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PandémieL’OMS redoute une explosion du Covid en Syrie

L’Organisation mondiale de la santé annonce que la pandémie sera de plus en plus difficile à contrôler en Syrie du fait que le matériel de protection individuelle est «insuffisant».

Des passagers, bloqués suite à la fermeture de la frontière en raison de la pandémie de COVID-19, ont débarqué d’un autobus à leur arrivée du Kurdistan irakien vers le côté syrien du poste frontalier de Semalka, dans le nord-est de la Syrie. (30 mai 2020)
Des passagers, bloqués suite à la fermeture de la frontière en raison de la pandémie de COVID-19, ont débarqué d’un autobus à leur arrivée du Kurdistan irakien vers le côté syrien du poste frontalier de Semalka, dans le nord-est de la Syrie. (30 mai 2020)
AFP

Environ 250 cas de coronavirus et une dizaine de décès seulement ont été officiellement observés en Syrie. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit vendredi redouter une prochaine explosion de la pandémie dans ce pays. Le matériel de protection individuelle est «insuffisant» et devrait manquer dans les prochains jours.

«Il est encore possible de maintenir le contrôle» sur la pandémie «mais ce sera de plus en plus difficile», a dit à la presse à Genève depuis la Syrie la représentante de l’institution dans ce pays, Akjemal Magtymova. Elle admet qu’il «pourrait y avoir davantage de cas que ceux mentionnnés» par les autorités, comme dans tous les pays.

Le nombre peu élevé de mouvements vers la Syrie en raison du conflit depuis neuf ans explique cette situation. Mais aussi le manque de capacités de tests. Pour le moment, il est clair que «le système de santé n’est pas submergé» par les cas, a toutefois expliqué le directeur régional de l’OMS Richard Brennan. Même si moins de la moitié des centres de santé fonctionnent en raison du conflit.

Mme Magtymova alerte sur la situation du matériel de protection individuelle. Certains membres du personnel de santé ne peuvent déjà en utiliser. L’OMS a distribué depuis plusieurs mois un nombre important de ces composantes mais «c’est insuffisant», dit la représentante de l’organisation en Syrie. Selon elle, celles-ci devraient largement manquer «dans les prochains jours ou prochaines semaines».

Peu de cas ont été observés dans les camps de déplacés. Dans le Nord-Est, contrôlé par les Kurdes, seul cinq ont été identifiés et aucun dans le site d’al-Hol où se trouvent des dizaines de milliers de personnes, dont des proches de djihadiste. La représentante de l’OMS en Syrie doit se rendre samedi dans la zone. Si des milliers de personnes avaient été infectées à al-Hol, «nous le saurions», fait remarquer M. Brennan.

Autre problème, la combinaison des effets du conflit et du Covid pourrait elle étendre la crise économique dans le pays. Selon l’ONU, le nombre de personnes en insécurité alimentaire est passé de 7,9 à 9,3 millions en six mois. Une conférence des donateurs aura lieu la semaine prochaine. Et au total, des millions de personnes restent réfugiées et déplacées. En neuf ans de conflit, les violences ont fait près de 390’000 victimes, selon l’ONU.

ATS/NXP