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Assurance maladie de baseLes primes vont augmenter très légèrement à Genève

En 2021, la cotisation moyenne s’élèvera à 405 fr. 60, soit une hausse de 0,6% par rapport à 2020.

Le conseiller fédéral Alain Berset a dévoilé ce mardi 22 septembre la hausse des primes d’assurance maladie en 2021.
Le conseiller fédéral Alain Berset a dévoilé ce mardi 22 septembre la hausse des primes d’assurance maladie en 2021.
KEYSTONE

Le moment est, chaque année, attendu avec beaucoup d’appréhension par les assurés. L’information vient de tomber: dès janvier prochain, la prime genevoise moyenne – toutes catégories confondues – s’élèvera à 405 fr. 60. Soit une hausse de 0,6%, indique Patrick Mazzaferri, directeur du service cantonal de l’assurance maladie.

Si on sépare les différentes catégories, la prime moyenne adultes atteint 484 fr. 90 (+0,2%), la prime jeunes adultes s’élève, elle, à 375 fr. 40 (+0,5%) et celle des enfants se monte à 126 fr. 50 (–0,1%).

Parmi les dix caisses maladie comprenant le plus grand nombre d’assurés – voir notre tableau – Assura propose la prime la moins élevée (541 francs), Avenir la plus élevée (675 francs).

Le Covid s’invite à nouveau

Les Genevois seront donc rassurés d’apprendre que les nouvelles primes maladie n’ont cette fois-ci pas pris l’ascenseur, comme à de multiples autres reprises. Or, on pouvait toutefois espérer une diminution des primes pour soulager les ménages en cette période de crise économico-sanitaire, ce d’autant plus que les soignants ont vu leur activité diminuer de façon drastique durant le confinement. Et les coûts médicaux avec eux…

Pour préparer le terrain, la directrice de SantéSuisse, Verena Nold, avait déjà bel et bien observé que des coûts tombaient tant du côté des opérations que des consultations en cabinet remises à plus tard… tout en soulignant que les patients Covid-19 hospitalisés aux soins intensifs coûtaient cher. Et puis rappelons que d’un point de vue purement systémique, les surcoûts engendrés par la pandémie de coronavirus ne devraient pas être répercutés sur les primes 2021, celles-ci étant fixées sur la base d’une projection des coûts pour l’année en question, non pas sur l’année 2020 et les surcoûts dus au Covid-19. La directrice de la faîtière des assureurs a, en outre, admis que «les réserves sont solides et qu’elles permettront de faire face à la crise du coronavirus».

Un constat qui continue à pousser les autorités à inciter les assureurs à rembourser les primes payées en trop aux assurés en puisant dans leurs excédents estimés entre 8 et 10 milliards (notre édition des 19-20 septembre).


«Une fausse bonne nouvelle!»

A priori on s’en sort pas trop mal avec ce 0,6% à Genève, réagit Jean-Paul Derouette, président de la section romande de l’Association suisse des assurés (Assuas).

Nonobstant, «c’est oublier que les assurances ont cumulé, ces dernières années, des réserves gigantesques (atteignant pour certaines le 120%). Il serait donc tout indiqué d’avoir une baisse des cotisations ou une restitution de ces réserves.»

Sans compter que, ces derniers temps, les assurés ont subi des attaques comme la volonté de bloquer la franchise pendant trois ans, «ce qui, à notre sens, constitue une atteinte à l’égalité du droit pour les femmes, poursuit Jean-Paul Derouette. On pourrait, pour réduire la facture, s’attaquer à l’opacité des coûts administratifs des assureurs (10%). Sans parler de l’ineptie du projet de la nouvelle plateforme (hors frontière)
by-passant le médecin de famille pour contrôler l’accès aux spécialistes. Cette faible augmentation est donc une fausse bonne nouvelle!»

«On s’attendait au minimum à un statu quo, voire à une diminution»

Le patron de la santé publique Mauro Poggia est du même avis: «Au-delà de la première réaction émotionnelle qui nous incite à penser que ça aurait pu être pire, une question se pose immédiatement: pourquoi Zurich voit-elle ses primes diminuer de 0,7% alors que dans le même temps, elles augmentent de 0,6% à Genève, ville pourtant comparable?» Le conseiller d'État s’en prend lui aussi aux excédents des assureurs: «Comme pour les deux précédentes éditions, les réserves des caisses-maladie vont à nouveau croître en 2020. L’écart entre les courbes des primes et des coûts des assurés est donc en train de grossir. En résumé, chaque année, les Genevois paient plus qu’ils ne coûtent. Le système doit vraiment changer. On s’attendait au minimum à un statu quo, voire à une diminution des cotisations en cette année de crise. Les assureurs ont vraiment manqué le coche!»

Dans cette même logique, son collègue du Département de la cohésion sociale Thierry Apothéloz qualifie l’augmentation, «aussi limitée soit-elle, d’inacceptable, ce d’autant plus que le Canton va devoir pallier aux difficultés des Genevois les plus fragilisées par la pandémie, à travers une augmentation du montant des subsides et des primes impayées.»

38 commentaires
    Martha Trier

    Pour les résidents genevois il y a une augmentation et pour les frontaliers qui sont assurés à Genève il y a une diminution de 51 chf