Crise énergétique (direct)La Stratégie énergétique 2050 a permis d’augmenter la production
Hausse des prix, risque de pénurie, rationnement, l'hiver s'annonce compliqué sur le plan de l'énergie. Suivez en direct les dernières informations à ce sujet en Suisse et dans le monde.
Le Qatar va fournir du gaz à la Chine sur le long terme
Le Qatar a annoncé lundi un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) avec la Chine sur 27 ans, affirmant qu’il s’agissait de «la plus longue durée» jamais vue dans cette industrie, en pleine crise mondiale de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine
Cette annonce intervient alors que plusieurs l’Europe cherche à se tourner vers des alternatives aux hydrocarbures russes, sans être parvenue à un tel accord avec le riche émirat gazier du Golfe.
L’entreprise publique Qatar Energy exportera chaque année quatre millions de tonnes de GNL provenant de son nouveau projet North Field à Sinopec (China Petroleum and Chemical Corporation), a déclaré lors d’une conférence de presse Saad Sherida Al-Kaabi, ministre de l’Energie du Qatar.

Il s’agit de l’accord «de la plus longue durée dans l’histoire de l’industrie du GNL», s’est félicité le responsable, qui est également directeur général de Qatar Energy.
North Field est au centre de la stratégie du Qatar d’accroissement de sa production de GNL de plus de 60%, pour atteindre 126 millions de tonnes par an d’ici 2027.
L’Asie, Chine, Japon et Corée du Sud en tête, constitue le principal marché pour le gaz du Qatar, de plus en plus courtisé par les pays européens depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Mais les négociations avec les Européens ont été difficiles, l’Allemagne et d’autres pays ayant refusé de signer le type d’accords à long terme conclus par le Qatar avec les pays asiatiques.
Les risques liés aux géants de l’électricité doivent être limités
Les risques liés aux énergéticiens «too big to fail» doivent être limités. Le Conseil fédéral approuve sans commentaire une motion d’Eva Herzog (PS/BS), voulant introduire une règlementation similaire à celle imposée aux grandes banques après la crise financière de 2007-2008.

La volatilité récente des prix de l’électricité a mis en difficulté les grands énergéticiens. Fin 2021, Alpiq a appelé à l’aide la Confédération. Quelques mois plus tard, c’est au tour d’Axpo. Pour Eva Herzog, il faut limiter les risques que font courir ces entreprises à l’économie helvétique.
Les risques doivent notamment être réduits, en établissant des contrats à moyen et long terme avec les entreprises remplissant une mission de service public. Et des prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités doivent être élaborées, propose-t-elle.
La transparence sur les activités et les risques doit aussi être améliorée. La poursuite des fonctions indispensables à l’économie assurée. Et le financement fédéral d’urgence évité.
Parmelin monte le chauffage de 19 à 20 °C
Le Conseil fédéral précise les interdits, restrictions et contingentements qu’il pourrait manier si l’on vient à manquer de gaz. Dont une surprise. Lire notre article.

Risque de pénurie de gaz: «Le Conseil fédéral a gardé le sens des proportions»
Les mesures qui seront appliquées en cas d’éventuelle pénurie de gaz sont raisonnables, estime l’association suisse de l’industrie gazière après les décisions annoncées mercredi par le Conseil fédéral. Cette organisation a déjà mis sur pied une cellule de crise KIO Gas.
«Le Conseil fédéral a su garder le sens des proportions», déclare Daniela Decurtins, directrice de l’Association Suisse de l’Industrie Gazière (ASIG) mercredi dans un communiqué. L’association suisse de l’industrie gazière accueille de manière positive les projets d’ordonnance du Conseil fédéral en cas de pénurie de gaz.
Lire l'article: Tous les consommateurs devront contribuer en cas de pénurie de gaz

«Avec la publication des projets d’ordonnance, la population et l’économie savent désormais à quoi s’en tenir en cas de pénurie de gaz», a poursuivi la directrice. L’industrie gazière va maintenant examiner attentivement si d’autres adaptations doivent être apportées aux projets d’ordonnances.
Les personnes et les entreprises concernées peuvent se préparer en conséquence. Il en va de même pour la cellule de crise KIO Gas, qui a pour mission d’observer l’évolution de la situation et, en cas de pénurie, d’aider les gestionnaires de réseau à soutenir la mise en œuvre des mesures ordonnées par la Confédération.
KIO Gas, qui a été mis en place par l’ASIG, a entre-temps mis en place son organisation et commencé ses travaux dans les domaines de la gestion de l’offre et de la consommation. Elle travaille sur la base des projets d’ordonnances publiés par le Conseil fédéral.
Tous les consommateurs devront contribuer en cas de pénurie de gaz
Les ménages, qui consomment plus de 40% du gaz en Suisse, seront appelés à réduire leur utilisation dès le début d’une éventuelle crise, a décidé le Conseil fédéral. Lire l'article.

