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ArtL’Italie restitue à la France un Banksy volé au Bataclan

La «porte de Banksy», volée en 2019 et retrouvée dans une ferme en Italie, doit être exposée mardi au palais Farnèse de Rome, qui abrite l’ambassade de France en Italie.

L’œuvre attribuée au célèbre artiste de rue britannique Banksy avait été peinte courant 2018 sur l’une des sorties de secours, située derrière le Bataclan, dans le passage par lequel de nombreux spectateurs du concert des Eagles of Death Metal s’étaient échappés pendant l’attaque terroriste.
L’œuvre attribuée au célèbre artiste de rue britannique Banksy avait été peinte courant 2018 sur l’une des sorties de secours, située derrière le Bataclan, dans le passage par lequel de nombreux spectateurs du concert des Eagles of Death Metal s’étaient échappés pendant l’attaque terroriste.
AFP

Elle représente une jeune fille à l’air triste: l’Italie restitue officiellement à la France mardi une œuvre attribuée à Banksy, hommage aux victimes des attentats de novembre 2015 à Paris, volée en 2019 et récemment retrouvée dans une ferme non loin de Rome.

La «porte de Banksy» doit être exposée au palais Farnèse de Rome, qui abrite l’ambassade de France en Italie, en présence de l’ambassadeur Christian Masset, du procureur en chef d’Aquila, chef-lieu de la région des Abruzzes (centre) où elle a été retrouvée début juin, et du général des carabiniers en charge de la défense du patrimoine culturel.

La date et les conditions de son retour en France n’ont pas été divulguées. Selon l’agence italienne Agi, elle pourrait trouver un écrin au siège de l'Unesco à Paris, une information qui n’a pas été confirmée par l’organisme onusien.

Hommage

L’œuvre attribuée au célèbre artiste de rue britannique Banksy avait été peinte courant 2018 sur l’une des sorties de secours, située derrière le Bataclan, dans le passage par lequel de nombreux spectateurs du concert des Eagles of Death Metal s’étaient échappés pendant l’attaque terroriste.

Réalisée au pochoir et à la peinture blanche, l’œuvre représente une jeune fille à l’air triste, comme un hommage sur le lieu même où 90 personnes ont été tuées le 13 novembre 2015, au cours d’une série d’attaques djihadistes qui ont frappé la capitale française et Saint-Denis, dans sa banlieue.

Les malfaiteurs, encagoulés, s’en étaient emparés en découpant la porte à la meuleuse dans la nuit du 25 au 26 janvier 2019. La scène avait été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

Six personnes ont été arrêtées fin juin en France au cours d’une vaste opération dirigée par la direction de la police judiciaire de Paris, dans les Alpes et dans des régions du centre. Deux d’entre elles ont été inculpées de vol en bande organisée et les quatre autres de recel de vol en bande organisée. D’après Agi, deux des suspects sont des Italiens nés en France et huit personnes au total ont été interpellées, tandis qu’un complice présumé est en fuite.

Une autre œuvre dérobée

Banksy, qui se plaît à garder son identité secrète mais est l’un des plus cotés dans son milieu, avait frappé un grand coup en juin 2018 en disséminant une série de pochoirs, au ton parfois très politique, dans la capitale française.

Il avait revendiqué la paternité de huit œuvres sur son compte Instagram, dont la silhouette triste sur la porte du Bataclan, un détournement du tableau «Napoléon traversant les Alpes» de Jacques-Louis David, une fillette dessinant un motif tapisserie rose sur une croix gammée près de l’ancien «centre de premier accueil» des réfugiés à Paris. Ou encore un petit rat au museau masqué brandissant un crayon (ou un cutter), près du Centre Pompidou.

Cette dernière œuvre, «réalisée sur l’envers du panneau d’entrée» d’un parking, a elle aussi été dérobée début septembre 2019. Le Centre Pompidou, qui abrite d’importantes collections d’art contemporain, avait déposé plainte «pour vol et dégradation, au sein d’un espace relevant de son périmètre».

Un artiste au cœur du débat

Banksy, qui aime à se jouer des médias comme du marché de l’art, est aujourd’hui l’un des artistes contemporains les plus cotés au monde. Dans des villes comme Paris, Londres, New York, ses œuvres offrent un formidable coup de projecteur sur des sujets au cœur des débats sociétaux, comme la question des réfugiés. Si à Paris des élus se sont réjouis de son «invasion» artistique, se pose inévitablement le problème de leur possible vol ou dégradation.

En octobre 2018, l’acheteuse d’une reproduction de l’une des plus célèbres images de Banksy, «Girl with Balloon», adjugée près de 1,185 million d'euros chez Sotheby’s à Londres, avait eu la surprise de voir alors la toile s’autodétruire partiellement grâce à un ingénieux mécanisme caché dans son cadre, découpant en partie l’image en fines lamelles verticales.

Ces dernières semaines, il a reproduit sur son compte Instagram un dessin montrant, à côté du portait d’un homme noir, une bougie allumée mettant le feu au drapeau américain, en hommage à George Floyd. Ou encore le dessin d’anonymes déboulonnant une statue, une référence aux attaques contre des monuments ou statues de personnages historiques liés à l’esclavage ou la colonisation.

AFP/NXP