Passer au contenu principal

GenèveL’ONU va se pencher en urgence sur le Bélarus

Une discussion liée aux violations des droits de l’homme observées au Bélarus a été approuvée ce lundi par le Conseil des droits de l’homme. Le débat, qui a été demandé par l’Union européenne, se tiendra vendredi au Palais des Nations.

Le Conseil des droits de l'homme devra se prononcer sur la situation au Bélarus.
Le Conseil des droits de l'homme devra se prononcer sur la situation au Bélarus.
KEYSTONE

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU va se pencher vendredi en urgence sur la situation au Bélarus. Au début de 3 semaines de travaux de l’instance à Genève, la Haute commissaire Michelle Bachelet a demandé lundi des investigations sur les accusations de torture.

Un débat urgent avait été demandé par l’UE, qui dénonce une récente présidentielle qui n’a pas été «libre, ni équitable», et souhaité aussi par seize ONG locales et internationales. Il a été approuvé par 25 États membres de l’instance onusienne, contre 20 abstentions et 2 oppositions.

Cette «manipulation du Conseil» est «inacceptable» et constitue «un dangereux précédent» d’interférence dans les élections d’un pays, a dit de son côté le représentant du Bélarus auprès de l’ONU à Genève. Selon des sources convergentes, la discussion de vendredi matin devrait donner lieu à une résolution qui demandera un suivi de la situation. Mais celui-ci ne sera a priori pas mené par une commission d’enquête internationale.

Scrutin contesté

Le président Alexander Loukachenko a été reconduit il y a un peu plus d’un mois au terme d’un scrutin contesté. Depuis, des dizaines de milliers de personnes manifestent régulièrement contre le chef de l’État et des milliers d’arrestations ont été lancées par les forces de sécurité.

Selon des témoignages de victimes, au moins 450 personnes auraient fait face à de la torture. Ces actes ont été ciblés par plusieurs experts onusiens indépendants, dont le rapporteur spécial contre la torture, le Zurichois Nils Melzer.

Lundi devant le Conseil, comme le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avant elle, la Haute commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet a demandé des investigations sur ces allégations de torture. Elle a visé la poursuite de «recours excessifs et injustifiés à la force» par les autorités.

De nombreuses arrestations semblent arbitraires, des cas de violence sexuelle ont été relatés et les travailleurs des médias sont harcelés, a-t-elle affirmé. Le gouvernement ne semble pas avoir pris la moindre mesure face à cette attitude, déplore-t-elle encore.

Inquiétude concernant Hong Kong

Alors que des centaines d’ONG ont demandé la semaine dernière à l’ONU des mesures contre la Chine, Michelle Bachelet a réitéré son inquiétude concernant la nouvelle loi sécuritaire à Hong Kong. Plusieurs dizaines de personnes ont été déjà été poursuivies sous cette législation controversée. La Haute commissaire demande aux autorités de la réformer sur toutes les composantes négatives pour les droits humains.

Elle a aussi ciblé une augmentation des actes contre plusieurs communautés dans les États de Rakhine et de Chin en Birmanie, dont certains pourraient équivaloir à des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Elle a aussi demandé une investigation indépendante sur des zones entières brûlées dans le nord de Rakhine. La Suisse a, elle, appelé les autorités à faciliter l’accès de la minorité des Rohingyas aux élections de novembre.

Michelle Bachelet a aussi dénoncé l’implication grandissante de militaires dans les affaires politiques au Brésil, où le président Jair Bolsonaro a nommé un certain nombre de leurs représentants dans son gouvernement. En revanche, elle a relevé que son bureau pourrait envoyer trois fois plus de représentants au Venezuela après un accord récent avec le gouvernement de ce pays.

Demande lancée à l’UE sur les migrants

Autre préoccupation, comme d’autres responsables de l’ONU avant elle, la Chilienne appelle l’UE et ses membres à montrer davantage de solidarité après l’incendie d’un camp de migrants en Grèce la semaine dernière. Elle a demandé un suivi indépendant des refoulements et des expulsions collectives, des actes «illégaux». De même, elle souhaite une investigation indépendante sur l’explosion il y a un mois dans le port de Beyrouth.

La Haute commissaire souhaite également la libération de tous les détenus arrêtés dans le contexte du coup d’État militaire récent au Mali. Elle doit s’exprimer pendant cette 45e session sur le suivi de la résolution votée en juillet sur le racisme systémique dans le contexte du décès de l’Afro-Américain George Floyd. Après celui d’un autre Afro-Américain à Kenosha, elle a appelé dès lundi les collectivités aux États-Unis à appliquer leurs promesses d’améliorer la situation.

Alors que la Commission d’enquête internationale sur le Burundi doit présenter cette semaine son nouveau rapport, la Haute commissaire a relevé des améliorations dans les poursuites contre certains membres du parti au pouvoir pour des crimes présumés. Mais les arrestations et détentions arbitraires, de même que les destructions de maisons d’opposants, se sont poursuivies depuis la présidentielle de mai, a-t-elle déploré.

ATS/NXP