Ventes de gaz: «Moins de Russie, plus de Qatar»
Alors que le monde entier cherche de nouvelles sources d’approvisionnement en énergies suite à l’invasion russe de l’Ukraine, l’émirat voit les investisseurs étrangers affluer. Lire notre article.

L’économie demande un plan d’urgence clair en cas de pénurie
Plusieurs associations économiques réclament des conditions-cadres claires en cas de pénurie de gaz cet hiver. Les fournisseurs de gaz et les consommateurs doivent pouvoir se préparer.
L’économie a besoin de plus de transparence et de plus de sécurité juridique, ont indiqué mardi la faîtière Economiesuisse, Swissmem, l’industrie chimique, la communauté d’intérêt des consommateurs de gaz ainsi que le groupe gros clients d’électricité dans un communiqué commun.

Il est essentiel que les ordonnances d’urgence de la Confédération soient «adaptées aux réalités entrepreneuriales de la Suisse». Les entreprises saines ne doivent pas décliner en raison de restrictions. Les entreprises qui économisent déjà le gaz ne doivent pas de leur côté être pénalisées par des prescriptions.
L’objectif volontaire de réduction de 15% de la consommation de gaz entre octobre 2022 et mars 2023 a été bien atteint jusqu’à présent, selon le communiqué. Si les mesures d’économie ne devaient pas suffire, le Conseil fédéral avait évoqué un contingentement comme mesure d’ultime recours. Les ordonnances n’entreraient en vigueur qu’en cas de pénurie et seraient adaptées en fonction de la situation.
Neuchâtel veut accélérer la pose de panneaux photovoltaïques
Neuchâtel veut intensifier le recours aux panneaux photovoltaïques sur les bâtiments de l’État. Le canton va en installer, lors d’assainissements du patrimoine immobilier cantonal, chaque fois que cela est pertinent. Onze sites prioritaires ont été identifiés.
«Au vu de l’augmentation significative, et même exponentielle en ce qui concerne l’électricité, des tarifs en matière d’énergie, une intensification du recours au photovoltaïque apparaît aujourd’hui indispensable», a indiqué lundi le Conseil d’Etat. Le canton veut donc mettre «l’accélérateur», a déclaré Laurent Kurth, en charge des finances.
Onze sites prioritaires ont été identifiés, comme présentant un potentiel solaire intéressant. On y trouve notamment Le Laténium (musée d’archéologie à Hauterive), un bâtiment du Centre professionnel neuchâtelois à La Chaux-de-Fonds et le site de Perreux.
Plus d’une centaine de toits
En tenant compte des cinq installations déjà planifiées et des onze nouvellement prévues, la production supplémentaire sera d’environ 2300 mégawatts par an d’ici à 2025, contre 1700 mégawatts produits actuellement. D’ici à cette échéance, un total de 4000 mégawatts par an, soit la consommation de 1000 ménages, est attendu.

