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Vésenaz, 23 septembre

La loi adoptée par le Grand Conseil qui permet à l’État de Genève de financer les trois quarts des fonds propres nécessaires à l’achat d’un bien immobilier par des primo-acquéreurs, me semble contradictoire.

De fait, consentir un prêt amortissable en dix ans, soumis à un taux d’intérêt débiteur de 1,25%, s’identifie à un crédit non garanti. De plus, réserver cette possibilité à des acheteurs disposant de revenus importants, mais démunis d’économies suffisantes laisse songeur, dans la mesure où ils sont présumés avoir largement les moyens de composer les capitaux propres requis dans des délais raisonnables.

En réalité, cette facilité accordée entérine un endettement total de 95%, possiblement difficile à assumer en présence de difficultés financières induites par des événements fortuits, dont entre autres: maladie, hausse des intérêts, perte d’emploi, divorce, etc.

Dans l’hypothèse où la banque, faute de paiement, est contrainte de procéder à une réalisation forcée de l’immeuble, le solde de la dette non couvert par les hypothèques risque d’entrer en concurrence avec le prêt de l’État. Se pose alors la question de la subordination de cette créance, censée représenter une partie des fonds propres.

À mon avis, soutenir réellement les futurs détenteurs d’appartement en PPE, consisterait à abolir l’impôt sur la valeur locative, sans supprimer la possibilité de déduire fiscalement les intérêts débiteurs. Concessions assorties en revanche de la contrainte de rembourser la totalité de l’avance octroyée en 25 à 30 ans, dans la perspective de constituer un substantiel 3e pilier. Pour une fois, si l’aide étatique concernée entre en vigueur, le slogan: «Faire des cadeaux aux riches» pourrait se prévaloir d’une certaine cohérence.

Jean-Paul Graf

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