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MusiqueL’Opéra de Lausanne rouvre après six mois de fermeture

Les mélomanes pourront assister à de nouvelles représentations dès le 23 septembre. Mais ils devront être masqués et il n’y aura pas d’entracte.

La salle accueillera jusqu’à 600 personnes, soit 60% de sa capacité.
La salle accueillera jusqu’à 600 personnes, soit 60% de sa capacité.
KEYSTONE

L’Opéra de Lausanne rouvre ses portes le 23 septembre après six mois de fermeture. Il redémarre en douceur, proposant onze représentations d’ici la mi-octobre. Le tout selon un protocole sanitaire strict.

«On commence piano piano», résume jeudi le directeur Eric Vigié. La salle accueillera jusqu’à 600 personnes, soit 60% de sa capacité. «On préfère être prudents et observer comment la situation évolue. C’est un bon début. Il faut aussi voir si le public vient. On a prévu des modules de pas plus d’01h30», ajoute le directeur.

La première grosse production de la saison, «Eugène Onéguine» de Tchaïkovski, avec 40 choristes et 55 musiciens, a été annulée. A la place, l’Opéra fait une série de propositions plus réduites.

Le 23 septembre, Marina Viotti interprétera un florilège de chansons jazz et d’airs d’opéra. Le lendemain, la pianiste Maria João Pires jouera avec l’OSR. Avant un récital «russe» le 27 septembre avec deux artistes lyriques qui auraient dû chanter dans Eugène Onéguine. Enfin, la troupe Béjart Ballet dansera du 2 au 11 octobre.

Masques et caméra thermique

L’Opéra a élaboré un plan sanitaire. Les masques seront obligatoires dès l’entrée dans le théâtre et il n’y aura pas d’entracte. Les portes seront ouvertes et bloquées. Le public sera invité à conserver son manteau pour éviter les files d’attente aux vestiaires.

La traçabilité est assurée, puisque l’institution recueille depuis des années déjà les numéros de téléphone ou de messagerie de ses spectateurs, en cas d’annulation d’un spectacle. Comme dans les aéroports, une caméra thermique sera installée dans l’entrée.

Depuis des années, un médecin de garde est présent au premier rang, avec un défibrillateur. «Il verra discrètement sur son écran si une personne présente de la fièvre», explique M. Vigié. Il pourra alors intervenir. «C’est une sécurité supplémentaire. On met tous les atouts de notre côté pour que le public se sente rassuré».

Période d’expérimentation

«La situation est évolutive. On est dans une période d’expérimentation, de mise au point. On a mis les spectacles à la vente récemment. Cela commence tranquillement. Je pense qu’on devrait remplir petit à petit. C’est un premier pas», dit-il.

Le deuxième pas devrait être la reprise de la saison 2020/2021, début novembre, avec une création pour enfants tirée du «Petit Chaperon rouge». Puis l’opérette «L’Auberge du cheval blanc» de Ralph Benatzky, en fin d’année. «On verra si on peut accueillir un peu plus de public, 700-800 personnes», confie M. Vigié.

Les répétitions devraient démarrer vers le 20 novembre, avec force tests de dépistage à la clé. Un chanteur contaminé pourrait entraîner la mise en quarantaine de la troupe, et de fait l’annulation du spectacle. Avec des pertes à la clé, car «il n’y a pas d’assurance possible», ajoute le directeur.

La prochaine grosse production de la saison est «Norma» de Vincente Bellini, prévue en juin 2021. «On verra ce qui se passe d’ici là», conclut Eric Vigié.

ATS/NXP