En 2050, le canton espère couvrir 106 toitures de ses bâtiments, représentant 52’000 m2. «L’État veut être exemplaire et ses objectifs sont largement au-dessus de ceux voulus pour le privé», a expliqué l'architecte cantonal Yves-Olivier Joseph.
Un crédit de 4,6 millions de francs est donc demandé. Cet effort supplémentaire doit aussi contribuer à stimuler le développement de l’industrie photovoltaïque du canton. Neuchâtel avait d’ailleurs été «très à la pointe» en remplaçant les façades de l’Unimail en utilisant une technologie développée par le CSEM, a ajouté Laurent Kurth.
Retard d’entretien à combler
Afin d’éviter une perte de valeur des bâtiments de l’Etat, mais aussi pour améliorer leur performance énergétique et assurer la sécurité, un crédit de 18,5 milllions, pour l’entretien du patrimoine immobilier cantonal, est aussi soumis à l’approbation du Grand Conseil.
Le canton possède environ 280 bâtiments, d’une valeur de 1,45 milliard de francs. Les montants alloués au maintien de la valeur d’un parc immobilier devraient en principe s’élever à 1% de sa valeur, soit 14,5 millions par an dans le cas de Neuchâtel, a précisé Yves-Olivier Joseph.
«Au cours du dernier quart du XXe siècle, le patrimoine de l’Etat a accumulé un important retard d’entretien en raison du manque de moyens alloués», a ajouté Laurent Kurth. Avec le crédit de 18,5 millions, entre 3,5 et 5 millions supplémentaires seront injectés par an entre 2023 et 2026.
En y ajoutant les 7 millions octroyés via le compte de fonctionnement pour l’entretien courant, on atteint entre 10,5 et 12 millions. «L’objectif de 1% (14,5 millions) n’est pas encore atteint, mais on s’en rapproche», a ajouté Yves-Olivier Joseph. Les 18,5 millions de francs serviront notamment à rénover des façades, des portes, des fenêtres et des toitures.
Hors entretien constructif, le canton poursuit son effort d’assainissement. Un premier crédit-cadre de 44 millions de francs a été adopté en janvier 2020 pour rénover quatre à cinq objets, dont le lycée Denis-de-Rougemont. Au total, quelque 30 projets pour un montant total de près de 500 millions d’investissements sont concernés sur une décennie environ.
Énergie: L’Italie débloque 9 milliards supplémentaires contre la flambée des prix
Le gouvernement italien a débloqué jeudi soir un total de 9,1 milliards d’euros supplémentaires pour lutter contre la flambée des prix de l’énergie, a annoncé un communiqué du ministère de l’Économie publié à l’issue d’un conseil des ministres.
Cette somme «provient de recettes fiscales extraordinaires», précise le communiqué, grâce à un troisième trimestre meilleur que prévu pour l’économie italienne. Le décret-loi adopté par le gouvernement prévoit ainsi des crédits d’impôt pour les entreprises et les diverses autres activités, comme bars, restaurants ou commerces, pour l’achat de gaz et d’électricité.

Il prévoit également le maintien de la baisse des accises sur le carburant jusqu’au 31 décembre. Ces 9,1 milliards d’euros de soutien du gouvernement Meloni aux familles et entreprises s’ajoutent aux 66 milliards d’euros que le gouvernement de son prédécesseur, Mario Draghi, avait déjà dépensé en 2022 avec le même objectif.
Nucléaire: «toujours pas de progrès» dans les discussions avec l’Iran
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a réitéré, dans un rapport consulté jeudi par l’AFP, sa «vive inquiétude» sur le fait qu’il n’y a «toujours pas de progrès dans les discussions avec l’Iran sur la question de trois sites non déclarés.

Le directeur général Rafael Grossi note cependant la proposition de Téhéran de recevoir des responsables de l’instance onusienne «d’ici fin novembre» et espère à cette occasion des «clarifications» afin de «pouvoir garantir que le programme nucléaire iranien est exclusivement pacifique».
«Personne ne peut arrêter» le progrès des renouvelables, insiste le patron de l’IRENA
«Personne ne peut arrêter ce progrès": les énergies renouvelables vont continuer leur essor, faisant fi des difficultés, mais doivent aller plus vite pour que le monde tienne ses objectifs climatiques, a déclaré à l’AFP le directeur de l’Agence internationale des énergies renouvelables.
Le monde est pris dans une crise énergétique depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie et certains pays, en Europe notamment, font tout pour assurer leur approvisionnement en pétrole et surtout en gaz.
«A court terme cela aura un impact», reconnaît Francesco La Camera, le directeur général de l’IRENA, dans un entretien avec l’AFP à la COP27 sur le climat en Egypte. «Mais à moyen et long terme, il n’y a pas d’autre voie que l’accélération de la décarbonisation. Parce que finalement les renouvelables ne sont pas seulement bonnes pour le climat, l’emploi, le PIB, mais sont un vrai moyen d’assurer l’indépendance énergétique», dit-il.

