roger. Aujourd’hui, avec la levée de certaines interdictions, et alors que l’orchestre est soutenu par les collectivités publiques, nous avons ressenti le besoin de renouer les liens rompus par la pandémie, en portant la musique auprès de tout le monde. Nous proposons ainsi une sorte d’intersaison pour dire que nous sommes toujours là, présents et actifs.» Pour espérer faire partie des 300 élus, les mélomanes et les curieux devront s’inscrire sur le site de l’orchestre (www.osr.ch); les premiers arrivés seront les premiers servis. Et tous seront placés à distance adéquate sur les sièges du parterre et des balcons. «Ce dispositif nous prive d’une recette de billetterie, ajoute Steve Roger, mais c’est un moyen de remercier ceux qui nous ont soutenus et une mécène nous accorde une contribution à hauteur de la billetterie qu’auraient générée ces concerts.»

Barrière en plexiglas

La liberté retrouvée de l’OSR n’est pas intégrale pour autant, loin s’en faut. D’autres contraintes sanitaires réduisent le rayon d’action de la formation. Ainsi, chaque musicien disposera de quatre mètres carrés autour de lui, ce qui restreint le nombre de pupitres sur scène. Des protections en plexiglas devraient séparer par ailleurs les vents – la section des bois en particulier – des archets, tandis qu’aucune séance échauffement d’avant-concert ni aucun vestiaire pour se mettre en tenue ne sont prévus dans les loges. Tout le monde jouera en civil. Et l’habit ne fera donc pas le moine.