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ConsommationLes ventes du Black Friday et de Noël seront impactées par la pandémie

Avec la crise sanitaire, le commerce en ligne est à la hausse. La prochaine édition du «vendredi noir» devrait elle faire un tabac, les enseignes comptant beaucoup sur ce revenu.

A moyen terme, le chiffre d’affaires réalisé en novembre dans le commerce de détail suisse pourrait dépasser celui enregistré en décembre.
A moyen terme, le chiffre d’affaires réalisé en novembre dans le commerce de détail suisse pourrait dépasser celui enregistré en décembre.
KEYSTONE

Les ventes de fin d’année – Black Friday, Cyber Monday et fêtes de fin d’année – risquent d’être diversement impactées par la pandémie. Alors que le commerce en ligne devrait ressortir gagnant de la crise, le commerce traditionnel, très dépendant de cette période, se retrouve sous pression.

A moyen terme, le chiffre d’affaires réalisé en novembre dans le commerce de détail suisse pourrait dépasser celui enregistré en décembre, en particulier autour des fêtes de fin d’année. C’est la conclusion à laquelle parvient Martin Hotz, expert en commerce de détail au cabinet de conseil Fuhrer & Hotz.

Ce phénomène est renforcé par le fait que les consommateurs sont de plus en plus nombreux à effectuer des achats importants le jour du Black Friday, par exemple pour remplacer un vieux lave-vaisselle ou un réfrigérateur par un nouvel appareil, alors qu’à Noël la ruée vers les magasins se concentre sur des jouets, des parfums ou de l’habillement, des produits nettement moins chers, note Jérôme Amoudruz, fondateur de la plateforme blackfriday.ch.

Vente en ligne en augmentation

Autre facteur majeur, avec la crise pandémique la proportion des ventes en ligne est en train de prendre une ampleur sans précédent, alors que les ventes traditionnelles en magasin progressent beaucoup moins vite et que certains secteurs sont même en déclin.

Fuhrer & Hotz a mené l’enquête auprès de 50 spécialistes ces dernières années: si en 2016, 20% des détaillants procédaient à des remises lors du Black Friday, ils étaient 42% à le faire en 2018 et ils sont estimés à 65/70% en 2020.

De son côté, avec «Genève qui est actuellement la ville la plus confinée en Europe», Jérôme Amoudruz constate un doublement des ventes en ligne depuis le premier confinement. Pour 2020, il table sur une croissance de 12% du commerce sur la toile par analogie avec l’année dernière, ce qui correspond à près de 350 millions de francs dépensés au cours de la semaine du Black Friday (hors alimentaire).

Anticipant un envol de 50% des commandes par rapport à l’année dernière avant les fêtes de fin d’année, Digitec Galaxus annonçait déjà début septembre chercher à recruter 250 auxiliaires logistiques.

Selon la dernière étude de blackfriday.ch, près de 87% des sondés ont confirmé leur intention de réaliser des achats lors de la prochaine édition du «vendredi noir», le 27 novembre, ce qui correspond à un bond de 22% par comparaison avec 2019.

Plus de 1000 francs pour 18% des acheteurs

Le montant des achats est attendu en forte hausse: 18% des acheteurs prévoient une dépense dépassant les 1000 francs, alors qu’ils n’étaient que 7% à le faire en 2019, précise Jérôme Amoudruz. Et s’il y a douze mois ils sortaient en moyenne 310 francs pour leurs achats, ces derniers devraient monter en flèche cette année.

En moyenne, les acheteurs sont âgés de 39 ans, mais les 55 ans et plus constituent plus de 10% du total. Mesurés par secteurs, c’est l’électronique grand public, la mode et les accessoires ainsi que les produits cosmétiques qui forment le trio de tête lors du Black Friday mais aussi du Cyber Monday. Grande nouveauté de cette année, le bricolage et le jardinage, avec 17% des intentions d’achats.

Une «véritable plaie»

Les enseignes ont donc un besoin urgent de la manne du Black Friday, car selon le dernier baromètre du Secrétariat d’Etat à l’Economie (Seco), les consommateurs helvétiques sont toujours déprimés face à la pandémie de coronavirus et aux incertitudes économiques qu’elle entraîne. La situation ne devrait guère s’améliorer, avec des attentes moroses pour la conjoncture et sur le front de l’emploi.

Mais attention, avertit Martin Hotz, Black Friday ne fait pas l’unanimité. «De plus en plus d’entreprises réfléchissent comment contourner» cet événement. Exemple, en Suisse, l’entreprise de chaussures Walder décore ses vitrines avec des peluches noires lors du Black Friday et offre les recettes du jour à des organisations caritatives.

La Société coopérative des commerçants lausannois (SCCL) dénonce quant à elle le Black Friday. Elle critique une «véritable plaie» qui s’attaque aux marges des commerçants. Les consommateurs attendent désormais des rabais le dernier vendredi de novembre et n’achètent plus rien les semaines avant, ni après le Black Friday. «Offrir des rabais si importants à cette période de l’année est tout simplement insensé», note la SCCL.

ats/nxp