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a également souligné ce nouvel aspect stratégique mardi, soulignant que la transition vers les renouvelables est «bonne pour notre sécurité».
Pour Francesco La Camera, les Etats-Unis ne risquent pas non plus de revenir en arrière dans leur choix des énergies propres, renforcé dernièrement par le vaste plan d’investissement du président Joe Biden, qui vient d’affronter les élections de mi-mandat.
«Durant la précédente administration (Trump), les centrales à charbon fermaient déjà aux Etats-Unis», a relevé l’Italien.
«Le marché est le moteur. Le marché dit déjà clairement que nous allons vers un système fondé sur les renouvelables et complété par l’hydrogène, principalement vert. Personne ne peut arrêter ce progrès», a-t-il prédit. «La question n’est pas où nous allons mais à quelle vitesse et quelle échelle», ajoute-t-il toutefois.
L’IRENA a calculé dans un rapport publié pour la COP27 que la transition énergétique n’était pas sur les rails pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris visant à contenir le réchauffement bien en dessous de +2°C, si possible à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.
«Les chiffres disent que nous devons doubler l’ambition entre maintenant et 2030», souligne Francesco La Camera.
Les pays du monde entier visent en effet 5,4 térawatts (TW) de capacité renouvelables électriques installée à cet horizon, ce qui représente seulement la moitié des 10,8 TW nécessaires pour respecter les engagements climatiques.
«Potentiel phénoménal»
L’Afrique, où se tient la COP cette année, est particulièrement en retard par rapport à ce qu’elle pourrait réaliser notamment avec son accès au soleil.
Les investissements dans les renouvelables s’y traînaient au plus bas en 11 ans en 2021, selon un rapport de BloombergNEF (BNEF). Le continent n’a capté que 0,6% des investissements mondiaux dans le secteur.
«L’Afrique a un potentiel phénoménal. Ils peuvent produire 1 000 fois l’électricité et l’énergie dont ils ont besoin. Ce continent est une incroyable centrale électrique», s’enthousiasme le patron de l’IRENA. «Mais nous devons revoir la façon dont fonctionne la coopération. L’Afrique ne peut pas se développer, aller vers un système énergétique propre, sans la bonne infrastructure physique et juridique», ajoute-t-il.
Il met aussi en garde contre la tentation de se reposer sur des nouveaux projets d’énergie fossiles pour se développer, un rêve caressé par plusieurs pays comme le Sénégal ou la République démocratique du Congo.
«C’est dans l’intérêt du continent de sauter dans le nouveau train» plutôt que de «rester coincé dans des technologies anciennes», plaide Francesco La Camera.
Selon lui, l’Afrique pourrait ainsi bénéficier de millions d’emplois nouveaux et d’une accélération de sa croissance. «Mais cela ne peut être fait que si les pays développés sont prêts à faciliter, à soutenir, à travailler avec les Africains pour rendre cela possible», conclut-il.
Les prix du pétrole poursuivent leur repli
Les prix du pétrole poursuivaient leur repli jeudi, après trois journées consécutives de baisse. Ils demeuraient lestés par les stocks américains, lesquels ont présenté une augmentation plus importante qu’attendu, et également par les attentes déçues des investisseurs au niveau de l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie de coronavirus en Chine.
Peu avant 08h00, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier 2023 se contractait à 92,32 dollars, soit de 0,35%, après s’être nettement tassé de 2,84% à 92,65 dollars la veille au soir. Quant aux 159 litres de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en décembre, ils se négociaient à 85,49 dollars, en repli de 0,39%. Mercredi soir, le baril d’or noir américain avait perdu 3,46% à 85,83 dollars.

