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SuisseLes milieux naturels souffrent trop de la pollution azotée

L’air en Suisse contient trop d’azote, selon un rapport publié vendredi. Les émissions d’ammoniac, principalement générées par l’agriculture, sont en cause.

Les écosystèmes proches de l'état naturel sont encore trop touchés par la pollution azotée (image symbolique).
Les écosystèmes proches de l'état naturel sont encore trop touchés par la pollution azotée (image symbolique).
KEYSTONE/SIGI TISCHLER

Marais, forêts et prairies souffrent encore trop de la pollution atmosphérique azotée. Les émissions d’ammoniac, principalement générées par l’agriculture, sont pointées du doigt. Les apports d’azote n’ont que légèrement diminué ces dernières décennies, critique la commission fédérale de l’hygiène et de l’air dans un rapport publié vendredi. Les écosystèmes proches de l’état naturel et la biodiversité en sont fortement impactés.

Une différence doit toutefois être opérée entre les émissions d’oxyde d’azote et celles d’ammoniac. Les premières, causées par les gaz d’échappement et les processus de combustion, ont diminué d’environ un tiers depuis 2000.

Les résultats sont moins bons concernant les secondes qui stagnent à un niveau trop élevé. Entre 2000 et 2018, les émissions totales d’ammoniac n’ont reculé que de 10%. Et celles d’origine agricole de seulement 4%. Actuellement, ces émissions sont responsables des deux tiers des apports excessifs d’azote dans les écosystèmes.

En comparaison européenne, la Suisse fait partie des mauvais élèves. Seuls les Pays-Bas et la Belgique font pire. Les émissions helvétiques d’ammoniac rapportées à la superficie du pays sont nettement plus élevées que celles du Danemark, alors que les deux pays ont une densité d’animaux de rente similaire.

Mesures urgentes nécessaires

Pour la commission, il est urgent de prendre des mesures concrètes dans le domaine de l’agriculture. Les objectifs intermédiaires de réduction des émissions d’ammoniac, maintes fois formulés dans toutes les politiques agricoles, n’ont pas été atteints, dénonce-t-elle. Ils ont été à chaque fois reportés, plus ou moins inchangés, à l’étape suivante de la politique agricole.

La modification de l’ordonnance sur la protection de l’air (OPair) constituera une première étape. Elle entrera en vigueur à partir de 2022 et s’appliquera au stockage et à l’épandage de lisier.

Des prescriptions contraignantes doivent toutefois être adoptées à l’échelon national, précise la commission. Elles doivent aller dans le sens de systèmes de stabulation à faibles émissions et d’une détention d’animaux de rente adaptée au site. De telles mesures devront être mises en œuvre de manière cohérente dans le cadre de la Politique agricole PA22+.

Outre la dégradation des écosystèmes, les dépôts d’azote génèrent aussi des émissions de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre, note encore la commission. Des synergies existent ainsi avec des mesures visant à réduire les gaz à effet de serre.

ATS/NXP

1 commentaire
    Pierre Tzaut

    N'en jetez plus la coupe est pleine! Arrêtons avec ces analyses de ceci et de cela. Ras-le-bol : confinement + écolos .... on commence a ......ce cocktail doit désormais être interdit!