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Regard ÉcoLes données massives sont utiles à la relance

Stéphane Monier.
Stéphane Monier.
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Après six semaines en mer, le vraquier «
Anetos» a accosté dans le port de Xiamen, en Chine, le 11juin 2020 avant 22heures, heure locale. Le navire battant pavillon des îles Marshall transportait une cargaison de concentré de cuivre en provenance du Chili. En lui-même, cet instantané du négoce international ne dit pas grand-chose de l’état de l’économie mondiale. Croisé avec des milliers d’exemples similaires et corrélé à d’autres indicateurs, il a le potentiel de renforcer, ou de contredire, les convictions concernant l’évolution du commerce mondial.

Combinée à des analyses pointues, l’exploitation des données massives ouvre de nouvelles opportunités pour les perspectives économiques. Les technologies de traçage installées dans les équipements, des téléphones mobiles aux navires de transport commercial, ont façonné ce gigantesque volume d’informations pour le rendre granulaire et rapidement disponible.

En se basant sur les données relatives au transport maritime fournies par les autorités chinoises, les investisseurs devront attendre au moins un mois pour dégager une tendance sur les importations dans le pays. Alors que les navires commerciaux sont équipés d’un système d’identification traçant leur position minute après minute. Les outils axés sur le big data sont en mesure de signaler les navires dans les ports chinois en l’espace de vingt-quatre heures.

La première vague épidémique paraissant désormais sous contrôle, le défi pour les investisseurs est de mesurer la progression vers la normalisation alors que les marchés financiers reflètent la conviction que le pire se trouve derrière nous.

Le big data peut nous aider à améliorer le diagnostic en temps réel de la reprise économique. Nous observons sept signaux à haute fréquence: l’import-export, le niveau de congestion des villes, les données relatives à la mobilité, le commerce de détail, la présence sur le lieu de travail et les niveaux de pollution de l’air. Ensemble, ces éléments nous apprennent beaucoup sur le rythme de l’activité économique.

La reprise actuelle se produit en deux phases. D’abord, un redressement rapide qui intervient après la levée du confinement. Puis la deuxième phase, plus longue du fait que certains secteurs, comme le voyage et le tourisme, resteront en berne pour longtemps encore. Les taux de chômage devraient redescendre ces prochains trimestres pour renouer avec des niveaux proches de ceux enregistrés avant la pandémie.

La corrélation entre la rapidité du confinement et la reprise économique est claire.

Nous nous attendons à ce que de nombreuses économies aient retrouvé plus de 85% de leur niveau d’activité d’avant-Covid à la fin de l’année. La Corée du Sud, le Japon et la Chine ont déjà franchi ce seuil. La plupart des pays de l’Union européenne, y compris la France, l’Allemagne et l’Italie, ainsi que la Suisse connaissent une accélération.

Le principal risque qui pèse sur la reprise est l’éventualité d’une seconde vague pandémique. Mais les outils pour gérer une résurgence des infections sont plus efficaces qu’ils ne l’étaient trois mois plus tôt.