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Courrier des lecteursL’importance du dialogue social

Image d’illustration.
Image d’illustration.
© Steeve Iuncker-Gomez

Genève, 18 août.

Autant le préciser d’emblée: le salaire minimum proposé par l’IN 173 ne touche pas le secteur de la construction que je représente, qui offre des minima conventionnels bien supérieurs. En revanche, ce texte nous concerne, car il vient bouleverser et fragiliser notre tradition helvétique de dialogue social.

Si le secteur de la construction peut offrir des conditions salariales et sociales attractives à ses travailleurs, c’est précisément parce qu’elles sont régulièrement négociées entre partenaires sociaux et adaptées selon ce qu’il est possible de faire en préservant l’emploi.

Ce qui est vrai pour nous l’est également pour les autres branches et c’est d’ailleurs le plus souvent à Genève, où ce dialogue est traditionnellement vivace, que les salaires définis dans les conventions collectives de travail (CCT) sont les plus élevés.

L’initiative sur le salaire minimum vient affaiblir ce modèle. En imposant un salaire minimum étatique unique, non négocié, elle vide de leur substance les discussions entre partenaires sociaux.Avec leur proposition, les syndicats démontrent qu’ils ont opté pour une politisation du droit du travail à la française. Le faible taux de syndicalisation dans ce pays devrait déjà leur prouver qu’ils font fausse route. Ils auraient dû en être définitivement convaincus en comparant le niveau des salaires entre la Suisse et la France.

Et je passe sur le frein à l’engagement des jeunes si le salaire minimum est trop élevé ou sur le nivellement des salaires par le bas s’il devient un salaire de référence pour les travailleurs précaires, comme le SMIC français!

Mais le dogmatisme l’emporte malheureusement quelquefois sur la réalité des faits. Faisons en sorte qu’il n’en soit pas ainsi le 27septembre prochain, et rejetons cette initiative.