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Les vols baissent à Genève mais les violences inquiètent

Conférence de presse annuelle de la police avec Monica Bonfanti, cheffe de la police, et Pierre Maudet, conseiller d'Etat chargé de la Sécurité.
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Bilan de la criminalité en demi-teinte pour Genève en 2015. Le canton enregistre 6% de plus d'infractions au Code pénal alors que la Suisse se réjouit d'annoncer un recul de 7% (lire ci-après). Voilà qui met un coup d'arrêt à trois années de baisses consécutives au bout du lac. La mauvaise performance s'explique entièrement par un recadrage dans la saisie statistique (lire ci-après). Sans cela, la situation globale afficherait le statu quo. Il y a un «tassement s'agissant de notre capacité à agir», a reconnu devant les médias le conseiller d'Etat chargé de la Sécurité, Pierre Maudet, dans un délicat exercice d'humilité.

Commençons par les mauvaises nouvelles. «Les violences ont légèrement augmenté», annonce François Waridel, chef état-major. Dans le détail, les violences domestiques poursuivent leur triste ascension (+13%), avec 1765 cas enregistrés l'an passé. «La hausse s'observe depuis 2012 et fait suite à des campagnes de prévention. Les victimes dénoncent plus facilement les faits», explique-t-il. La tendance inquiète en tout cas Pierre Maudet: «Les interventions de la police à domicile augmentent. C'est le reflet aussi de l'accroissement de la violence à domicile.»

Gendarmes agressés: +70%

Plus surprenant, les violences contre les fonctionnaires bondissent de 70%! «Cela touche beaucoup de gendarmes en intervention. L'autorité est beaucoup moins acceptée», relève Monica Bonfanti, cheffe de la police, précisant qu'aucun mot d'ordre n'a été lancé pour inciter les policiers à dénoncer davantage de cas. Des agents de police municipale, des gardiens de prison et des fonctionnaires de l'Office cantonal de la population et des migrations sont aussi concernés.

Au registre des infractions contre l'intégrité sexuelle, le constat n'est pas réjouissant non plus. L'exercice illicite de la prostitution explose. «C'est consécutif à un plus grand nombre de contrôles effectués par les inspecteurs», remarque François Waridel. Les contraintes sexuelles et l'exhibitionnisme marquent aussi la statistique.

D'autres chiffres prêtent plus à satisfaction. Le nombre d'homicides reste faible: quatre commis l'an passé. La plaie des Genevois, les cambriolages, 5747 enregistrés l'an dernier, baissent de 20% comparativement à 2014 et même de 40% par rapport à 2011. La Brigade des cambriolages va donc adapter sa stratégie. «Pour continuer la lutte, nous devons travailler sur le recel et l'investigation», remarque François Waridel. Avec l'ambition d'améliorer le taux d'élucidation, limité à 12%.

L'autre traditionnelle crainte des Genevois s'éloigne aussi un peu plus: les vols à l'arraché, à la tire, à l'astuce fléchissent en un an et ont même baissé de 50% en cinq ans. La police ne parle même plus du phénomène des récidivistes maghrébins sans papiers. En revanche, les vols par effraction de véhicule remontent en un an. «Beaucoup trop de personnes laissent des valeurs dans leur véhicule à la vue de tous», note Monica Bonfanti.

Quant à la lutte contre les stupéfiants, difficile de l'évaluer, rappellent les autorités. Plus de 9000 infractions ont été recensées en 2015. Les chiffres reflètent davantage l'activité policière. «Une intensification de la lutte contre le trafic de rue» a été réalisée, affirme François Waridel. L'opération Hydra, visant le trafic d'héroïne, continue à diluer le marché au-delà des frontières, du côté d'Annecy et d'Annemasse.

7% de contrôles en plus

La capacité d'action de la police genevoise reste importante. Le contrôle des personnes a augmenté de 7% en un an, à la faveur notamment des points de contact, lieu de présence marquée de gendarmes à une certaine période de la journée dans des lieux sensibles. Les effectifs policiers ont quant à eux augmenté de 65 postes, dont la moitié concerne des assistants de sécurité publique.

«Nous pensons que nous allons atteindre un palier et que cela va nécessiter un regain d'énergie», relève Pierre Maudet. Comment? A travers le déploiement de la réforme de la police. Mais de cela, il en parlera au cours d'autres conférences de presse agendées ce printemps.

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Genève, canton le plus criminogène

Genève fait des efforts mais reste en tête des cantons criminogènes, selon les statistiques de l'Office fédéral de la statistique (OFS). Bâle-Ville arrive en deuxième position, suivi de Neuchâtel et de Vaud.

Si les cambriolages ont fortement baissé à Genève depuis cinq ans (-40%), le canton figure en tête du classement suisse dans ce domaine. Même cas de figure pour les brigandages et les vols.

Etonnamment, Bâle-Ville et Neuchâtel devancent Genève en termes d'infractions de violence. On entend par là homicides et tentatives d'homicide, lésions corporelles graves, viols et brigandages. Plus étonnant encore, si l'on compare les villes, Fribourg occupe la première place, Genève arrivant à la cinquième place. La police fribourgeoise livre d'ailleurs sa surprise. Elle nuance les chiffres, qui n'illustrent pas tant une violence de rue qu'une violence domestique et contre les fonctionnaires. Ce résultat «ne correspond pas au ressenti des autorités, des policiers et autres professionnels de la prise en charge, qu'ils viennent du monde médical, social ou éducatif», réagit la police cantonale dans un communiqué.

Dans le canton de Vaud, on affiche au contraire le sourire. Avec 19% de baisse, Vaud enregistre le quatrième meilleur résultat de Suisse, en termes de diminution des infractions au Code pénal, a déclaré hier la conseillère d'Etat Béatrice Métraux. Il s'agit de la troisième année de recul consécutif. Il existe encore quelques infractions qui doivent faire l'objet d'un suivi important, a-t-elle ajouté. Parmi elles, les violences domestiques, qui ont connu une augmentation de 13% l'an dernier.

S.R./ATS