Crise énergétique (direct)La Stratégie énergétique 2050 a permis d’augmenter la production
Hausse des prix, risque de pénurie, rationnement, l'hiver s'annonce compliqué sur le plan de l'énergie. Suivez en direct les dernières informations à ce sujet en Suisse et dans le monde.
La consommation de gaz en France a baissé de 6,2% en 2022 comparé à 2021
La baisse de consommation de gaz en France, hors utilisation dans les centrales électriques, a atteint 6,2% en 2022 par rapport à 2021, a annoncé vendredi le gestionnaire du réseau de transport de gaz GRTgaz.
Les efforts de sobriété et les prix élevés en 2022 ont conduit à cette baisse de la consommation de gaz (en données corrigées du climat), hors prise en compte des centrales à gaz qui ont tourné à plein régime pour compenser les difficultés passagères du parc électro-nucléaire française l’année dernière, selon les données communiquées par GRTgaz vendredi.
Plus d’énergie solaire en France mais avec quels panneaux ?
Des panneaux solaires sur les parkings, dans les champs et sur tous les toits : c’est le nouvel objectif de la France mais qui les fabriquera ? En France et en Europe, les usines ont été laminées par une intense concurrence internationale, aujourd’hui chinoise, demain peut-être américaine.
La loi d’accélération des énergies renouvelables votée cette semaine au Parlement fixe le cap à plus de 100 gigawatts (GW) d’énergie solaire à l’horizon 2050, cinq fois plus qu’aujourd’hui: «c’est très bien du point de vue citoyen», «un bon signal», «de toute façon favorable», applaudissent les industriels interrogés par l’AFP.
«Mais la loi n’offre pas de différenciation pour les industriels locaux», redoute Paul Toulouse, directeur général de Systovi, fabricant de modules à Carquefou près de Nantes. Il résiste grâce à de l’innovation, des certifications et le soutien d’un actionnaire militant, le groupe Cetih.

Il vient d’inaugurer une nouvelle ligne de production. Mais avec 90 salariés, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, il reste un nain en comparaison des sites chinois qui produisent en un jour ce qu’il fabrique en une année.
«Ce sont donc surtout les industriels asiatiques, en l’occurrence chinois, qui vont disposer d’opportunités de ventes additionnelles en France», dit-il.
Marché totalement ouvert
Comme ses collègues, il espère voir arriver rapidement des règles et des aides pour s’affranchir de la domination chinoise et ne pas rester à la traîne face aux Etats-Unis et à l’Inflation Reduction Act, le plan climat de Joe Biden aux mesures favorisant l’industrie américaine.
La Chine réalise déjà 95% des panneaux photovoltaïques distribués en Europe.
L’Asie, en général, réalise aussi la majeure partie de la première étape de fabrication des panneaux solaires, à savoir la production dans des fours très chauds du cristal de silicium qui, une fois épuré et découpé en fines tranches, donne naissance à des cellules capables de transformer des photons provenant de la lumière en électrons.
La dernière étape de fabrication, l’assemblage du module dans lequel les cellules sont protégées par des couches de colles liquides, un verre de face et un cadre aluminium, est encore effectuée sur le sol européen.
Avec les prix de l’électricité qui s’envolent, le marché européen n’a jamais été aussi porteur.
«On est sur une dynamique qui s’est redressée après les années noires 2015-2017», observe Ian Bard, directeur technique et commercial chez Solarwatt France, filiale d’un fabricant allemand qui a doublé son chiffre d’affaires en 2022. Solarwatt produit à Dresde en Allemagne pour le haut de gamme, et en Asie.
Il prévient: «Si les législateurs restent sur la position d’avoir un marché totalement ouvert, à l’inverse de ce que font les Etats-Unis, on restera sur le schéma d’aujourd’hui, avec des fabricants européens qui seront doublés sur les gros volumes par des fabricants plus attractifs en terme de prix».
Derniers des Mohicans
Cela se joue au centime près. Et pour le Lyonnais Pierre-Emmanuel Martin, qui porte avec des associés le projet Carbon d’une giga-usine de panneaux à 1,3 milliard d’euros, il y a également danger.
Outre «la Chine qui domine outrageusement» et les Etats-Unis «qui émergent», il cite la concurrence de l’Inde, et dans une moindre mesure l’Indonésie et la Turquie.
«Installer des panneaux, ce n’est pas les fabriquer» et «la loi ne traite pas la question industrielle, c’est le prochain combat», dit-il en référence au projet de loi Industrie verte préparé par le gouvernement.
Le texte «Industrie verte» est censé faire les beaux jours du «made in France» avec tout un arsenal de mécanismes fiscaux, réglementaires et de critères d’achat.
Du protectionnisme à peine déguisé ? La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher s’en défend mais estime «loyal» de se passer des usines chinoises qui ont bénéficié d’aides d’Etat.
À Carquefou, Paul Toulouse qui se décrit comme «l’un des derniers des Mohicans» a dans ses cartons un plan d’investissement de 17 millions d’euros. Cela permettrait de multiplier par huit les capacités de production de Systovi : «mais la visibilité n’est pas suffisante pour que ce soit un investissement prudent», juge-t-il pour l’instant.
Loi énergies renouvelables: en France, les députés RN puis LR saisissent le Conseil constitutionnel
Les députés du Rassemblement national, puis ceux du groupe Les Républicains, ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester plusieurs mesures de la loi d’accélération des énergies renouvelables, ont-ils annoncé jeudi, deux jours après son adoption au Parlement.
Le RN fustige dans un communiqué une «fuite en avant en faveur des énergies intermittentes» en lien avec «les lobbies de l’éolien et du solaire».
Dans sa saisine du Conseil constitutionnel, transmise à l’AFP, le groupe d’extrême droite estime que la loi crée une «rupture d’égalité» entre les producteurs d’énergies renouvelables et les autres énergéticiens.
Le RN vise un mécanisme de modulation tarifaire qui pourrait être mis en place pour soutenir des projets d’énergies renouvelables dans des zones moins favorables sur le plan météorologique (article 3 bis B). Le groupe pointe aussi «un fonds de garantie destiné à compenser une partie des pertes financières qui résulteraient d’une annulation par le juge administratif d’une autorisation environnementale» (article 5 bis).
Les députés RN s’en prennent en outre à la reconnaissance de raisons impératives d’intérêt public majeur (RIIPM) pour certains projets renouvelables (article 4), une mesure destinée à limiter certains contentieux. À leurs yeux, elle «constitue de facto et de jure un avantage injustifié déséquilibrant significativement les armes du procès au profit de l’opérateur énergétique».

