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Exposition en plein airLes sculptures de la galerie de l’Essor prennent le frais le long de l’Orbe

Reliées par le thème «Nature et industrie», 34 sculptures surprennent le visiteur dans sa balade le long du canal de l’Orbe.

Dans «La course au trésor» de Christine Demière , les traces de la faune sont fugaces contrairement à celles de l’activité humaine.
Dans «La course au trésor» de Christine Demière , les traces de la faune sont fugaces contrairement à celles de l’activité humaine.
Galerie l’Essor
«Disparaître»  de  Hadrien de Corneillan accroché sur une façade de la zone industrielle. Les teintes de l’oeuvre réagissent à la chaleur.
«Disparaître» de Hadrien de Corneillan accroché sur une façade de la zone industrielle. Les teintes de l’oeuvre réagissent à la chaleur.
Galerie L’Essor
«Red branch line» de Jane Norbury, une pièce qui ne s’impose pas à la nature mais qui en dit tellement.
«Red branch line» de Jane Norbury, une pièce qui ne s’impose pas à la nature mais qui en dit tellement.
Galerie L’Essor
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Quelle belle surprise, les premières expériences d’exposition en plein air ne sont pas toujours aussi réussies! Mais à la vallée de Joux, l’Essor a déjà un joli carnet d’adresses, avec des années d’expertise comme galerie (une dizaine d’expos par année). Et donc… la confiance de ses artistes qui, avec d’autres, ont répondu en nombre à l’envie des bénévoles du comité de sortir des murs pour aller au contact avec la nature.

Un joli coup à jouer touristiquement, mais un coup qui n’est pas toujours gagnant, la nature ne faisant aucun cadeau à l’art. Car il faut monter au front, chercher la rencontre, l’osmose ou alors le choc, ni trop timide, ni trop entreprenant. Et c’est ce juste dosage qui anime le parcours «Nature et industrie», empruntant le tracé pédestre le long du canal de l’Orbe entre Le Sentier et la gare de Solliat-Golisse.

Des temps plus ou moins forts

Bien sûr… sur les 3,5 kilomètres de cet itinéraire artistique, il y a des temps plus ou moins forts avec certaines lourdeurs, quelques intrus et facilités, mais il y a de vraies belles propositions en 3D, comme en 2D d’ailleurs. Et parfois, la justesse tient également dans le choix du site ou de l’accrochage, comme ce temps arrêté en noir-blanc par Jean-Pierre Keller, ce puzzle de photos sur bâche à la fois graphique et historique de la vallée, son économie horlogère et agricole, agrippé au grillage d’un terrain de sport.

Ou encore comme avec le sous-bois d’Hadrien de Corneillan placardé sur une façade de la zone artisanale, lui aussi en 2D, lui aussi en noir-blanc – on pourrait aussi dire grisaille décolorée puisque les teintes fluctuent au contact de la chaleur. Le discours tient dans cette disparition, miroir d’une réalité menaçante comme d’une fragilité avérée.

«Nature et industrie, serait-ce le thème incontournable du moment?»

Calqués sur la géographie humaine, industrielle, les débuts sont denses, peut-être même un peu trop, chacun y fera ses choix. L’alerte rouge de Catherine Mauron, cette grenouille presque plus grande que son étang mais finalement si petite puisqu’elle représente la masse des batraciens qui échappent à la mort sur les routes vaudoises. La forêt de panneaux signalétiques de Denis Rouèche, plantant son habituel sens de l’à-propos artistique comme un avertissement sur les apparences trompeuses. Ou d’autres encore…

«Nature et Industrie» – serait-ce l’incontournable du moment? À l’autre bout du canton, la triennale Bex & Arts flirte aussi avec cette relation – est pratiquement sorti de la terre de la vallée, respirant à la fois avec sa nature intacte et son poumon de site horloger. Les artistes sélectionnés, 34 sur 50 dossiers, Romands comme Français, ont saisi le souffle de l’un ou de l’autre. Parfois, ils ont écouté leurs dissonances, dénonçant les déséquilibres.

À l’épreuve de la vivacité

Ceux, cernés par Christine Demière, ont le profil de goupils fendant les hautes herbes. Devant eux, la forêt ou, au loin, les signes tangibles de l’activité humaine. L’insinuation est subtile, elle l’est encore avec ce regard de la Joconde, connu pour ne pas quitter le spectateur des yeux, déposé entre les arbres par Chantal Blanc pour rappeler l’impact de la présence humaine sur la nature.

La figuration est reine sur ce parcours sans être forcément appuyée, elle se niche aussi dans la sagacité d’une «Red Branch Line» de Jane Norbury, courant à l’horizontale sur une quarantaine de mètres, très discrète mais si éloquente, au milieu des troncs verticaux. Comme quoi… la fougue artistique a trouvé un terrain fertile à la vallée!

«Le batracien sauvé» de Catherine Mauron ou la masse des grenouilles qui sauvent leur vie chaque année dans le canton.
«Le batracien sauvé» de Catherine Mauron ou la masse des grenouilles qui sauvent leur vie chaque année dans le canton.
Galerie L’Essor

Le Sentier, départ galerie L’EssorJusqu’au 25 octobre, parcours librewww.lessor.ch