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Rixes à DijonLes violences d'une «horde sauvage» seront punies

Entre vendredi et lundi, la ville bourguignonne a été le théâtre d’expéditions punitives. Christophe Castaner veut des sanctions.

 C’est l'agression d'un jeune de 16 ans, membre de la communauté tchétchène, qui a déclenché les hostilités.
C’est l'agression d'un jeune de 16 ans, membre de la communauté tchétchène, qui a déclenché les hostilités.
AFP

Les violences commises ce week-end à Dijon, dans l'est de la France, à la suite d'une expédition punitive menée par des membres de la diaspora tchétchène ne resteront «pas impunies», a déclaré mercredi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en dénonçant une «horde sauvage».

Christophe Castaner a affirmé qu'il avait demandé aux services de police en charge des investigations d'identifier «les auteurs de ces exactions commises dès samedi». «Ils ne resteront pas impunis», a-t-il ajouté lors des questions au gouvernement au Sénat.

Il a salué l'action des forces de l'ordre et justifié la stratégie d'ordre public pour «faire en sorte qu'il n'y ait pas d'échauffourées bande contre bande». «Et encore, je ne sais pas si on peut qualifier comme ça cette horde sauvage totalement insupportable».

Expéditions punitives

Entre vendredi et lundi, Dijon, paisible ville bourguignonne, a été secouée par plusieurs nuits de violences.

A l'origine de ces rixes, l'agression le 10 juin d'un jeune de 16 ans, membre de la communauté tchétchène. Celle-ci, après un appel à la vengeance sur Snapchat, a répondu par des expéditions punitives dans le centre-ville et dans le quartier sensible des Grésilles, notamment contre des commerces tenus par des personnes d'origine maghrébine. Le frère du gérant d'une pizzeria a été grièvement blessé par balles.

«Il n'y avait pas eu d'anticipation en matière de renseignement», a-t-il admis, «et pourtant les forces de sécurité intérieure qui n'étaient pas numériquement en capacité de faire face ont répondu présent».

«Pratiques de voyous»

«Ce qui s'est passé est totalement inacceptable ou que cela soit en France, nous ferons reculer ces pratiques de voyous», a déclaré Christophe Castaner.

Les forces de l'ordre ont dispersé lundi soir un attroupement d'hommes cagoulés et visiblement armés voulant défendre leur quartier contre ces intrusions. Trois des quatre personnes qui avaient été interpellées à cette occasion ont été remises en liberté, a-t-on appris mercredi de source policière.

La seule personne condamnée, un homme de 32 ans sans antécédents judiciaires, a écopé de 90 jours-amendes à 5 euros et d'une interdiction de détenir ou porter une arme pendant cinq ans. Il s'est vu confisquer la matraque télescopique dont il était porteur.

Le nombre précis de Tchétchènes résidant en France est impossible à déterminer car ils se fondent dans l'ensemble des ressortissants de nationalité russe. Très mobiles, ils sont pour beaucoup regroupés à Paris, autour de Nice (Sud-Est), et dans l'Est de la France.

afp/nxp