Les cours du brut ont fléchi après que l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a annoncé mercredi que les réserves hebdomadaires américaines de brut commercial avaient fortement augmenté. Durant la semaine achevée le 4 novembre, ces stocks commerciaux de brut ont progressé de 3,9 millions de barils alors que les analystes misaient sur une petite hausse de 250'000 barils selon des prévisions médianes.
Cela s’explique notamment par une hausse de la production à 12,1 millions de barils par jour (+200 000 barils par jour) et par une réduction des exportations (-404 000 barils par jour). Les cours sont aussi restés à la baisse parce que le scénario d'une reprise chinoise face au Covid a été repoussé, «la Chine perdant sa bataille face au Covid-19», a estimé Edward Moya d'Oanda.
Suspense électoral
En outre, selon lui, «la faiblesse du pétrole aurait pu être beaucoup plus importante si les républicains avaient eu une meilleure performance mardi soir». «Une forte vague républicaine aurait signifié une plus grande pression pour augmenter la production» de brut, assurait l’analyste.
Tous les résultats des élections au Congrès n’étaient pas encore connus. L’opposition républicaine devrait dominer la Chambre des représentants, mais pas dans la mesure qui était attendue, la vague républicaine n’ayant pas eu lieu. Quant au Sénat, quatre sièges sont encore incertains.
Vif succès pour les subventions aux rénovations énergétiques
Les subventions pour l’assainissement énergétique des bâtiments ont été fortement sollicitées en 2022 dans le canton de Vaud. L’intégralité de l’enveloppe annuelle allouée, soit 50 millions de francs, a été attribuée avant la fin de l’année. Près de 2500 projets de rénovation en ont bénéficié.
Les subventions, octroyées dans le cadre du Programme Bâtiments aux propriétaires souhaitant rénover énergétiquement leur bien immobilier, ont à nouveau rencontré un vif succès. Comme en 2018, l’intégralité de l’enveloppe mise à disposition pour 2022 a été attribuée entre janvier et octobre, a annoncé le canton mercredi.

Afin de ne pas freiner les projets en cours, les demandes de subventionnement pour la fin 2022 peuvent toujours être déposées selon la procédure habituelle. Les aides financières seront prélevées sur l’enveloppe 2023.
10 millions supplémentaires
Dans le but d’accélérer l’assainissement du parc immobilier, le Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité augmentera l’enveloppe à disposition: elle passera l’an prochain de 50 à environ 60 millions de francs.
Les moyens alloués contribuent de manière significative aux objectifs de réduction des émissions de CO2 fixé dans le Plan climat vaudois adopté en 2020. Pour rappel, le financement de ces subventions est assuré d’une part par la Confédération (35 millions en 2022) et, d’autre part, par l’Etat de Vaud (15 millions en 2022) via la taxe cantonale sur l’électricité (0,6 centime par KWh/h consommé).
Retombées économiques
Le chauffage des bâtiments contribue à hauteur de 34% aux émissions de gaz à effet de serre du canton. L’appui à l’assainissement constitue un levier d’action important, dans le domaine de la protection du climat et dans celui de la maîtrise de la consommation d’énergie. Il représente aussi un important outil de soutien à l’environnement économique vaudois.
Pour chaque franc de subvention versé pour les rénovations, il est estimé que cinq à six autres francs sont investis. Les 50 millions engagés en 2022 vont ainsi générer des retombées économiques d’environ 250 millions de francs.
Des réservoirs pour le gaz pourraient voir le jour en Suisse
Des réservoirs pour le gaz naturel, le biogaz et l’hydrogène pourraient voir le jour en Suisse. Le Conseil fédéral s’intéresse à la question afin de renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Il a demandé mercredi des clarifications quant aux implications légales et financières.
La consommation de gaz devrait diminuer significativement jusqu’en 2050, en raison de mesures d’efficacité et d’électrifications croissante. Le gaz restera toutefois important pour les processus à haute température utilisés dans l’industrie, note le gouvernement, après avoir pris connaissance d’un rapport sur le sujet.
Disposer de possibilités de stockage de gaz est donc important. Or la Suisse ne dispose pas d’installations conséquentes. Elle dépend des importations. Le Conseil fédéral envisage principalement de mettre sur pied des installations saisonnières pour le gaz naturel, le biogaz ou l’hydrogène dans le sous-sol.
Projet en cours en Valais
Des études géologiques ont déjà été effectuées par le passé, mais les projets n’ont pas abouti faute de rentabilité et d’informations lacunaires sur le sous-sol. Des projets concrets ont été abandonnés sur les sites de Collonges (VS), Innertkirchen (BE) ou encore dans le canton de Neuchâtel, par manque de résultats favorables ou parce qu’ils entraient en conflit avec d’autres projets.
Le projet de Gaznat à Oberwald (VS) est quant à lui toujours sur les rangs. Il vise à stocker jusqu’à 1,48 TWh de gaz naturel, soit 4% de la consommation nationale. A ses balbutiements, l’installation pourrait être opérationnelle au plus tôt en 2030.

