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27 septembreLes Genevois vont voter pour un salaire minimum

Les Genevois se prononceront le 27 septembre sur une initiative des syndicats visant à instaurer un salaire minimum de 23 francs de l’heure dans toutes les branches.

Lancée en 2018, l’initiative populaire «23 frs, c’est un minimum» vise à lutter contre la précarité.
Lancée en 2018, l’initiative populaire «23 frs, c’est un minimum» vise à lutter contre la précarité.
Getty Images/iStockphoto

Les Genevois sont appelés à voter pour le salaire minimum, La gauche fait bloc derrière ce texte qui s’inspire du système neuchâtelois.

Le Jura a aussi introduit un salaire minimum alors que le principe a été accepté au Tessin où un recours est pendant. Déjà appelés à se prononcer sur cette question en 2011, les Genevois avaient alors dit non. Au niveau fédéral, une initiative similaire de l’Union syndicale suisse avait été balayée par les citoyens en 2014.

Lancée en 2018, l’initiative populaire «23 frs, c’est un minimum» vise à lutter contre la précarité. Selon les syndicats, il n’est pas possible de vivre dignement à Genève avec un salaire inférieur. Ces 23 francs de l’heure correspondent à 4086 francs pour 41 heures de travail hebdomadaire.

Partenariat social

L’initiative, qui arrive devant le peuple sans contre-projet, prévoit aussi une indexation annuelle de ce salaire minimum. Pour la gauche, il s’agit notamment de revaloriser des professions de l’ombre qui se sont révélées essentielles pendant la crise sanitaire.

La droite, ainsi que le Conseil d’Etat, ne veulent pas de cette obligation légale qui mettrait à mal le partenariat social. Les dispositifs de lutte contre la sous-enchère salariale suffisent, estiment-ils. Pour la gauche, il ne s’agit pas d’attaquer le partenariat social, mais de compléter ses manquements.

Concurrence fiscale

L’initiative constitutionnelle «Zéro pertes: garantir les ressources publiques, les prestations et la création d’emplois», qui émane de la gauche et les syndicats sera aussi en votation, sans contre-projet. Elle avait été lancée dans la foulée du rejet par le peuple de RIE III en 2017, afin de fixer un cadre à une future réforme.

Depuis, la réforme fiscale des entreprises, le financement de l’AVS (RFFA) et sa déclinaison cantonale ont été adoptés. Pourtant, selon les initiants, les objectifs du texte restent d’actualité avec en première ligne la lutte contre la concurrence fiscale intercantonale et le maintien des services publics et des prestations à la population. Estimant cette initiative caduque, la droite la rejette.

Places en moins

Les Genevois se prononceront aussi sur une modification législative qui assouplit le principe de compensation des places de parkings supprimées dans l’espace public. Cette disposition proposée par le Conseil d’Etat avait été attaquée par référendum par le TCS Genève avec le soutien de la Nouvelle organisation patronale (NODE).

Ces opposants, soutenus par l’UDC et le MCG, craignent à terme la suppression de 4000 places en surface. Pour les autres partis, la révision de la loi d’application de la législation fédérale sur la circulation routière permettra d’accélérer la réalisation des pistes cyclables et des voies de bus et améliorer les déplacements.

Présidence tournante

Le peuple devra aussi dire s’il est d’accord de revenir au système de présidence tournante pour le Conseil d’Etat. Ce tournus avait été remplacé en 2013 par une présidence pour toute la durée de la législature, comme dans le canton de Vaud.

Cette modification constitutionnelle, qui de facto supprime le département présidentiel, a été proposée par l’exécutif avant l’éclatement de l’affaire Maudet. Tous les partis la soutiennent, sauf le PS qui s’abstient.

Enfin, les Genevois seront amenés à trancher sur l’inscription dans la constitution d’une garantie de couverture de déficit de l’Institution de maintien, d’aide et de soins à domicile (IMAD), un établissement de droit public autonome. Cette nouveauté proposée par le MCG et soutenue par la gauche vise à lui garantir les moyens nécessaires pour sa mission. Pour la droite, une couverture automatique constitue un «oreiller de paresse budgétaire».

ATS/NXP