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ÉditorialL’héritage encombrant de l’UDC

Dans moins de six semaines, l’UDC Suisse élira son nouveau président. Et elle le fera sans doute le vague à l’âme. Deux candidats sont à disposition du parti mais aucun n’a réellement l’envergure de la fonction. Le premier, l’Argovien Andreas Glarner, est un dur de dur perçu comme incontrôlable. Il ne parle par ailleurs pas français. Le second, le Zurichois Alfred Heer, a une carrière politique solide, mais ses critiques répétées envers le clan Blocher passent mal. Surtout, aucun des deux hommes ne symbolise une relève qui existe pourtant au sein de la formation.

Comment expliquer ce fiasco? À vrai dire, l’UDC n’est pas le seul parti gouvernemental à peiner à trouver un président. Pour remplacer Christian Levrat, les socialistes ne disposent désormais que d’un seul ticket, tandis que le Parti écologiste vient d’élire un Balthasar Glättli seul en lice.

Cela dit, deux composantes s’ajoutent à l’équation pour l’UDC. Le président y est très exposé mais pas payé. Il y a sept mois, en démissionnant, Albert Rösti n’en avait pas fait mystère: le Bernois en avait marre de prendre des coups pour des cacahuètes. Et l’UDC se trouve à un tournant. De nombreux caciques du parti en ont assez de passer pour les marionnettes du clan Blocher. L’héritage du patriarche est devenu encombrant, encore plus depuis qu’il réclame sa lucrative rente d’ancien ministre. En même temps, tous les UDC savent ce qu’ils doivent à Blocher.

La perle rare, s’il devait y en avoir une, serait donc une personnalité qui incarne l’avenir tout en restant suffisamment loyale au passé et qui sache intégrer les différentes sensibilitésromandes, urbainesdans sa stratégie politique. Une coprésidence aurait sans doute été une manière habile d’amorcer cette transition. L’UDC n’en veut pas. La conciliation est un gène qui manque dans son ADN.