Genève internationaleL’OMS se défend après l’annonce du retrait des États-Unis
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a répliqué ce lundi aux critiques de Donald Trump.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a balayé ce lundi les critiques de Donald Trump après l’annonce du retrait américain de l’organisation, conseillant à Washington de faire plutôt des «suggestions» de réforme.
«Il y a deux semaines, le président Donald Trump a signé un décret annonçant son intention de retirer les États-Unis de l’OMS. Nous regrettons cette décision et nous espérons que les États-Unis vont reconsidérer» cette décision, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’ouverture d’une réunion du Conseil exécutif de l’OMS à Genève. Il a plaidé en faveur d’un «dialogue constructif pour préserver et renforcer les relations historiques entre l’OMS et les États-Unis qui ont contribué à des impacts significatifs – et la liste est longue – tels que l’éradication de la variole».
«Mauvaise gestion»
Les États-Unis avaient déjà entamé les démarches pour quitter l’OMS lors du premier mandat de Donald Trump en 2020. Son successeur, Joe Biden, avait toutefois annulé ce retrait avant qu’il ne rentre en vigueur, l’ONU prévoyant un délai d’un an entre l’annonce et le retrait effectif.
Donald Trump justifie sa décision par l’écart entre les contributions financières américaines et chinoises et accuse l’OMS d’«arnaquer» les États-Unis, principal donateur de l’organisation.
Le décret rappelle aussi que les États-Unis avaient décidé de se retirer en 2020 en raison de la «mauvaise gestion» par l’OMS de la pandémie de Covid-19 et d’autres crises mondiales, «de son incapacité à adopter d’urgence les réformes nécessaires et de son incapacité à faire preuve d’indépendance vis-à-vis de l’influence politique inappropriée d’États membres».
Des réformes en profondeur
Tedros Adhanom Ghebreyesus a balayé ces accusations, faisant valoir qu’«au cours des sept dernières années, [...] l’OMS a mis en œuvre les réformes les plus profondes et les plus vastes de son histoire». «La transformation de l’OMS a touché tous les aspects de notre travail: notre stratégie, notre modèle opérationnel, nos procédés, nos partenariats, notre financement, notre personnel et notre culture», a-t-il dit.
«Nous croyons en l’amélioration continue et nous serions heureux de recevoir des suggestions des États-Unis, et de tous les États membres, sur la manière dont nous pouvons mieux vous servir, vous et les peuples du monde. Aussi, bien que nous fassions de nombreuses réformes, les suggestions supplémentaires sont les bienvenues», a affirmé le chef de l’OMS.
Il a réfuté les accusations d’influence, assurant que «l’OMS est impartiale». «Nos États membres nous demandent beaucoup de choses et nous essayons toujours de les aider autant que possible. Mais lorsque ce qu’ils demandent n’est pas étayé par des preuves scientifiques ou est contraire à notre mission de soutien à la santé mondiale, nous disons non, poliment», a-t-il ajouté.
AFP
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