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Salles de cinémaLes écrans noirs vont s’allumer

Au grand soulagement de la branche, les spectateurs, masqués ou pas, sont bienvenus dans les salles. Mais pour voir quoi? En attendant, un gigantesque drive-in se monte dans une vingtaine de villes suisses!

«Mulan», une des premières grosses productions à sortir mais pas avant la fin juillet.
«Mulan», une des premières grosses productions à sortir mais pas avant la fin juillet.
DR
«La bonne épouse» avec Noémie Lvovsky,  retrouve le chemin des grands écrans après une sortie massacrée par la crise.
«La bonne épouse» avec Noémie Lvovsky, retrouve le chemin des grands écrans après une sortie massacrée par la crise.
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Depuis plusieurs jours, quelques distributeurs de films et exploitants de salles se montraient confiants dans la réouverture du parc cinématographique, annonçant des sorties début juin, avant la confirmation mercredi, du Conseil fédéral. ProCinéma, leur organisation faîtière, a néanmoins exprimé son «soulagement» mercredi. Reste que retranchés sous la devise «#BackToCinema», Fabrice Givisier ou Jean-Daniel Cattanéo, responsables du complexe Cinétoile à Malley, comme, entre autres, Félix Hächler, directeur de FilmCooperative à Zurich, n’en disent pas plus.

«Les spectateurs peuvent être assurés que nous ferons tout pour assurer leur sécurité», assure Claude Ruey, directeur de ProCinéma, annonçant que le détail des mesures sera communiqué sous peu. Le doute plane encore sur la logistique imposée aux salles: un fauteuil sur deux sans doute, peut-être une rangée vide sur deux. «Mais nous devons aussi pouvoir rouvrir les salles de manière à ce que les entreprises de cinéma puissent gérer leur activité de manière rentable», poursuivait Claude Ruey. Pour mémoire, le septième art touche plus de 10’000 emplois en Suisse et enregistre 12 millions d’entrées sur le territoire.

Néanmoins la reprise s’annonce périlleuse tant la programmation des salles romandes échappe en majorité aux décideurs suisses. Calées sur un agenda européen, les premières grosses productions américaines restent agendées pour la fin juillet, telles «Mulan», «Tennet» de Christopher Nolan ou «Wonder Woman 1984».


Du côté des films français, il faudra attendre aussi. Car dans l’Hexagone, la reprise du chemin des salles ne se dessine pas avant la fin juin, voire la mi-juillet. «Là-bas, les professionnels ont opté pour une stratégie totalement différente, note Diana Bolzonello Garnier, attachée de presse auprès de plusieurs distributeurs suisses. Ils préfèrent prendre le temps pour offrir du contenu susceptible d’attirer le public et préparer le terrain pour défendre ces nouveautés.»


René Gerber, secrétaire général de ProCinéma, souligne encore que chaque directeur de salle reste libre d’ouvrir ou pas, en configuration restreinte si nécessaire, comme probablement le multiplexe Pathé à Lausanne. Là encore, la question de rentabilité sera cruciale. Très dynamiques durant le Grand Confinement, les salles indépendantes se sont associées en Suisse romande pour sortir avec une remarquable assiduité des films en VOD. Pour «auteuristes», ces films souvent remarqués dans le circuit des festivals, ont réussi à maintenir le lien entre le spectateur et «sa» salle – du Zinéma au cinéma d’Oron, etc.


«Et nous sommes heureux évidemment de retrouver de l’activité dès le samedi 6 juin dans nos salles, s’exclame Nicolas Wittner du CityClub à Pully. Nous démarrons avec une projection festive, «L’île aux oiseaux», un documentaire humaniste, en présence de leurs réalisateurs Maya Kosta et Sergio Da Costa.»

La crise au fond, n’a fait que mettre en valeur le militantisme cinéphile de ces salles. «C’est vrai que nous avons toujours choisi de faire vivre des films de la marge. Cela nous donne évidemment plus de flexibilité et d’indépendance pour la programmation.» Ainsi suivant la réaction du public, le CityClub espère ouvrir tout l’été, une première.

«En France, les professionnels ont opté pour une stratégie totalement différente, ils préfèrent préparer le terrain pour défendre des nouveautés»

Diana Bolzonello Garnier, attachée de presse

Pour le reste, durant juin, il faut s’attendre à une rentrée discrète «intra muros». Une poignée de reprises va occuper l’affiche, tels «La bonne épouse», jolie comédie avec Juliette Binoche, «De Gaulle» avec Lambert Wilson, aux sorties massacrées par la crise. Inédit, «Lockdown», suite de courts métrages réalisés durant le confinement par 33 cinéastes du pays, sera projeté en trois parties.

Par contre, un gigantesque drive in est annoncé dans plus de 20 villes suisses. Les détails de ces 250 séances, seront dévoilés à la mi-juin. Mais d’ores et déjà en accord avec l’ambiance estivale, les films «feel
good» et les films «de voiture» comme le notent les organisateurs, seront privilégiés. Du genre «Fast & Furious», «Bohemian Rhapsody» ou «Dirty Dancing». A suivre sur
www.allianzdriveincinema.ch/fr

Bref, de quoi s’adapter à tous les spectateurs.