Le groupe de Marine Le Pen avait ferraillé tout au long des débats contre le projet de loi, en s’en prenant aux «nuisances» des éoliennes. «Ça détruit nos paysages», ça «vrille les yeux et le cerveau», avait fini par lâcher le député Pierre Meurin.
En toute fin de soirée, les députés LR ont à leur tour annoncé saisir le Conseil constitutionnel. Entre autres critiques, ils invoquent également une rupture d’égalité entre producteurs d’énergies, avec la modulation tarifaire, ainsi qu’une «atteinte au droit à un procès équitable» avec l’article 4 sur la raison impérative d’intérêt public majeur.
Les députés LR avaient eux aussi combattu le projet de loi, à rebours de leurs collègues du Sénat, où le texte a été très largement adopté.
La saisine du Conseil constitutionnel suspend le délai de promulgation de la loi. Il dispose d’un mois pour statuer.
Crise de l’électricité: le président sud-africain sous pression
Le président sud-africain s’adresse jeudi à un pays exaspéré: Cyril Ramaphosa prononce dans la soirée son discours annuel sur l’état de la Nation, dans un contexte de crise aiguë de l’électricité, privant de courant chaque jour et pendant des heures 60 millions de Sud-Africains.
Une réponse du chef de l’État à cette crise sans précédent dans la première puissance industrielle du continent est attendue. Le parti au pouvoir, l’ANC (Congrès national africain), a affirmé avoir donné «des consignes claires» et sommé le gouvernement de déclarer l’état de catastrophe nationale.
M. Ramaphosa doit prendre la parole à 17H GMT depuis l’hôtel de Ville du Cap. Plusieurs centaines d’invités sont attendus à la cérémonie retransmise en direct à la télévision.
Les appels au président à se dispenser de «fausses promesses» se sont multipliés depuis la veille sur les chaînes d’information, les radios et les réseaux sociaux. «C’est un système entier de l’énergie qui s’effondre et il ne sera pas possible de résoudre la situation dans un temps court», avertit Erwin Schwella, spécialiste sud-africain des questions de gouvernance, interrogé par l’AFP.

Les coupures d’électricité, qui se sont aggravées depuis l’année dernière, ont atteint presque 12 heures certains jours, s’ajoutant à un climat économique et social morose. Le chômage plafonne à 32,9%, les économistes prévoient une croissance annuelle quasi nulle et les ménages ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois à cause d’une augmentation persistante du coût de la vie.
«Pays qui s’effondre»
Cette crise de l’électricité s’ajoute en grande partie aux stigmates de l’ère de corruption sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018). Les caisses de la compagnie publique Eskom ont été une des principales cibles du pillage organisé des ressources de l’Éat.
Aujourd’hui, la compagnie qui produit 90% du courant consommé dans le pays est prise à la gorge par les dettes, tout en se débattant avec des centrales au charbon vieillissantes et mal entretenues, régulièrement en proie aux pannes. Et l’Afrique du Sud, encore largement dépendante des énergies fossiles, peine à se lancer dans une transition vers les énergies propres.
Elle a été la première nation à signer un «partenariat pour une transition énergétique équitable» (JETP) en 2021, obtenant un soutien financier des pays riches. Un plan d’investissement de 98 milliards de dollars a été approuvé l’an dernier à la COP27 en Égypte.
En fin de matinée au Cap, environ 300 manifestants étaient déjà rassemblés, ont constaté des journalistes de l’AFP. La grogne contre les pénuries d’électricité monte et des protestations ont eu lieu dans plusieurs villes au cours des dernières semaines, à l’appel de l’opposition et des syndicats.
Le leader du premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique), John Steenhuisen, a fustigé mercredi devant ses troupes «l’héritage de Ramaphosa» et «un pays qui s’effondre».
Le parti radical de gauche, l’EFF (Combattants pour la liberté économique) a de son côté juré de ne pas laisser le président «délinquant» s’exprimer à la cérémonie.
Embourbé dans un scandale au parfum d’argent sale, Cyril Ramaphosa, 70 ans, a échappé à une procédure de destitution en décembre, soutenu par l’ANC. Une enquête de police est toujours en cours. Le parti historique l’a dans la foulée réélu à sa tête, lui assurant un second mandat de chef d’État en cas de victoire de l’ANC aux élections générales de 2024.
Quand les carburants d’aviation durables passent par les cosmétiques
Quand les carburants d’aviation durables passent par la production de cosmétiques: une start-up française installée en Champagne (nord-est) mise sur la biomasse et sa «molécule magique» pour décarboner à terme le transport aérien, un objectif de l’Union européenne.
Dans de grandes cuves de fermentation en inox et un entrelacs de canalisations de son site de Pomacle, près de Reims, le spécialiste de chimie verte Global Bioenergies a commencé la production d’isobutène, un hydrocarbure très utilisé dans la pétrochimie.
Sauf que l’isobutène, molécule qui n’existe pas dans la nature, n’est pas synthétisée depuis des sources fossiles mais à partir de sucres provenant de résidus de betteraves, de copeaux de bois ou de céréales déclassées, un procédé développé par l’entreprise. A la clé, une réduction des deux tiers des émissions de CO2.
Dans un fermenteur de 180'000 litres, «on donne des sucres à des bactéries qu’on a reprogrammées pour qu’elles produisent de l’isobutène», explique le directeur général de Global Bioenergies, Marc Delcourt. Et «on peut faire plein de choses avec l’isobutène», résume-t-il.
Attachées deux par deux, les molécules donnent de l’isooctane, entrant dans la composition de l’essence pour véhicules routiers. Trois par trois, cela devient de l’isododécane qui entre dans la composition du kérosène d’aviation et «constitue la base de la formulation de tout le maquillage longue tenue».

Global Bioenergies a été fondée en 2008 dans le but de produire des carburants routiers durables. L’explosion du pétrole de schiste puis la chute des cours du brut ont eu raison de cette ambition.
L’entreprise mise dorénavant sur la production de carburants d’aviation durables (SAF). Mais les investissements nécessaires, 150 millions d’euros, sont pour l’heure hors de portée.
Pour atteindre la taille critique, la start-up mise donc sur les cosmétiques. Le géant du secteur L’Oréal a été séduit et détient aujourd’hui 13,5% de l’entreprise.
Pour cela, Global Bioenergies produit l’isobutène, le purifie en le débarrassant de son CO2 et le conditionne sous forme gazeuse dans des bonbonnes de 300 kilos. Celui-ci est ensuite transformé en isododécane vendu à l’industrie cosmétique.
Cinq ans pour la certification
La start-up a également créé sa marque de rouge à lèvres et mascara, Last, «une vitrine, notre but n’est pas de devenir une entreprise cosmétique», indique son patron.
L’usine de Pomacle, qui a nécessité 3,5 millions d’euros d’investissement, a une capacité de production de 15 à 20 tonnes par an et «permet de faire de l’amorçage commercial et de la démonstration».
L’étape suivante sera l’ouverture d’une nouvelle usine fin 2025 pour produire 2.000 tonnes par an afin de générer des revenus, amener l’entreprise à l’équilibre et avoir les moyens de financer à l’horizon 2028 un site d’une capacité de 30.000 tonnes par an dédié aux carburants d’aviation durables.
Le secteur aérien, responsable de 2 à 3% des émissions mondiales de CO2, est mis sous pression pour réduire son empreinte carbone. Les SAF sont considérés comme le principal levier de décarbonation pour les décennies à venir, mais la ressource est rare et chère: ils représentaient en 2019 moins de 0,1% des 360 milliards de litres de carburant utilisés par l’aviation en 2019.
Le marché est immense et amené à croître, alors que l’Union européenne s’apprête à imposer des obligations croissantes d’incorporation de SAF dans le kérosène d’aviation.
Sept différentes voies techniques sont autorisées pour produire des SAF, essentiellement à partir d’huiles de cuisson usagées à l’heure actuelle. Global Bioenergies espère obtenir la certification de l’ASTM, l’organisme de normalisation du secteur, pour créer une huitième voie.
Une expérimentation a déjà été conduite en 2021 avec le vol entre Sarrebourg et Reims d’un avion de tourisme alimenté par 97% de SAF produit à partir d’isobutène.
«Cela fait cinq ans qu’on a démarré le processus de certification qu’on espère obtenir d’ici l’été», précise Marc Delcourt. «Cela va faciliter la promotion de cette voie et d’attirer les investisseurs», espère-t-il.
TotalEnergies suspend son partenariat dans l’hydrogène avec Adani
Le partenariat entre le conglomérat indien Adani et TotalEnergies pour créer un géant de l’hydrogène vert est suspendu dans l’attente des conclusions d’un audit commandé par Adani, accusé de fraude comptable, a annoncé le PDG du groupe énergétique français mercredi.
Le contrat portant sur une nouvelle entreprise d’hydrogène avec l’Indien Adani «n’a pas été signé et ne va pas être signé», a indiqué le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné.
«C’est on hold» (en pause), a également résumé l’entreprise aux journalistes après la présentation des résultats record de la compagnie française (20,5 milliards de dollars de bénéfice net et 36 milliards hors éléments exceptionnels).
Patrick Pouyanné a répété que l’exposition financière de son groupe dans le conglomérat indien de l’énergie et des infrastructures était limitée et de l’ordre de 3 milliards de dollars.
TotalEnergies a dit être dans l’attente qu’un audit «fasse la lumière» sur la situation comptable du groupe indien avant d’aller plus loin.

