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Les secours genevois s'entraînent en milieu carcéral

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Genève, le 21 juin 2017. Prison de Curabilis. Exercice à l'échelle 1:1 qui se déroule dans le cadre du cours COS 2017 (Commandement des Opérations de Secours). Il est destiné aux cadres opérationnels: Police, Sapeurs-Pompiers du SIS, personnel de Curabilis, brigade sanitaire cantonale, etc... Photo: Laurent Guiraud.
Genève, le 21 juin 2017. Prison de Curabilis. Exercice à l'échelle 1:1 qui se déroule dans le cadre du cours COS 2017 (Commandement des Opérations de Secours). Il est destiné aux cadres opérationnels: Police, Sapeurs-Pompiers du SIS, personnel de Curabilis, brigade sanitaire cantonale, etc... L'alarme est déclenchée, et l'exercice débute. Photo: Laurent Guiraud.
Genève, le 21 juin 2017. Prison de Curabilis. Exercice à l'échelle 1:1 qui se déroule dans le cadre du cours COS 2017 (Commandement des Opérations de Secours). Il est destiné aux cadres opérationnels: Police, Sapeurs-Pompiers du SIS, personnel de Curabilis, brigade sanitaire cantonale, etc... Arrivée des Sapeurs-Pompiers. Photo: Laurent Guiraud.
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Semaine de formation intensive pour les pompiers professionnels de Genève. Jour et nuit, ils interviennent sur des «événements majeurs» aux scénarios souvent complexes. Les parkings souterrains du centre-ville se sont mués mardi en terrain de jeu difficile, avec des incendies cachés dans les niveaux inférieurs. Ce jeudi soir, les sapeurs opéreront à la belle étoile, mais les pieds sur le bitume, à l'occasion d'un carambolage reconstitué sur l'autoroute de contournement.

Dans l'intervalle, aux heures de sommeil écourtées, les voici sur un site encore plus sensible: Curabilis, cet établissement pénitentiaire situé juste à côté de Champ-Dollon, dans lequel sont accueillis depuis maintenant trois ans des condamnés réputés dangereux. N'entre pas qui veut dans cette structure pavillonnaire ultrasécurisée. L'exercice en cours, impliquant la participation de nombreux acteurs, notamment les forces de l'ordre et d'importants renforts sanitaires, fait exception à la règle.

Une délégation médiatique, triée sur le volet, est invitée à raconter de l'intérieur le déroulé d'une intervention peu banale en effet, même si on a pris soin d'écarter toute forme de promiscuité carcérale en investissant un pavillon vide, l'unité de sociothérapie (US), au billard et baby-foot flambant neuf. Sur un mur, la charte écrite de l'unité et l'objectif à atteindre: «Permettre à chacun d'acquérir une meilleure connaissance de soi-même et des relations extérieures.»

Dans l'heure qui va suivre, l'objectif est d'abord sécuritaire et le temps compté. Les premières minutes sont celles des agents de détention. Ils doivent faire face à un détenu qui a bouté le feu à sa cellule, avant d'adopter le comportement du forcené refusant de sortir. «Ils savent que c'est un exercice, mais ils courent», note leur directeur, Emmanuel Foray. Et plutôt vite, et plutôt bien, compte tenu de l'environnement hostile. La machine à fumer du SIS, au nom adéquat (Etna, elle s'appelle) brouille les espaces. Après les cagoules d'évacuation, les appareils respiratoires nécessaires à l'extinction. Sur les épaules des policiers avançant avec leur bouclier, afin de faire un passage pour permettre aux pompiers d'intervenir à leur tour.

«Chacun connaît son boulot, poursuit le responsable des lieux. L'essentiel aujourd'hui consiste à acquérir cette forme de routine positive, d'automatisme dans la coordination des moyens engagés.» Dans la «salle de crise», les enseignements sont multiples. On oublie la prison: la vie à sauver passe avant l'existence en détention. Les visages se détendent, ils ont travaillé dans l'urgence qui rapproche, sur fond de vraie solidarité humaine.