L’invitéMes réflexions de chasseur de signatures
Un pro de la recherche des signatures livre ses réflexions.
L’agitation politique et médiatique au sujet des récoltes de signatures m’incite aujourd’hui à partager quelques réflexions et propositions découlant de l’expérience acquise au cours de plus de cinq décennies d’engagement citoyen, en tant qu’artisan de différentes campagnes d’initiative, de référendums et pétitions, au cours desquelles j’ai personnellement récolté plus de 200’000 signatures. […]
Dernière en date, l’initiative municipale «Pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales» en 2015 votée en 2018. Cela sans compter la participation active à plusieurs autres campagnes qui, comme les précédentes, faute de moyens économiques, n’auraient jamais pu recourir à des récoltes professionnelles de signatures. […] Tout au contraire, les partis politiques, lobbys économiques et grandes associations peuvent, grâce à leurs moyens économiques «s’offrir» ce genre de facilités […].
Au niveau fédéral, les récoltes payantes ne font que contourner la dernière augmentation du nombre de signatures pour les initiatives, passé de 50’000 à 100’000, ceci à l’avantage des partis et lobbys les plus riches et puissants au détriment des petits comités de citoyens. […] Il faut comprendre que les lobbys économiques, notamment ceux liés à certains partis, bénéficient d’une rente de situation et craignent par-dessus tout le risque de changement. Quand cela leur convient, ces mêmes entités s’appliquent encore à affaiblir la portée des initiatives votées lors de l’élaboration des lois d’application.
Pour faire vivre la démocratie et ne pas démotiver les citoyens, il est de la responsabilité de la classe politique au pouvoir de promouvoir et faciliter l’usage des mécanismes démocratiques, en particulier de faciliter les récoltes de signatures sur le domaine public, ce qui est loin d’être toujours le cas. Mais la seule mesure vraiment efficace en ce qui concerne les instruments de démocratie directe serait d’abaisser le nombre de signatures requises à tous les échelons: municipal, cantonal et surtout fédéral.
Remarquons pour terminer que les principales victimes des tricheurs sont les comités d’initiative qui font appel à des récolteurs professionnels indélicats, ces derniers leur livrant des signatures fantaisistes, payées au prix fort, et qui seront de toute façon invalidées lors des contrôles officiels. Contrôles qui portent, entre autres éléments, sur la date de naissance complète, ce qui rend la signature à la place d’une tierce personne très difficile. Quant aux arguments trompeurs délivrés par certains récolteurs, il suffit de consacrer quelques secondes à la lecture du texte pour être informés.
Il incombe encore aux comités d’initiative qui n’ont pas réussi à terminer leurs collectes dans les délais, la responsabilité de détruire les listes de signatures, afin que celles-ci ne puissent éventuellement être recopiées en faveur d’une autre initiative ou référendum ou, être exploitées d’une quelconque autre manière. Ces signatures n’appartiennent à personne, en aucun cas aux initiants, elles ne sont que le vecteur des instruments de démocratie directe, initiatives et référendums.
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