TotalEnergies avait annoncé en juin dernier avoir «conclu un accord» avec Adani Enterprises Limited (AEL) pour acquérir une participation de 25% dans Adani New Industries Limited (ANIL), pour «créer un acteur géant de la production d’hydrogène vert».
À l’époque, le groupe français indiquait que cette nouvelle entreprise avait pour objectif de produire «un million de tonnes d’hydrogène vert par an (Mtpa) d’ici à 2030, en s’appuyant sur de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable d’environ 30 gigawatts».
Le conglomérat dirigé par le magnat Gautam Adani est en pleine tourmente après des accusations de «manipulation éhontée des actions et d’un système de fraude comptable sur plusieurs décennies» portées par la société d’analyse en investissements Hindenburg Research.
Le groupe français s’est félicité de l’annonce faite par Adani de «confier une mission d’audit général à l’un des quatre grands cabinets d’audit financier mondiaux».
TotalEnergies détient 50% de la coentreprise Adani Total Private Limited, 37,4% de Adani Total Gas Limited, 19,75% de Adani Green Energy Limited et 50% de l’entité AGEL23, soit une exposition totale de 3,1 milliards de dollars au 31 décembre 2022 – équivalente à 2,4% de ses capitaux employés.
Electricité: les renouvelables couvriront une large part de la croissance de la demande, selon l’AIE
Les énergies bas-carbone, surtout les renouvelables, devraient couvrir pour ces trois années à venir «presque toute» la croissance attendue de la demande mondiale d’électricité, permettant de contenir les émissions de CO2 du secteur électrique, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
La demande d’électricité est à la hausse: sa croissance a ralenti en 2022 à 2%, du fait de la crise énergétique et des difficultés économiques de par le monde, mais elle devrait de nouveau accélérer et passer à 3%, estime l’organisme dans son rapport 2023 sur les marchés de l’électricité paru mercredi.
Face à cela, les énergies renouvelables (solaire et éolien surtout) devraient dominer la croissance de la production. Avec le nucléaire, les énergies bas-carbone couvriraient ainsi en moyenne plus de 90% de de ces besoins nouveaux au moins jusqu’en 2025.
En termes d’émissions, il est donc «peu probable», estime l’AIE, que le secteur électrique accroisse fortement son empreinte, même s’il reste très émetteur car encore largement basé sur des centrales à charbon ou à gaz.
Ce sont les pays émergents d’Asie qui tirent le mouvement. La croissance de la demande ces trois prochaines années viendra à plus de 70% de Chine, d’Inde et des pays d’Asie du sud-est, note l’AIE, «même si de considérables incertitudes demeurent sur les tendances en Chine dont l’économie émerge de strictes restrictions liées au Covid».
À ce stade, l’AIE estime que la consommation électrique de la Chine devrait représenter un tiers du total mondial d’ici 2025, contre un quart en 2015. Et le pays assurera 45% de la croissance des renouvelables.

Les économies avancées ne seront pas en reste, puisqu’elles se tournent vers l’électricité pour éviter les recours aux énergies fossiles, notamment dans le transport.
D’ici trois ans, le monde devrait ainsi globalement consommer, en plus, l’équivalent de la consommation actuelle du Japon.
«La bonne nouvelle est que les énergies renouvelables et nucléaire croissent assez vite pour satisfaire presque entièrement cet appétit supplémentaire, ce qui signifie que nous sommes proches d’un point de basculement pour les émissions du secteur électrique», a commenté le directeur de l’AIE, Fatih Birol.
Les renouvelables devraient croître plus que toutes les autres sources d’énergie combinées, à +9% par an sur 2023-25. Leur part dans la production électrique mondiale devrait passer de 29% en 2022 à 35% en 2025.
La production nucléaire de son côté devrait croître de 3,6% par an.
Dans le même temps, le recours aux centrales à gaz devrait reculer dans l’UE, mais augmenter significativement au Moyen-Orient. Les centrales à charbon sont elles sur le déclin en Europe et sur le continent américain, mais ce recul est compensé par leur progression dans la région Asie-Pacifique.
In fine, à demande supérieure, les émissions de CO2 du secteur, qui ont atteint un sommet en 2022, devraient rester à peu près au même niveau jusqu’en 2025, estime l’Agence basée à Paris.
Afrique du Sud: le président Ramaphosa attendu sur la crise de l’électricité
Soixante millions de Sud-Africains privés d’électricité depuis des mois et jusqu’à près de 12 heures par jour attendent le président Cyril Ramaphosa sur la crise de l’énergie qui mine le pays, lors de son discours annuel sur l’état de la nation jeudi.
La cérémonie est habituellement conduite en grande pompe au Parlement: tapis rouge, costumes chics et robes de stylistes, photographes. Puis le défilé de la garde présidentielle et 21 coups de canon saluent l’arrivée du chef de l’État. Mais le bâtiment historique du Cap ayant été en partie ravagé par un incendie criminel l’an dernier, le président s’exprimera dans la soirée depuis l’Hôtel de Ville.

