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CoronavirusL’isolement du Royaume-Uni et le désarroi des stations suisses

À la suite de la détection d’une variante du coronavirus au Royaume-Uni, les stations de ski helvétiques doivent gérer annulations et quarantaine des touristes britanniques.

Les touristes britanniques représentent normalement un cinquième de la clientèle de Verbier et arrivent en général juste après Noël. (image d’illustration)
Les touristes britanniques représentent normalement un cinquième de la clientèle de Verbier et arrivent en général juste après Noël. (image d’illustration)
Keystone

Les stations de ski suisses, qui ont décidé de rester ouvertes malgré l’ire des pays voisins, étaient prêtes à accueillir à bras ouverts les milliers de skieurs du Royaume-Uni comme chaque Noël en dépit de la pandémie.

Mais une variante du coronavirus qui sévit dans le sud de l’Angleterre a ruiné ces espoirs.

À Verbier – station valaisanne huppée fort prisée de la clientèle britannique –, les hôteliers se demandent depuis lundi comment faire face aux annulations en cascade des clients empêchés de quitter le Royaume-Uni par un cordon sanitaire, mais aussi à la quarantaine de 10 jours imposée à tout voyageur venu de Grande-Bretagne depuis le 14 décembre.

Les ressortissants britanniques qui travaillent là et qui s’apprêtaient à accueillir les clients, mais aussi amis et famille, dans les chalets et sur les pistes de ski, pourront fêter Noël avec eux mais probablement en mode visioconférence.

«Cela fait quinze ans que je viens ici comme instructeur de ski et je n’ai jamais vu une semaine de Noël aussi calme que celle-là», raconte Trevor Dean, un Britannique de 68 ans. «Les réservations sont vraiment en baisse. J’ai très peu de Britanniques qui prennent des leçons de ski cette année. Je travaille à 20% de la normale», explique-t-il, sous un soleil éclatant.

«C’est cher pour se mettre en quarantaine ici», note encore l’instructeur, estimant que le bon air à 1500 mètres d’altitude et les paysages spectaculaires ne seraient qu’une maigre consolation.

Hôtels touchés

Élue meilleure station de ski de Suisse ces deux dernières années, Verbier se vante d’allier des sensations fortes et des plaisirs simples dans une atmosphère chic. À l’Hôtel La Rotonde, un groupe de touristes britanniques a décidé de partir sans attendre pour échapper à la quarantaine surprise annoncée lundi après-midi.

Un seul a décidé de rester cloîtré dans sa chambre. Lui ne peut pas sortir et «nous, on ne peut pas pénétrer dans la chambre», note Vincent Theo, le directeur de l’hôtel. «Nous avons un système, on va lui amener son petit-déjeuner, son déjeuner, son dîner. On va essayer de lui assurer un certain confort, garder un côté convivial dans sa quarantaine», explique Theo.

Le directeur de cet établissement de 27 chambres reconnaît que la pandémie et son constant ballet de restrictions changeantes ont un impact. «On arrive quand même à maintenir notre volume de réservations avec la clientèle suisse. On espère que tout va être fait pour que l’on puisse espérer avoir un mois de février et mars qui soient satisfaisants», dit-il.

Un cinquième de la clientèle

Les touristes britanniques représentent normalement un cinquième de la clientèle de Verbier et arrivent en général juste après Noël. L’Office du tourisme de la station réunit quotidiennement sa cellule de crise pour essayer de faire face le plus vite possible à une situation en constante fluctuation.

«C’est un coup dur supplémentaire dans une question déjà compliquée», reconnaît Simon Wiget, le directeur de Verbier Tourisme.

Il essaye de retrouver trace de quelque 500 personnes qui sont frappées par les mesures de quarantaine et il espère trouver une solution avec les autorités «de manière à ne pas obliger les personnes à rester 10 jours dans leur chambre».

Noël évaporé

David Furness, un Britannique qui travaille de chez lui à Verbier, a vu ses projets de Noël s’évaporer. «Mes parents devaient prendre l’avion demain. Évidemment, ils ne peuvent plus», dit le jeune homme de 34 ans. Mais ce n’est pas tout. «En plus tous mes amis devaient venir pour le Nouvel-An et ils ne peuvent pas venir. Il faut que je trouve plus d’amis et peut-être des parents adoptifs», plaisante-t-il.

Une femme de 66 ans, qui n’a voulu donner que son prénom – Odile – explique que sa fille ne pourra pas venir de Londres, «mais nous pensons à tous ces gens qui ne pourront pas ouvrir leurs restaurants et leurs bars et les jeunes qui ne pourront pas faire la fête. Cela me fend le cœur», dit-elle.

ATS/NXP