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CoronavirusL’intubation moins risquée que prévu pour les soignants

Le geste d’introduire et de retirer un tube respiratoire chez un malade du Covid-19 serait en fait moins risqué que ce que l’on craignait, selon une étude britannique.

Les résultats suggèrent que l’insertion d’un tube d’anesthésie ne doit pas être considérée comme une procédure à haut risque.
Les résultats suggèrent que l’insertion d’un tube d’anesthésie ne doit pas être considérée comme une procédure à haut risque.
KEYSTONE

Entourée de lourdes précautions pour éviter la transmission du Covid-19 aux soignants, l’intubation lors d’une opération – introduire puis retirer un tube respiratoire chez le patient sous anesthésie générale – serait en fait moins risquée que ce qu’on craignait, selon une étude britannique.

«Les résultats suggèrent que l’insertion d’un tube d’anesthésie ne doit pas être considérée comme une procédure à haut risque», affirment les auteurs de ces travaux publiés dans Anesthesia, le journal de l’Association des anesthésistes.

Cette recherche n’a pas été effectuée sur des patients atteints de Covid-19, pour des raisons de sécurité. Néanmoins, les auteurs, le professeur Jonathan Reid de l’Université de Bristol et ses collègues des hôpitaux de Bristol et de Bath, demandent une réévaluation des niveaux de risque de ces procédures: trop contraignantes, elles ralentissent les soins par excès de précaution, jugent-ils.

Actuellement, la pose (intubation) du tube qui aide le patient à respirer et son retrait sont classés comme des «procédures générant des aérosols» par les autorités sanitaires britanniques. Les aérosols sont un fin brouillard de particules virales, représentant un danger d’infection pour le personnel hospitalier.

Ce risque de transmission dans l’air impose des équipements de protection individuelle (EPI) de haut niveau, avec des masques hautement filtrants, et le nettoyage des salles d’opération pour éliminer les aérosols.

Listes d’attente

Selon les chercheurs, ces exigences ont «considérablement ralenti» la chirurgie, en particulier en cancérologie, et contribué à de longues listes d’attente dans les hôpitaux publics du Royaume-Uni et d’autres pays.

Or, selon l’étude, l’intubation et le retrait (extubation) du tube respiratoire après la chirurgie produisent beaucoup moins d’aérosol qu’on ne le pensait auparavant.

Les auteurs ont quantifié les aérosols générés au cours de diverses procédures d’anesthésie pour l’insertion et le retrait de tubes des voies respiratoires des patients, dans de véritables contextes opératoires. Ce qui n’avait pas été fait auparavant.

En analysant 19 insertions et 14 retraits de tube, ils ont constaté contre toute attente que l’intubation générait environ un millième de l’aérosol provenant d’une seule toux.

«L’extubation génère plus d’aérosols détectables que l’intubation, mais tombe en-deçà du critère actuel de désignation comme procédure générant des aérosols à haut risque», jugent les auteurs. Lors du retrait du tube, une toux peut survenir lorsque les réflexes respiratoires naturels du patient reviennent, expliquent-ils.

«Ces résultats devraient déclencher une réévaluation du moment où il est nécessaire d’utiliser des mesures spécifiques pour se protéger contre la transmission virale par aérosol dans les salles d’opération», poursuivent-ils.

«La réduction de ces mesures de protection de haut niveau aurait un impact considérable sur notre capacité à fournir des soins de santé aux patients au sein du NHS (service public) et à l’international», estiment-ils. L’étude ne porte pas sur l’intubation en réanimation.

ATS/NXP