Et dans une contexte économique et social en berne, des appels à la sobriété pour la réception facturée plus de 424.000 euros (8 millions de rands) ont essaimé sur les réseaux sociaux, «en signe de solidarité avec l’état réel de la nation».
Dans une Afrique du Sud rongée par un des taux de chômage parmi les plus élevés de la planète (32,9%), une prévision de croissance du PIB pour l’année quasi nulle (0,3%) et des familles écrasées par la hausse constante des prix des produits de base, la colère contre les pénuries de courant a gagné la rue.
Ces dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes dont Johannesburg, à l’appel de l’opposition et des syndicats.
Mauvaise gestion et corruption
Depuis l’année dernière, la crise de l’énergie s’est aggravée dans la première puissance industrielle du continent, à la traîne dans la transition vers les énergies propres.
La compagnie publique Eskom, plombée par des années de mauvaise gestion et de corruption endémique sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018), est incapable de produire suffisamment d’électricité dans ses centrales au charbon vieillissantes et régulièrement touchées par des pannes.
Seul remède pour l’instant, des délestages programmés plusieurs fois par jour, forçant le pays tout entier à cuisiner, laver son linge et recharger son téléphone à certaines heures seulement.
Les entreprises perdent chaque jour des centaines de millions de dollars, selon le premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique) qui fustige l’inefficacité du gouvernement à résoudre la crise.
Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir a annoncé la semaine dernière avoir donné «des consignes claires» et sommé le gouvernement de déclarer l’état de catastrophe afin de débloquer des moyens.
Mais selon Dieter von Fintel, économiste à l’Université de Stellenbosch, cette mesure purement «symbolique» n’aurait pour seule vertu que de calmer une opinion déjà en perte de confiance, le réel problème résidant dans le fait que «la crise de l’énergie court-circuite toute tentative de relever l’économie et représente désormais une menace à la stabilité» sociale.
Le parti radical de gauche, l’EFF (Combattants pour la liberté économique), a notamment promis de perturber la prise de parole du président «délinquant». Embourbé dans un scandale au parfum d’argent sale, Cyril Ramaphosa a échappé à une procédure de destitution en décembre, soutenu par l’ANC. Une enquête de police est toujours en cours.
Le parti historique l’a réélu dans la foulée à sa tête, assurant le président de 70 ans, toujours populaire et qui reste son meilleur atout, d’un second mandat en cas de victoire de l’ANC aux élections générales de 2024.
Après les profits historiques de 2022, vers une nouvelle année faste pour les géants des hydrocarbures?
Les «super majors» pétrolières s’acheminent vers de nouveaux profits en 2023, après avoir engrangé en 2022 des bénéfices exceptionnels grâce à la flambée des cours alimentée par le rebond de la demande et par la guerre en Ukraine.
Les bénéfices des cinq majors (Shell, Chevron, ExxonMobil, BP et TotalEnergies) dépassent 150 milliards de dollars en 2022, et même plus de 180 milliards sans compter la perte causée par le retrait de BP de Russie.
De quoi s’attirer les foudres des gouvernements et ONG, en pleine crise énergétique et climatique. Mardi, le président des États-Unis Joe Biden a jugé ces bénéfices «scandaleux».
Les compagnies ont profité à plein de l’escalade des cours, avec un baril de Brent, référence de l’or noir, frôlant les 140 dollars en mars 2022 et un gaz à 350 euros le mégawattheure l’été dernier en Europe, 15 fois le prix habituel.
Les prix ont baissé depuis, mais en 2023 «nous pouvons avoir d’autres pics car la guerre en Ukraine est loin d’être terminée», prévient Adi Imsirovic, chercheur à l’Oxford Institute for Energy Studies.
Malgré des incertitudes pour l’économie mondiale, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ne s’attend pas à une baisse de la demande et anticipe au contraire une croissance en 2023 (+2,2 millions de barils/jour en 2023 après +2,5 mb/j en 2022).
La manne amassée par les majors crée pour l’heure un casse-tête dans la classe politique de tout l’Occident, sur fond de crise du coût de la vie.
Sur le Vieux continent comme aux États-Unis, allumer sa chaudière, cuire du pain ou rouler au diesel est devenu une dépense lourde pour nombre de ménages et d’entreprises.
«Je fais ma part pour faire baisser les prix, il est temps que Big Oil fasse la sienne», s’était déjà emporté le président américain Joe Biden sur Twitter, la semaine dernière.

En France, l’annonce mercredi des bénéfices de TotalEnergies – à 20,5 milliards de dollars – devrait encore nourrir le débat pour davantage taxer ces «superprofits».
En Grande-Bretagne, le gouvernement a introduit en mai 2022 une taxe sur les bénéfices énergétiques exceptionnels, tout comme l’Union européenne fin septembre, avec une «contribution temporaire de solidarité», attaquée en justice par Exxon.
«Ce dont on a besoin en ce moment, c’est de plus d’offre. Au lieu de cela, ce qui a été mis en place est une pénalité sur le secteur énergétique dans son ensemble», a déploré Darren Woods, le PDG d’Exxon.
Et les subventions?
Si le rebond de la demande après la pandémie de Covid-19 avait déjà profité aux majors en 2021, tout s’est emballé en 2022: les prix se sont envolés en raison du conflit en Ukraine, des sanctions occidentales visant Moscou et de la diminution des exportations russes.
Les compagnies pétrolières investissent certes de plus en plus dans le solaire, l’éolien et autres énergies renouvelables «mais pas autant que le montant qu’elles versent aux actionnaires», souligne David Elmes, professeur à la Warwick Business School, alors que BP freine sa transition énergétique.
Ces multinationales ont aussi tiré parti d’avoir misé sur des «actifs à forte valeur ajoutée», comme les projets de gaz naturel liquéfié (GNL), relève Moez Ajmi, consultant au cabinet EY.
«Les prix exorbitants tirés par les achats européens de GNL pour remplacer l’approvisionnement russe ont aidé», abonde Adi Imsirovic.
Et maintenant? «Les prix vont à mon avis augmenter du fait de l’embargo pétrolier imposé par l’Occident sur la Russie (...) donc ces entreprises seraient autant profitables en 2023 qu’en 2022», reprend Moez Ajmi.
D’autant que les compagnies pourront compter sur une demande «clairement encore au rendez-vous surtout avec le renoncement de la politique zéro Covid en Chine».
Or cette demande en gaz et pétrole reste soutenue par les dizaines de milliards de subventions pour les factures des consommateurs, qui «ne font que prolonger la crise», estime Adi Imsirovic.
À vouloir «subventionner les combustibles fossiles (...) la demande continue de croître au lieu de baisser» alors que «le meilleur remède contre les prix élevés sont les prix élevés», ajoute-t-il.
Pour le chercheur, les gouvernements de l’UE devraient d’abord se contenter d’aider «les plus pauvres».
Froid arctique ou pas, les voitures électriques tracent leur route en Norvège
Le mot est entré dans le vocabulaire courant en Norvège: «rekkevideangst». Cette angoisse de l’autonomie des véhicules électriques, Philip Benassi l’a bien connue au volant de sa Tesla, surtout par les froides journées d’hiver, mais comme ses compatriotes, il a appris à la dompter.
Des températures souvent négatives, un relief accidenté, des distances étirées... La Norvège n’est pas le terrain de jeu idéal pour la voiture électrique, qui perd en portée par temps glacial.
Pourtant, le pays nordique est le champion du monde incontesté pour l’adoption de ces véhicules.
L’an dernier, un record: quatre voitures neuves sur cinq (79%) étaient électriques dans le royaume, gros producteur de pétrole, où l’objectif officiel est pourtant d’en finir avec les moteurs thermiques pour les nouvelles immatriculations dès 2025. Soit dix ans avant l’Union européenne.
À titre de comparaison, le tout-électrique a représenté 12,1% des ventes de voitures neuves en 2022 dans l’UE, contre 9,1% un an plus tôt, selon des statistiques publiées mercredi par l’Association des constructeurs européens (ACEA).

