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L’éditorialLes dérives de l’immobilier en procès

Le Palais de justice sera le théâtre d’un procès hors norme cet automne à Genève: 188 personnes flouées qui ont perdu au total plus de 27 millions de francs auront les yeux rivés sur le Tribunal correctionnel pour assister au jugement de deux promoteurs et trois représentants d’une entreprise générale qui ont défrayé la chronique depuis 2013.

Villas inachevées, chantiers interrompus, malfaçons: les cinq prévenus auront à s’expliquer sur leur débâcle qui a fait vivre un cauchemar à leurs victimes: «On pensait que ces affaires-là n’arrivaient pas en Suisse.»

Il s’agira de tirer au clair des accusations de surfacturations de terrains en zone de développement, de rétrocessions cachées et d’encaissements d’acomptes de réservation au noir. De nombreux candidats à la propriété ont versé et perdu des montants de 50’000 francs et quelquefois beaucoup plus.

Le Ministère public a rédigé un acte d’accusation de 197 pages à l’encontre des cinq accusés. Ce travail colossal permet de mieux comprendre comment les promoteurs ont roulé dans la farine tant de Genevois dans cette vaste dérive de l’immobilier qui marquera assurément la vie genevoise. Car le procès qui s’annonce est certainement l’un des plus importants que notre canton ait connu tant par le nombre des victimes que des montants détournés.

Et les charges sont à la hauteur de cette invraisemblable affaire. Les promoteurs seront notamment jugés pour escroquerie par métier, extorsion, instigation à gestion déloyale qualifiée, gestion déloyale qualifiée et faux dans les titres.

Les prévenus contestent leur culpabilité. L’acquittement sera plaidé avec détermination et conviction, annonce la défense. Un spectacle qui promet.

4 commentaires
    Rob Le réservé

    Ceci n'est que la partie concernant les victimes de ces promoteurs sans vergogne! Quand est-il de l'agissement de ces "super-constructeurs" face aux instances de l'Etat? Parions que les fonctionnaires du DALE et d'autres offices se sont certainement aussi faits avoir, car ils ne sont par essence pas plus malins que les acheteurs grugés. Combien de dérogations accordées? La Cour des comptes pourraient une fois examiner les administrations concernées, non?