Coup de cœur littéraireMyriam Chirousse, un secret trop bien gardé
L’écrivaine française publie son 5e roman, le sublime «L’homme au perroquet vert». Une plume à découvrir absolument.

Myriam Chirousse est un secret trop bien gardé et son nouveau roman, «L’homme au perroquet vert», une pépite qui vous tend les bras! André a 18 ans. Dans une campagne profonde de France, au sortir de la Grande Guerre, il enterre sa mère, désormais orphelin et sans le sou. Lui qui rêve d’Amazonie trouve asile, et un travail, auprès du forgeron bossu du village. Puis l’amour et le plaisir des sens auprès de Suzanne, la fille du porteur d’eau. La nuit, il rêve au souvenir lointain et merveilleux d’un cirque, de ses jongleurs et d’un saltimbanque en veste rouge surgissant d’une roulotte, un perroquet vert sur l’épaule. Le jour, la vision du manoir des Jourdan, la famille riche du village, le hante. Cette demeure posée sur la colline, où sa mère a travaillé comme domestique toute sa vie, est le symbole de la revanche sociale qu’il rêve de prendre.
Myriam Chirousse est née à Cagnes-sur-Mer en 1973 et vit dans les Pyrénées. Traductrice de l’écrivaine espagnole Rosa Montero, elle réussit ici un miracle d’équilibre entre une histoire de résilience originale et poignante, une langue d’une sensibilité et d’une finesse rares, lumineuse et imagée, et les émotions contrastées que cette lecture procure. En bref, vous lirez ce livre d’une traite pour connaître le destin d’André puis le relirez illico pour en savourer mieux le parfum unique!
Ensuite, vous voudrez vous immerger dans le monde merveilleux qu’elle déploie dans son œuvre: «Miel et vin», son premier roman, suit le destin passionnel de deux enfants maudits; «Le sanglier», ou une journée dans le quotidien d’un couple retiré de la société; «La paupière du jour», qui narre la quête d’une femme décidée à tuer l’homme qui, dix-huit ans auparavant, a assassiné son fiancé. Tous sont traversés par une nature omniprésente splendide, les apparences qui transpirent soudain d’autres vérités, l’ironie du destin, et les silences que l’écrivaine magicienne sait rendre parlants.
À lire: «L’homme au perroquet vert», Myriam Chirousse, Buchet-Chastel, 202 p.

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