Commercial dans un groupe de cosmétiques, Philip Benassi a franchi le pas vers l’électrique en 2018. Dans sa rutilante Tesla S, ce Norvégien de 38 ans avale entre 20 et 25'000 kilomètres par an.
Comme la plupart des nouveaux «elbilister» --propriétaires de voiture électrique--, il a lui aussi connu à ses débuts l’angoisse de voir l’indicateur de batterie chuter rapidement.
Avec le spectre de tomber à zéro, l’équivalent de la panne sèche, sur une route de campagne déserte.
«Je ne connaissais pas suffisamment la voiture. Mais après toutes ces années, je sais à peu près combien de kilowatts elle consomme et que ça varie selon qu’elle a dormi dehors ou dans un garage», témoigne-t-il.
«L’hiver, la capacité des batteries baisse. Si la voiture est restée dehors à des températures entre -10/-15°C, on utilise beaucoup plus de batterie et ça prend pas mal de temps avant que la consommation redevienne normale», explique-t-il.
À la saison froide, la perte d’autonomie dépend du modèle du véhicule et de la sévérité du coup de froid.
«Mais la règle générale, c’est qu’un gel d’environ -10°C réduira l’autonomie d’environ un tiers par rapport à une météo estivale et qu’un gel sévère (-20°C ou plus) jusqu’à la moitié», explique le consultant finlandais, Vesa Linja-aho.
«En stationnant la voiture dans un garage chauffé, on peut atténuer un peu ce phénomène», ajoute l’expert.
Fiscalité verte
Quand recharger? Où? De combien? Ces questions hantent les primo-utilisateurs. Tout est question d’habitude et de planification avant les longs trajets.
Les différentes applications des constructeurs automobiles et le vaste réseau norvégien de points de recharge rapide et super-rapide --plus de 5.600-- aident heureusement à résoudre l’équation.
Signe que le problème est loin d’être insurmontable, les voitures électriques ont représenté 54% des nouvelles immatriculations l’an dernier au Finnmark, région la plus septentrionale du pays. Située en plein coeur de l’Arctique, elle détient un record national qui fait froid dans le dos: le mercure y est tombé à -51°C.
D’autres pays nordiques habitués aux températures négatives, comme l’Islande (33,3% des immatriculations en 2022) ou la Suède (32,9%), sont aussi dans le peloton de tête mondial de la voiture tout-électrique.
«De plus en plus de voitures électriques ont des systèmes de préchauffage des batteries, ce qui est malin parce que cela accroît l’autonomie et la voiture recharge plus rapidement si elle est chauffée», souligne Christina Bu, secrétaire générale de l’Association norvégienne des véhicules électriques.
«En fait, quand il fait très, très froid, que les températures sont glaciales, il arrive que les voitures diesel ne peuvent pas démarrer contrairement aux voitures électriques», note-t-elle.
Les Norvégiens ont en tout cas pris le pli: plus de 20% de leurs voitures en circulation roulent désormais à l’électricité propre --autre bon point--, car quasi exclusivement d’origine hydraulique.
La politique norvégienne est volontariste avec des moteurs thermiques fortement taxés contrairement à l’électrique --même si le gouvernement commence à rogner ces avantages financiers afin de combler un manque à gagner estimé à près de 40 milliards de couronnes (3,8 milliards d’euros) l’an dernier.
«La recette du succès en Norvège, c’est la fiscalité verte», résume Christina Bu. «On taxe ce qu’on n’aime pas, les voitures à combustion fossile, et on encourage ce qu’on aime, les voitures électriques. C’est aussi simple que cela», ajoute-t-elle.
Et «si la Norvège peut le faire, tout le monde peut le faire».
Retraites: grève reconduite chez TotalEnergies, dans la plupart des raffineries selon la CGT
Les grévistes de TotalEnergies ont reconduit mercredi matin le mouvement contre le projet de réforme des retraites du gouvernement dans la plupart des raffineries du groupe, a-t-on appris auprès de la CGT.

Le syndicat dénombrait 100% de grévistes parmi les opérateurs des équipes du matin au dépôt de carburants de Flandres (Nord), près de Dunkerque, 80% à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), 70% à la raffinerie de Feyzin (Rhône) et 56% à la raffinerie de Normandie.
L’expansion du photovoltaïque freinée suivant la rétribution du courant
La rentabilité du photovoltaïque sur le toit du domicile dépend fortement de la rétribution locale du courant solaire et du prix de l’électricité. De nombreux opérateurs paient trop peu et freinent ainsi l’expansion du photovoltaïque, selon une étude.
Pour atteindre ses objectifs climatiques, la Suisse doit augmenter massivement sa production d’électricité solaire. Les installations photovoltaïques situées sur les maisons individuelles et les immeubles jouent ici un rôle crucial, car elles représentent 42% du potentiel sur les toits des habitations.
Mais la rentabilité financière d’un tel investissement est fortement liée au lieu d’habitation et à l’opérateur du réseau électrique local, constate une étude publiée jeudi par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et l’Université de Berne.

Sur les 2067 villes et communes suisses analysées, un propriétaire de maison individuelle chauffée au gaz ne gagne à installer des panneaux solaires que dans la moitié des cas à peine. La rentabilité d’une installation photovoltaïque sur le toit dépend avant tout de la rétribution de l’injection et du prix de l’électricité, et ceux-ci sont définis de manière très disparate par les quelque 600 opérateurs.
Retraites: baisses de production électrique dans la nuit, initiatives moins nombreuses ce week-end
La mobilisation dans le secteur de l’énergie contre le projet gouvernemental de réforme des retraites semblait devoir provisoirement marquer le pas pour le week-end, après de nouvelles baisses de production électrique dans la nuit de jeudi de la part d’agents grévistes EDF de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime).
«Il est possible que les initiatives soient moins nombreuses», a indiqué vendredi Claude Martin, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, selon lequel, dans ce «marathon» de la contestation, la priorité est de «réussir à nouveau le mardi 31» journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, «avec un maximum de monde en grève et dans la rue».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, «une baisse de production» a touché la centrale nucléaire de Paluel, touchant les tranches (unités de production) 3 et 4 de la centrale et occasionnant une baisse de production de quelque 940 MWh.
Elle semblait terminée depuis le début de matinée, selon les messages diffusés sur le site internet d’EDF.
Ces baisses de production, strictement encadrées par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE, sont normalement sans effet pour le grand public et affectent surtout les finances de l’entreprise.
Les salariés du secteur de l’énergie opposés à la réforme des retraites se sont mobilisés durant toute la journée de jeudi dans les centrales électriques, les raffineries, les ports et les docks, pour un tour de chauffe avant la journée nationale d’action interprofessionnelle du 31 janvier.