Soutien financier envisagé
Pour les auteurs du rapport, seules les installations de stockage saisonnières contribuent à renforcer la sécurité d’approvisionnement énergétique. Elles devront également permettre le stockage d’hydrogène et de biogaz, en raison de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. De telles installations devraient être les seules à bénéficier d’un soutien financier, si nécessaire.
Plusieurs modèles de financement sont évoqués: l’intégration dans la rémunération du réseau, le prélèvement d’un supplément de réseau ou une contribution fédérale à l’investissement. Il serait également possible de prescrire la constitution de réserves obligatoires sous forme de gaz ou de continuer à ne pas réglementer le financement.
Le Conseil fédéral a demandé une clarification des conditions-cadres requises sur les plans légal et financier. De telles installations ne devraient toutefois pas voir le jour rapidement. Entre cinq à dix ans sont nécessaires de la prise de décision à la réalisation. Les problèmes d’approvisionnement liés à la guerre en Ukraine ne seront donc pas résolus avec cette solution.
Deux nouveaux apprentissages dans le secteur solaire dès 2024
Deux nouveaux apprentissages dans le secteur de l’énergie solaire seront lancés en Suisse dès la rentrée scolaire 2024. Les futurs monteurs et installateurs solaires doivent ainsi couvrir l’important besoin en main-d’oeuvre qualifiée dans cette branche.
Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) a donné le 1er novembre son feu vert à ces nouveaux profils professionnels, indique mercredi Swissolar. L’association sectorielle a développé ces deux filières, ensemble avec le centre de formation Polybat et des représentants de la branche, dans «des délais records», selon elle.

Actuellement, l’industrie solaire suisse compte environ 10’000 emplois à temps plein. D’ici 2050, ce nombre devrait plus que doubler, estime l'association, qui voit dans la création de ces nouvelles filières une étape importante pour le secteur solaire suisse en pleine croissance.
Stages dès à présent
Le SEFRI devrait édicter l’ordonnance de formation définitive au plus tôt le 1er octobre 2023 et au plus tard le 1er janvier 2024, selon le communiqué. Dès lors, des contrats d’apprentissage pourront être conclus. Mais les entreprises peuvent dès à présent proposer des stages d’initiation aux nouvelles professions de montage et d’installation solaires.
Les premiers apprentis devraient démarrer leur formation à la rentrée 2024 dans les centres de formation Polybat des Paccots (FR) et d’Uzwil (SG). L’attestation fédérale de formation professionnelle «AFP monteur/montrice solaire» sera obtenue après deux ans d’apprentissage, et le certificat fédéral de capacité «CFC installateur/installatrice solaire» après trois ans.
Les programmes de formation se trouvent pour l’heure sous forme d’ébauches. Une fois que le SEFRI les aura examinées, la mise en œuvre concrète des filières pourra démarrer, précise Swissolar. Les entreprises et les futurs formateurs seront informés et préparés courant 2023.
La Charte de l’énergie doit être adaptée au contexte de guerre
Le Traité sur la Charte de l’énergie doit être modernisé et adapté au contexte de la guerre en Ukraine. Le Conseil fédéral a adopté la nouvelle mouture de cette base juridique internationale. La question de maintenir l’adhésion de la Suisse au traité se pose toutefois.
Le Traité sur la Charte de l’énergie (TCE) est une base juridique internationale sûre et contraignante sur laquelle 53 États se sont entendus afin de protéger les investissements et de faciliter les flux de transit dans le secteur de l’énergie. Il a vu le jour à la fin de la guerre froide, avec pour but d’intégrer dans le marché européen et le marché international de l’énergie les pays d’ex-Union soviétique et d’Europe de l’Est.

