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SuisseLes suppressions d'emplois se multiplient

Malgré le chômage partiel, plusieurs entreprises réduisent leurs effectifs. Cette année, le taux de chômage devrait être de 3,8%, contre 2,9% en 2019.

Les réductions d'horaire de travail (RHT) ne vont pas empêcher les licenciements (photo prétexte).
Les réductions d'horaire de travail (RHT) ne vont pas empêcher les licenciements (photo prétexte).
KEYSTONE

La crise économique liée à la pandémie de coronavirus laisse déjà quelques des traces au niveau de l'emploi. Si de nombreuses sociétés ont recouru au chômage partiel, plusieurs ont déjà annoncé des réductions d'effectifs.

Alors que le creux de la vague du ralentissement économique devrait être atteint au deuxième trimestre, la conjoncture helvétique devrait reprendre son souffle en seconde partie d'année et le taux de chômage s'afficher à 3,8% cette année, contre 2,9% l'an dernier, selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). En mai, il s'est affiché à 3,4%, près de 156'000 personnes sans emploi étant alors inscrites auprès des ORP.

Selon le Seco, peu de cantons ont signalé des licenciements collectifs à grande échelle. Instrument ayant déjà fait ses preuves durant la crise financière de 2008-2009, les réductions d'horaire de travail (RHT) ont permis d'amortir le choc lié aux mesures mises en oeuvre pour lutter contre la propagation du Covid-19. Début mai, quelque 187'000 sociétés avaient déposé une demande de chômage partiel pour 1,91 million de salariés.

Tourisme durement touché

Reste que les annonces de réductions d'effectifs se sont multipliées ce printemps. Dans le secteur du tourisme, fortement touché par la crise sanitaire, Hotelplan a fait part jeudi de la suppression de jusqu'à 425 emplois, dont 170 en Suisse. Le voyagiste de Migros, qui emploie 2277 collaborateurs, dont 1181 en Suisse, va fermer 12 de ses 98 succursales helvétiques.

Dufry a pour sa part indiqué mercredi vouloir diminuer ses frais de personnel de 20% à 35% afin de faire face à la chute de ses revenus. L'exploitant bâlois de boutiques hors-taxes, en particulier dans les aéroports, emploie près de 35'000 personnes dans le monde, entend communiquer ultérieurement les détails de sa restructuration.

A l'aéroport de Bâle-Mulhouse, Jet Aviation, filiale de l'américain General Dynamics active dans la transformation d'avions de ligne en avions à usage privé, va biffer quelque 200 postes sur 1200.

Des emplois sont menacés chez TUI, qui veut en supprimer pas moins de 8000 sur les quelque 80'000 que compte le numéro un mondial du voyage. Les conséquences pour les 500 employés suisses du géant allemand ne sont pas connues. Scénario identique pour la maison-mère de Kuoni, DER Touristik Suisse, qui devra annoncer à ses collaborateurs qu'une restructuration est inévitable.

Dans l'aviation, le spécialiste de l'assistance au sol Swissport, qui avait déjà indiqué avoir supprimé 10'000 de ses 64'000 emplois dans le monde, va amputer son effectif britannique de plus de moitié, 4500 postes passant à la trappe. En Suisse, l'entreprise en mains du chinois HNA compte 5000 salariés.

Swiss mise sur les fluctuations naturelles

Des coupes sont aussi à l'étude chez Gategroup, grand fournisseur de plateaux-repas pour les passagers des avions ainsi que SR Technics. La société active dans la maintenance d'appareils, elle-aussi contrôlée par HNA, envisage élaguer son effectif de 1300 salariés à Zurich de près d'un tiers.

Alors que le numéro un européen du transport aérien Lufthansa compte supprimer 22'000 postes, soit 16% de son effectif global, sa filiale Swiss a assuré ne pas envisager dans l'immédiat des licenciements et préférer recourir aux fluctuations naturelles pour réduire le nombre de ses collaborateurs.

Le concurrent britannique Easyjet, très présent à Genève, va lui sabrer 4500 postes sur un total de 15'000. Le mois dernier, Air Glaciers a ouvert une procédure de licenciement collectif. Jusqu'à 60 emplois sur un total de 146 répartis sur sept sites pourraient disparaître.

Lugano-Agno liquidé

Le Covid-19 a en outre sonné le glas de l'aéroport de Lugano-Agno dans sa structure actuelle. L'entreprise a été mise en liquidation et 72 personnes ont perdu leur travail. Non exhaustive, la liste des entreprises ayant annoncé des coupes au sein de leur effectif s'étend à d'autres secteurs d'activités.

Dans l'industrie des machines, le fabricant biennois Mikron a décidé de supprimer plusieurs dizaines de postes sur les quelque 340 qu'il recense à Agno, au Tessin. Oerlikon entend en faire de même en biffant quelque 800 emplois dans son activité principale des traitements de surfaces, la division Surface Solutions, qui compte près de 70% des 11'500 employés du groupe industriel schwyzois.

A Renens, le spécialiste de systèmes de mesure Tesa prévoit jusqu'à 50 licenciements sur un total de 280 emplois. Le chocolatier Läderach compte supprimer 27 postes sur un total de 1100, après le fermeture de ses boutiques durant deux mois et une fréquentation affaiblie depuis leur réouverture.

La filiale suisse du spécialiste américain des régimes minceur Weight Watchers (WW) s'est-elle séparée de 110 conseillers, soit deux-tiers de ses employés.

ats/nxp