Les salariés de TotalEnergies, qui avaient posé un préavis pour deux jours, ont finalement suspendu leur mouvement jeudi soir, afin de préparer le terrain pour la journée du 31 qui touchera tous les secteurs : écoles, fonctionnaires, transports, services.., à l’appel de tous les syndicats.
L’un d’entre eux, l’UNSA, a recensé plus de 200 lieux de rassemblements le 31, autant que pour la journée du 19.
Les agents de l’électricité et du gaz sont pour leur part en grève reconductible et pourraient mener de nouvelles actions vendredi.
Jeudi, outre des baisses de production électriques et des barrages filtrants à l’entrée de certaines centrales, ils ont mené une foule d’actions dites «Robin des Bois» selon la CGT, pour «intensifier le rapport de force».
De Lille à Marseille, partout en France, ils ont «placé en gratuité d’électricité ou de gaz» écoles, HLM et hôpitaux, accordé des tarifs réduits aux petits commerces, et rétabli le courant pour des usagers qui en avaient été privés.
«Dans la métropole lilloise, une centaine de logements sociaux et 25 boulangeries ont été passés jeudi en gaz gratuit», a indiqué à l’AFP Claude Martin, secrétaire fédéral de la FNME-CGT.
Interrogée sur ces opérations, menées en parallèle de coupures ciblées d’électricité, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher s’est montrée très critique.
«Je dirais que c’est poche droite, poche gauche, c’est une initiative qui à la fin revient à faire payer le contribuable», a déclaré la ministre sur France 2, vendredi matin, contestant la «générosité» de l’initiative.
Electricité: la Norvège pourra réduire ses exportations en cas de risque de pénurie
La Norvège, généralement un important fournisseur d’électricité pour l’Europe, pourra réduire ses exportations en cas de baisse prononcée de ses réservoirs hydroélectriques, a annoncé le gouvernement vendredi, suscitant la vigilance du gendarme européen du secteur.
Tirant la quasi-totalité de son électricité de ses quelque 1'700 installations hydroélectriques, le pays scandinave est très dépendant du niveau de précipitations pour faire tourner son économie, se chauffer et ses transports, étant notamment un champion de la voiture électrique.
Pour se protéger contre les risques de rationnement, le gouvernement a présenté vendredi des mesures qui pourraient passer par une baisse des livraisons d’électricité vers l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande en cas de baisse critique du niveau des retenues d’eau du pays.
«Dans les circonstances les plus extrêmes, on pourra fixer des limites pour les connexions avec l’étranger», c’est-à-dire les câbles qui relient le réseau électrique norvégien à celui des pays européens, a déclaré le ministre du Pétrole et de l’Energie, Terje Aasland, lors d’une conférence de presse.

«Il s’agit d’un outil puissant qui pourra être envisagé quand il y aura un vrai risque de rationnement pour les ménages et/ou les groupes norvégiens», a-t-il expliqué.
Si elle n’est pas membre de l’Union européenne, la Norvège y est étroitement associée via son appartenance à l’Espace économique européen (EEE), qui prévoit la libre circulation des services et marchandises, y compris l’électricité, entre États membres.
Les mesures envisagées sont «conformes aux règles de l’EEE», a assuré Terje Aasland.
En réponse, l’Autorité de surveillance européenne ESA a fait savoir que «toute mesure qui pourrait conduire à des restrictions sur le marché domestique de l’énergie de l’EEE est inquiétante».
«L’ESA évaluera attentivement les mesures envisagées (par Oslo, ndlr) et initiera un dialogue avec la Norvège à leur sujet», a indiqué son porte-parole, Jarle Hetland, dans un courriel à l’AFP.
Face au bas niveau de ses retenues d’eau du fait d’une météo relativement sèche, le ministre avait déjà évoqué l’été dernier la possibilité de réduire les exportations d’électricité et invité les groupes énergétiques à privilégier la remontée des réservoirs plutôt qu’essayer de tirer parti des prix élevés en produisant davantage.
Cette annonce lui avait valu des critiques de la part des opérateurs des réseaux électriques des autres pays nordiques, où les factures d’électricité se sont envolées après la réduction des livraisons de gaz russe.
Concrètement, le gouvernement propose aujourd’hui d’inscrire dans la loi la responsabilité des producteurs d’électricité en matière de sécurité d’approvisionnement, de les obliger à développer des stratégies à cette fin, et surtout de donner la possibilité aux autorités de s’immiscer dans la gestion des ressources d’eau en cas de risque de pénurie.
En 2021, la Norvège avait exporté un record de 25,8 TWh. Après déduction de ses importations, ses exportations nettes s’étaient élevées à 17,6 TWh, selon l’institut national de statistique SSB.
Axpo cède sa participation dans le gazoduc trans-adriatique
L’énergéticien argovien Axpo vend sa participation de 5% dans le gazoduc trans-adriatique (TAP) aux actionnaires belge Fluxys et à l’espagnol Enagás. Le montant de la transaction s’élève à 210 millions d’euros (quasiment autant en francs).
L’opération devrait être finalisée au deuxième semestre, selon le communiqué paru vendredi.

Le groupe d’infrastructures de transport de gaz naturel Fluxys rachète 1% de cette part et son homologue ibérique Enagás 4%. Les deux détiendront chacun 20% du gazoduc acheminant du gaz de la mer Caspienne vers l’Europe, partant de la frontière gréco-turque jusqu’à l’Italie sur près de 880 kilomètres. Le britannique BP détient également 20%, tout comme l’azerbaïdjanais Socar et l’italien Snam.
Le chef des finances d’Axpo, Joris Gröflin, cité dans le document, souligne que la société de Baden se concentre sur «son activité suisse, les énergies renouvelables ainsi que le négoce de l’énergie». Le TAP, mis en service en 2020, «restera un partenaire stratégique», Axpo Solutions continuant à commercialiser les livraisons de gaz à long terme assurées par le consortium Shah Deniz.
Des stocks de gaz au régime côté français
Alors que la France réduit ses stocks de gaz, ceux de l’opérateur suisse Gaznat situés dans l’Hexagone suivent la même tendance. Cette annonce ne devrait cependant pas bousculer les prix, amenés à rester élevés en prévision du prochain hiver.
La France, auprès de laquelle la Suisse s’approvisionne en gaz, est en train de réduire ses stocks de cet hydrocarbure, si précieux en plein hiver alors que la Russie a fermé le robinet de l’approvisionnement. Mi-janvier, le niveau représentait 106 TWh (80%), à comparer aux 55% d’habitude à la même époque.
Pour des raisons techniques, le gaz conservé dans des formations géologiques ne doit pas stagner et va donc être consommé. En parallèle, «on va en faire venir moins de l’extérieur» et donc réduire les quantités qui arrivent dans l’Hexagone, a expliqué lundi Thierry Trouvé, directeur général du transporteur français de gaz, GRTgaz, sur BFMBusiness.
Gaznat, principale société d’approvisionnement de gaz naturel en Suisse romande, compte des réserves de l’autre côté de la frontière, qui s’élèvent à un peu plus de 1,8 Twh. «Notre programmation de l’utilisation des stockages réservés en France tient compte des contraintes techniques imposées par les opérateurs de stockage en France. Il n’y a rien de nouveau de ce point de vue-là dans la situation actuelle», a souligné son directeur René Bautz auprès de l’agence AWP.
Avec les températures hivernales, une partie a déjà été utilisée. «Le niveau moyen de remplissage en France s’élève actuellement à environ 73%. Les niveaux de stockage, réservés par Gaznat, se trouvent légèrement en dessous de ce chiffre.» En septembre, le taux de remplissage atteignait 98%.
Importations en baisse vers la Suisse romande
Selon GRTgaz, «les exportations vers la Suisse ont fortement augmenté» du 1er novembre au 31 décembre dernier par rapport à la même période de 2021. Elles ont ainsi grimpé à 16,9 Twh, contre 6,5 Twh un an plus tôt. Le gaz arrivé dans la Confédération les deux derniers mois transitait aussi vers l’Italie et l’Allemagne, contre seulement l’Italie un an plus tôt.
«Comme la Russie a livré de moins en moins de gaz à l’Europe l’année dernière, les flux de gaz ont changé. En d’autres termes, le gaz circule de plus en plus de l’ouest vers l’est. De grandes quantités ont ainsi été importées de France vers la Suisse et une partie réexportée vers l’Allemagne», a confirmé à AWP Thomas Hegglin, porte-parole de l’Association suisse de l’industrie gazière.