La modernisation du traité vise désormais à l’aligner sur les objectifs de l’accord de Paris sur le climat et à l’adapter à l’évolution du contexte géopolitique: élargissement de l’UE, et retrait de la Russie du Traité. Cette nouvelle mouture intègre aussi des dispositions relatives à la durabilité dans les accords de protection des investissements, indique le Conseil fédéral mercredi.
Le TCE modernisé devrait être adopté à l’unanimité lors de la Conférence sur la Charte de l’énergie le 22 novembre 2022. Le Conseil fédéral le soumettra ensuite à l’approbation du Parlement.
Controverses et retraits
La question de la protection des investissements dans les énergies fossiles a fait l’objet de controverses. L’UE et le Royaume-Uni vont supprimer la protection accordée aux nouveaux investissements dans les énergies fossiles, et ne renouvelleront pas la protection accordée aux investissements existants dans ce domaine à l’expiration de celle-ci. Plusieurs pays de l’UE ont de plus récemment annoncé leur retrait du TCE.
Le Département fédéral de l’énergie dressera un état des lieux pour déterminer si la Suisse doit elle aussi retirer la protection aux investissements nouveaux et existants dans le charbon, le gaz, le pétrole et les technologies de captage, d’utilisation et de stockage du CO2. Et son rapport, attendu fin février 2023, permettra aussi de décider si la Suisse reste ou se retire du Traité, au vu du nouveau contexte géopolitique.
Le Conseil fédéral étoffe les réserves énergétiques
Le Conseil fédéral étoffe les réserves énergétiques. Il a approuvé mercredi le recours à des groupes électrogènes de secours pour l’hiver à venir. Ceux-ci devraient apporter une puissance totale de 280 mégawatts (MW).
Ces groupes électrogènes sont généralement utilisés par des communes ou des entreprises, notamment pour alimenter en électricité des pompes à eau potable ou des centres de calcul en cas de panne du réseau public.
Pour être prise en compte, l’installation doit remplir des critères de puissance (idéalement plus de 1 MW), pouvoir être exploitée parallèlement au réseau (au moment où elle y est raccordée) et disposer d’une réserve de combustible suffisante pour une exploitation pendant 24 à 48 heures.
Crédit supplémentaire
Pour couvrir les coûts, un crédit supplémentaire urgent de 31,5 millions de francs pourra être demandé au budget 2022. Ce montant doit permettre de financer le regroupement des groupes électrogènes de secours, le raccordement aux processus de Swissgrid pour le marché de l’électricité ainsi que le dédommagement pour la disponibilité opérationnelle.

Environ 10 millions sont prévus pour couvrir le coût des mesures supplémentaires de protection contre le bruit dans le cadre de la centrale de réserve de Birr, ainsi que l’intégration de la centrale à la plateforme de l’exploitant (5 millions).
Arsenal de mesures
Diverses mesures ont déjà été prises par le Conseil fédéral pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays: réserve hydroélectrique, construction d’une centrale de réserve à Birr (AG), augmentation des capacités du réseau de transport d’électricité, mécanisme de sauvetage destiné aux entreprises du secteur de l’électricité d’importance systémique, abaissement temporaire des débits résiduels. Une campagne d’économies d’énergie a été lancée.

Les PME suisses craignent une hausse des coûts de l’énergie
Les PME helvétiques voient la hausse des coûts de l’énergie cet hiver comme le plus gros risque pour leurs activités. Une grande partie d’entre-elles appréhende les défis liés à une crise hivernale avec sérénité, mais plus d’un tiers considère «élevée» ou «très élevée» la probabilité d’entraves à leurs activités, selon un sondage publié dimanche.
Concrètement, 36% des entreprises sondées par l’institut YouGov, sur mandat de la plateforme B2B Visable, estiment que la hausse des coûts de l’énergie sera le plus gros problème de l’hiver qui s’approche. 30% craignent une hausse des prix des matières premières et des préproduits et 28% s’attendent à des problèmes d’approvisionnement.

28% des PME sondées citent aussi l’inflation comme un risque et 23% s’attendent à des problèmes de personnel en raison de maladies ou de quarantaines liées à la pandémie de coronavirus.
Manque de personnel qualifié
Le manque de personnel qualifié constitue aussi un problème pour 22% des PME. Les sanctions liées à la guerre en Ukraine sont considérées comme le risque le plus faible (7%) de même que la numérisation insuffisante (5%).
22% des entreprises sondées prévoient que leurs bénéfices seront un peu en repli cette année par rapport à la précédente et 6% en fort repli.
Le sondage a été réalisé mi-octobre auprès de 207 cadres dirigeants de petites et moyennes entreprises suisses.
Après le pétrole, une nouvelle dépendance aux métaux stratégiques
Après un siècle de tensions géopolitiques autour du pétrole, les experts craignent que la transition énergétique ne crée de nouvelles dépendances vis-à-vis des pays producteurs de métaux cruciaux pour les techniques dites à bas carbone et l’électrification de la planète. L’Europe est particulièrement vulnérable.
Métaux de la transition climatique
Cobalt, nickel, manganèse, lithium conduisent l’électricité dans les batteries automobiles. Les terres rares (néodyme, praséodyme, dysprosium...) sont utilisées dans les disques durs ou les aimants permanents des éoliennes. Cuivre et aluminium conduisent l’électricité en général. Le platine sert à l’hydrogène.
Ces métaux permettent à l’industrie, l’électronique, les transports ou les systèmes énergétiques de se passer d’hydrocarbures et de ne plus émettre les gaz à effet de serre qui réchauffent la planète.

