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L’éditorialL’étonnante vague verte française

Genève le 29.11.2018, Tribune de Genève, Frédéric Julliard (Rédacteur en chef) © Georges Cabrera
Genève le 29.11.2018, Tribune de Genève, Frédéric Julliard (Rédacteur en chef) © Georges Cabrera
TDG

La France a connu elle aussi sa vague verte, dimanche. Si le phénomène était attendu en Suisse lors des élections fédérales d’octobre 2019, il semblait plus difficile d’imaginer un scénario similaire en France, pays volontiers hostile à l’écologie.

Les préoccupations environnementales ne suffisent pas à expliquer pourquoi des fiefs de droite comme Lyon ou Bordeaux ont basculé. Davantage que la crainte du réchauffement planétaire, le vote traduit des préoccupations locales et quotidiennes: qualité de vie, pollution, bruit, souci d’une alimentation saine.

S’y ajoute la décomposition du paysage politique français, dont Emmanuel Macron fut l’artisan avant d’en devenir la victime. Tout à son idéologie libérale et productiviste, le président a manqué l’occasion de séduire un électorat urbain fatigué des partis classiques. Les Verts en ont habilement profité.

Quel rôle a joué le Covid-19 dans ce séisme? La pandémie a renforcé l’attrait pour la production locale et pour une vie moins frénétique. Peut-être la crise économique aura-t-elle raison de ces belles idées. Reste que les écologistes français peuvent désormais convaincre au-delà de leur camp et emporter des majorités, y compris auprès de l’électorat de droite.

La déconfiture de La République en marche et de la droite classique dans de grandes métropoles peut-elle faire réfléchir en Suisse? Emmanuel Macron a totalement raté le coche de l’écologie et en paie le prix dans les urnes. Il y a sans doute là matière à quelques enseignements, notamment pour la droite genevoise: balayer les questions environnementales d’un revers de main, et donc les abandonner à la gauche, ne constitue peut-être pas, dans le «monde d’après», la stratégie politique la plus fructueuse.