En revanche, les importations par Gaznat «ont fortement baissé», a rétorqué M. Bautz, en raison des températures en moyenne plus douces qu’en 2021, d’un remplacement par le mazout chez plusieurs clients, sans oublier les effets de l’appel à la sobriété énergétique et des prix élevés. «Par contre, il y a des flux importants de gaz français qui entrent en Suisse à Oltingue (en Alsace) et sont réexportés par des opérateurs européens vers l’Allemagne», a-t-il confirmé.
En matière de tarifs, qui ont «un peu diminué ces derniers temps», note Ines Bouacida, chercheuse sur le climat et l’énergie à l’Institut du développement durable et des relations internationales à Paris, «on est dans une phase où le prix reste élevé».
«Il est possible que cette baisse se maintienne ou continue», selon elle, mais «l’on ne retournera pas au niveau du prix du gaz naturel d’avant l’invasion de l’Ukraine». Le gaz TTF se négocie en ce moment autour de 53 euros, contre environ 80 euros l’an dernier, avant le déclenchement du conflit. C’est certes loin du pic de 342 euros de l’été dernier, mais la chercheuse rappelle qu’en 2019, le gaz était passé sous les 50 euros.
Si le spectre des pénuries d’énergie s’est éloigné pour cet hiver, le «prochain sera sans doute plus compliqué» en matière d’approvisionnement, a prévenu Ines Bouacida.
Gaznat rappelle que les économies d’énergie restent valides, «car il faudra à nouveau remplir les stockages cet été en Europe pour l’hiver 2023/2024 avec des flux de gaz russes très faibles ou pratiquement inexistants». Le transporteur basé à Vevey a ainsi pris la décision, en accord avec les opérateurs de stockage, «de laisser à fin mars une partie du gaz en stock pour l’hiver 2023/24.»
La France et l’Irak renforcent leur coopération «stratégique», notamment sur l’énergie
Emmanuel Macron et le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani ont annoncé à Paris le renforcement de la coopération, notamment dans le secteur crucial de l’énergie, à l’issue d’une rencontre jeudi soir à Paris qui a abouti à la signature d’un «traité de partenariat stratégique».
Un mois après sa participation à une conférence régionale de soutien à l’Irak, le président français a confirmé son investissement en faveur de ce pays-clé du Moyen-Orient où il s’est rendu deux fois depuis son arrivée au pouvoir en 2017.
En décembre en Jordanie, il avait plaidé pour que Bagdad, sous l’influence de l’Iran, s’engage dans une autre voie que celle d’un «modèle dicté par l’extérieur».
Le gouvermement de Mohamed Chia al-Soudani est soutenu par des partis pro-iraniens majoritaires au Parlement irakien, au grand dam des États-Unis.
Lors d’un dîner à l’Élysée, les deux hommes ont d’abord «condamné les attaques qui portent atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Irak, d’où qu’elles viennent», selon une déclaration commune publiée dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le chef du gouvernent irakien «a souhaité renforcer la coopération bilatérale de défense», selon la déclaration, même si aucun engagement nouveau n’a été annoncé à cet égard.
À la veille de sa visite, Mohamed Chia al-Soudani avait dit à l’AFP espérer obtenir avec la France «la formation et le développement des capacités sécuritaires irakiennes», ainsi que «l’achat d’armement».

Les deux dirigeants ont «souhaité» de concert «porter plus haut la coopération franco-irakienne» dans l’énergie et les transports.
Mohamed Chia al-Soudani, au pouvoir depuis trois mois, cherche des partenaires pour donner un coup de neuf au secteur énergétique irakien et notamment au réseau électrique, vétuste et victime collatérale de la corruption.
Paris et Bagdad ont «réitéré leur engagement de faire aboutir les grands projets engagés», notamment «la rénovation du réseau électrique irakien et l’interconnexion électrique avec la Jordanie», «ainsi que le projet de construction d’un métro aérien à Bagdad», grâce à «l’expertise» d’entreprises françaises comme GE Grid France, Schneider Electric, et Alstom, selon la déclaration commune.
«S’agissant des énergies alternatives, ils ont manifesté leur engagement dans la mise en oeuvre du projet multi-énergies de TotalEnergies», qui se fait attendre.
Pour que ces projets aboutissent, la France s’est engagée «à prolonger les facilités de crédit export remboursables d’un montant d’un milliard d’euros, pour soutenir les entreprises françaises opérant en Irak», affirment les deux pays.
En Afrique du Sud, la crise de l’électricité n’épargne pas les morts
En Afrique du Sud, les familles se recueillent traditionnellement autour du défunt pendant une semaine, parfois plus. Mais désormais, à cause de coupures d’électricité endémiques, la conservation des corps relève du défi et les pompes funèbres veulent enterrer les morts au plus vite.
«On voit de nombreux corps putréfiés», a déploré cette semaine dans un communiqué la South African Funeral Practitioners Association (SAFPA), représentant le secteur.
Dans la première puissance industrielle africaine, la crise de l’électricité s’est aggravée depuis l’année dernière et le courant est coupé parfois plus de 11 heures par jour.
Pannes, pénuries, l’entreprise publique Eskom, qui produit 90% de l’électricité en Afrique du Sud et rongée par les dettes après des années de mauvaise gestion, se débat avec des centrales vieillissantes et mal entretenues.
Le pays est soumis depuis des mois à des délestages programmés, pendant plusieurs heures et plusieurs fois par jour, atteignant des durées records.
Pour les pompes funèbres, ces coupures signifient des systèmes de réfrigération à l’arrêt et des corps qui se décomposent.
Le secteur encourage les familles à enterrer leurs morts en quatre jours maximum. Aussi pour réduire les coûts, car les foyers et les entreprises qui en ont les moyens fonctionnent avec des générateurs nourris au diesel, dans un contexte général d’inflation et de hausse du prix du carburant.