Les métaux seront «au centre des efforts de décarbonation et d’électrification de l’économie au fur et à mesure que l’on s’éloigne des carburants fossiles,» précise un rapport du cabinet McKinsey publié début 2022. Ils vont devenir aussi importants que fut le charbon pour les machines à vapeur au XIXe siècle ou le pétrole au XXe siècle.
Besoins pour la neutralité carbone
Selon l’agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de métaux critiques pourrait, d’ici à 2040, quadrupler si le monde se conforme aux engagements de l’accord de Paris sur le climat. Pour cette transition, il faudra produire plus de métaux d’ici à 2050 que l’humanité n’en a produit au cours de toute son histoire, estime Olivier Vidal, de l’institut des sciences de la terre du CNRS.
Deux visions s’opposent: certains anticipent une pénurie, quand d’autres affirment que l’évolution technique et le recyclage permettront de soutenir l’augmentation de production.
Selon une étude de l’université de Louvain, l’Europe est exposée à des «manques critiques sur les 15 prochaines années», surtout de lithium, de cobalt, de nickel, de cuivre et des terres rares.
Le continent européen, qui importe la quasi-totalité de ses matériaux critiques, ne parviendrait qu’à couvrir entre 5 et 55% de ses besoins en 2030, mais il dispose de ressources inexploitées telles que cobalt, gallium, germanium ou lithium, répond l’alliance européenne des matières premières (ERMA). A condition que des «permis miniers» soient accordés, souligne Bernd Schaefer, son dirigeant.
Les Etats-Unis viennent d’ouvrir leur première mine de cobalt depuis des décennies, dans l’Idaho. Les constructeurs de voitures comme Tesla cherchent à entrer directement au capital d’opérateurs miniers.
Les pays producteurs
Le marché du cobalt est dominé par un acteur principal à chaque extrémité de la chaîne de valeur: la République démocratique du Congo (RDC) assure 70% de la production mondiale et la Chine couvre plus de 50% du raffinage. L’Afrique du Sud représente 37% de la production mondiale de manganèse et la Guinée 22% de la bauxite (qui sert à faire l’aluminium).
Pour le lithium, les principaux pays producteurs sont l’Australie, le Chili et l’Argentine. La Bolivie dispose des réserves inexploitées les plus importantes.
Les risques géopolitiques
«Le triangle du pétrole et du gaz – Arabie saoudite, Russie et Etats-Unis – gouverne le monde depuis quarante ans. Un monopole qui laissera peu à peu place à une bipolarisation du monde entre les Etats-Unis et la Chine, grands utilisateurs des métaux de la transition énergétique», estime Philippe Varin, auteur d’un rapport sur l’approvisionnement de l’industrie française en matière premières minérales.

En Afrique et ailleurs, la Chine et ses entreprises ont pris «40% du contrôle des chaînes de valeur pour les métaux nécessaires à la fabrication de batterie. Ce changement de décor géopolitique sera générateur de tensions sur les métaux,» dit-il, en demandant le développement d’une «diplomatie des métaux» dans une optique «de partenariat avec des pays riches en ressources».
Les matières premières stratégiques «pourraient être l’objet d’une confrontation entre la Chine et les États-Unis dans les années à venir,» ajoute Emmanuel Hache, prospectiviste au centre de recherche IFP Energies nouvelles. «Aux prémices de tous les conflits on trouve toujours les matières premières en première ligne,» souligne le CyclOpe, guide annuel des matières premières, liant par exemple le coup d’Etat en Guinée de 2021 à l’exploitation de la bauxite.
AFP/ATS/SIM/EAH/Myrtille Wendling
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