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La ZAD décryptée«L’évacuation provoque généralement la désorganisation du groupe»

Cécile Péchu, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut d’études politiques de l’UNIL et directrice du Centre de recherche sur l’action politique de l’université (CRAPUL), analyse l’évacuation du jour.

ZAD pour Zone à défendre.
ZAD pour Zone à défendre.
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L’occupation de lieux: vielle recette ou nouvelle méthode?

L’appellation «zones à défendre» est relativement nouvelle, et apparaît à la fois comme un détournement de la catégorie administrative française de «zone d’aménagement différé» et comme une dérivée du concept de «zone autonome temporaire» développé par l’écrivain américain Hakim Bey en 1991.

Mais ce qu’elle désigne, à savoir l’occupation d’un lieu pour protester contre un projet d’aménagement, susceptible de donner lieu à l’expérimentation de modes de vie alternatifs, est une forme d’action collective ancienne. En effet, il suffit de penser aux luttes ayant eu lieu en France sur le plateau du Larzac, durant les années 70, en opposition à l’extension d’un camp militaire, ou à Kaiseraugst en Suisse, qui ont réussi à empêcher la construction d’une centrale nucléaire près de Bâle en 1975. On pourrait dire que c’est la première ZAD en Suisse, qui plus est victorieuse.

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