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Mobilité genevoise«L’État impose à la Ville un périphérique en plein centre»

Magistrate communale chargée de la Mobilité, Frédérique Perler fustige la ceinture urbaine que l’État veut faire réaliser rapidement.

Frédérique Perler, conseillère administrative.
Frédérique Perler, conseillère administrative.
Frank Mentha

Le Canton veut accélérer la concrétisation du compromis sur la mobilité de 2016, qui consiste à apaiser les quartiers de la ville au prix d’une ceinture urbaine où se reporterait le trafic. Avec sa feuille de route parue jeudi, l’État mise largement sur l’implication des Communes, surtout celle de la Ville de Genève. Or celle-ci n’est pas au diapason. Entretien avec sa magistrate chargée de la Mobilité, la Verte Frédérique Perler.

L’État arrive à une feuille de route, en partie à la charge des Communes. Comment réagissez-vous?

On pourrait y voir un joli terrain de jeu, si on nous laissait les mains libres. Mais on peut y voir aussi une série d’injonctions, notamment en vue de la réalisation de la ceinture urbaine. Celle-ci est à mon sens problématique, le Canton rêvant encore de l’achever avec une traversée du lac. Et ce serait aux Communes de payer cette mise en œuvre, en premier lieu la Ville, sans tenir compte de sa capacité financière et en ressources humaines. Ni de sa philosophie, très différente. L’État parle un peu de mobilité douce, très peu des piétons, et n’évoque pas de réduction du trafic. Il impose un périphérique urbain, un nouveau contournement autoroutier passant en plein centre-ville, scindant les quartiers et nécessitant parfois, pour empiler les flux, d’élargir la voirie en empiétant sur les parcs. Il n’est pas envisagé d’y supprimer de voie automobile.

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