Grace Matila, croque-mort de 52 ans installé à Johannesburg, raconte à l’AFP avoir du mal à faire face aux coûts supplémentaires et envisager d’augmenter les factures.
Les coupures répétées détériorent aussi les machines qui finissent par rendre l’âme: «Heureusement, j’avais un compresseur de secours pour ma chambre froide, sinon vous imaginez ce qui aurait pu se passer?», tempête M. Matila.
«Effet domino»
«Un confrère a dû fermer son affaire parce que les autorités ont découvert un corps en décomposition», raconte Mike Nqakula, 61 ans, qui a une entreprise de pompes-funèbres dans la petite ville d’Uitenhage, au sud du pays. «Les générateurs ne sont pas bon marché», ajoute-t-il.
En plus des problèmes logistiques, les professionnels du secteur sont confrontés à des ralentissements pour déclarer les décès et obtenir les permis d’inhumer: les administrations qui délivrent les certificats de décès sont elles aussi incapables de délivrer les documents en cas de panne de courant.
Dans certaines régions reculées, «il faut parfois plusieurs heures avant de réussir à joindre une ambulance et qu’elle arrive sur place pour formellement déclarer le décès», puis finalement organiser l’enlèvement du corps, déplore Dududu Magano, porte-parole de la SAFPA, évoquant des réseaux téléphoniques également perturbés par les coupures d’électricité.
«Un effet domino», soupire-t-il.
L’annonce récente d’une hausse des tarifs pour renflouer les caisses d’Eskom a provoqué la colère dans le pays. Plusieurs milliers de Sud-Africains ont manifesté cette semaine à Johannesburg et au Cap, à l’appel du premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique).
Le président Cyril Ramaphosa, qui a reconnu que la crise fait «des ravages dans les entreprises» mais ajouté qu’elle «ne pourra pas être résolue en une nuit», a déclaré s’être opposé à cette augmentation.
L’Afrique du Sud tire encore 80% de son électricité du charbon, générant une grave pollution dénoncée par les défenseurs de l’environnement. Une enveloppe de 98 milliards de dollars a été approuvée pour la transition énergétique de la puissance africaine à la COP27.
Pourquoi l’Afrique du Sud rationne-t-elle l’électricité ?
Des pompes funèbres aux éleveurs de poulets, l’Afrique du Sud tout entière est durement touchée par des coupures de courant drastiques, qui ont poussé cette semaine plusieurs milliers de personnes à descendre dans la rue. Voici ce qu’il faut savoir sur la crise de l’électricité dans la première puissance industrielle africaine:
Recours en justice
L’entreprise publique Eskom produit 90% de l’électricité du pays. Incapable d’alimenter suffisamment la puissance africaine, elle impose depuis une quinzaine d’années des coupures programmées, appelées dans le pays «loadshedding» ou délestages.
Selon l’importance du gouffre entre l’offre et la demande, les coupures oscillent entre huit niveaux de fréquence et de durée, privant les Sud-Africains d’électricité de trois à plus de 13 heures par jour. Ces derniers sont tenus informés via une application sur smartphone.
Les niveaux sept et huit, les plus critiques, n’ont encore jamais été atteints mais le pays a connu ces derniers mois un nombre record de journées au niveau six entraînant plus de 11 heures de coupure. Ceux qui en ont les moyens équipent leur maison ou leur entreprise de générateurs au diesel ou de panneaux solaires.
L’aggravation des délestages a récemment poussé une part du pays à manifester, certains allant jusqu’à déposer un recours en justice contre Eskom et le gouvernement.
Selon le premier parti d’opposition (DA, Alliance démocratique), la crise de l’électricité coûte chaque jour des centaines de millions de dollars à l’économie.
Pannes régulières
La demande d’électricité a considérablement augmenté depuis la fin de l’apartheid et l’avènement de la démocratie en 1994, avec une campagne visant à connecter la plus grande partie du pays et notamment des zones rurales jamais encore reliées.
L’économie s’est par ailleurs développée et la population aussi, passant aujourd’hui à 60 millions contre moins de 45 millions à l’époque.
En 2007, Eskom a lancé la construction de deux nouvelles centrales à charbon. L’Afrique du Sud tire encore 80% de son électricité du fossile. Le parc actuel a une moyenne d’âge de 35 ans avec des unités en proie à des pannes régulières.

Or les projets de construction ont accumulé du retard et souffert de problèmes de conception, entraînant d’importants surcoûts mêlés à des soupçons de corruption.
Eskom, qui a accumulé une dette de 23 milliards de dollars, dénonce aussi régulièrement des sabotages ainsi que des vols de charbon, le gouvernement annonçant récemment le déploiement de l’armée pour protéger les centrales.
L’année dernière, Eskom a déclaré ne plus avoir les moyens d’acheter du diesel, solution de secours pour faire tourner des turbines d’urgence.
Solution verte ?
L’Afrique du Sud tente de sortir du tout charbon et le gouvernement a présenté l’an dernier un plan pour une «transition juste». Maintenance, importation d’électricité et déploiement vers les énergies renouvelables sont les principaux axes, après des années de protectionnisme envers une industrie du charbon pesant environ 100.000 emplois.
Certains ministres ont avancé que la crise de l’électricité pourrait être résolue en l’espace de 6 à 18 mois.
Mais le président Cyril Ramaphosa a répété que la situation ne se résoudrait pas «en une nuit». Et Eskom a souligné que résoudre les problèmes dans les centrales «prendra plus de temps que l’Afrique du Sud ne le souhaite et n’en a besoin».
Cyril Ramaphosa a annoncé cette semaine que les seuils limitant la production d’électricité par le secteur privé notamment via le solaire ont été supprimés et qu’une grille tarifaire serait mise au point pour la commercialisation.
Les avancées vers les énergies propres s’accélèrent, selon Bertha Dlamini, à la tête de l’ONG African Women in Energy and Power, mais «pas assez rapidement pour protéger le pays» des coupures. Et «il est peu probable que les délestages s’arrêtent au cours des trois prochaines années».
Panneaux solaires obligatoires sur les nouvelles constructions
Les nouvelles constructions devront se parer de panneaux solaires. La commission de l’énergie du National veut développer rapidement cette énergie.
La même obligation vaudra lors de rénovations importantes, a jugé la commission lors de son examen de la grande réforme de l’énergie. D’ici 2032, les constructions existantes, à l’exception des bâtiments d’habitation, devront également être équipées d’une installation solaire à partir d’une surface de bâtiment de 300 m2.
D’ici 2035, les places de stationnement d’une surface supérieure à 250 m2 devront aussi être équipées de toits pouvant produire de l’énergie solaire. Des minorités s’opposent à ces dispositions, ont indiqué jeudi les services du Parlement.
Pour contribuer à l’efficacité énergétique, les logements de vacances devront obligatoirement être équipés de systèmes de régulation du chauffage intelligents à la même échéance. Plusieurs minorités demandent d’autres mesures d’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment, comme l’obligation de remplacer les chauffages électriques à résistance ou des obligations d’exploitation efficace des grands bâtiments sur le plan énergétique.

Pas dans les biotopes
De manière générale, la commission est favorable à un développement rapide des énergies renouvelables. Pour ce faire, les grandes installations hydrauliques, photovoltaïques et éoliennes doivent être considérées d’intérêt national, et leur installation primer en partie sur la protection de la nature et du paysage.
Les cantons devront désigner des zones, qui se prêtent à l’exploitation de ces installations. La production hivernale d’électricité sera prise en compte pour la reconnaissance d’un intérêt national.
Si les objectifs de développement d’énergies renouvelables ne sont pas atteints, les installations plus petites et de moindre importance seront également considérées comme d’intérêt national. La décision n’a cependant été prise que par 12 voix contre 11.
La commission ne veut toutefois pas faire entièrement primer la production d’électricité sur la protection de la nature. Contrairement au Conseil des États, elle refuse d’autoriser leur construction dans les biotopes d’importance nationale et les réserves de sauvagine et d’oiseaux migrateurs. Les nouvelles marges proglaciaires et les plaines alluviales alpines constitueraient toutefois une exception.
La commission souhaiterait en outre exiger des mesures de protection, de remplacement et de reconstitution appropriées lorsqu’un objet inscrit dans un inventaire prévu par la loi sur la protection de la nature et du paysage est concerné.
Quinze projets validés
Tout comme les sénateurs, la commission juge encore nécessaire d’augmenter de 6 TWh de la production d’électricité issue d’énergies renouvelables, visant à mieux garantir la sécurité de l’approvisionnement en hiver d’ici 2040. Une augmentation à réaliser en premier lieu via les 15 projets déclarés prioritaires lors de la table ronde consacrée à l’énergie hydraulique, ainsi qu’en recourant aux installations d’énergies solaire et éolienne d’importance nationale.
Les installations de biomasse doivent par ailleurs également pouvoir bénéficier de la prime de marché flottante, introduite par le Conseil des États. La commission poursuivra ses débats sur la réforme lors d’une prochaine séance. Le National devrait pouvoir se pencher sur le sujet lors de la session de printemps.
AFP/ATS/SIM/EAH/Myrtille Wendling
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