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Interview de Daniel RossellatLes cinq raisons de l’annulation de Paléo

À 100 jours de l’événement spécial que le festival cherchait à proposer, les incertitudes demeurent trop fortes.

KEYSTONE

Après l’annulation de 2020, Paléo croyait à sa chance, quitte à la forcer un peu. L’équipe du festival nyonnais avait planché sur plusieurs scénarios et finalement dévoilé en février dernier son projet de 45e Parallèle, un événement de taille réduite mais prolongé sur un mois, du 8 juillet au 8 août. Las, la pandémie persistante aura eu raison de ce baroud d’honneur. Pour la deuxième fois consécutive, la manifestation tire la prise en attendant des jours meilleurs pour l’année 2022 avec une édition agendée du 19 au 24 juillet pour laquelle les billets et abonnement déjà achetés restent valables.

Daniel Rossellat, patron du raout et syndic de la ville de Nyon, commente ce renoncement. Explications en cinq points, cinq paramètres qui n’étaient pas verts sur le tableau de bord du Paléo.

Les risques financiers

«Une couverture de déficit ou une assurance par les autorités en cas d’annulation ou d’autres problèmes ne sont pas garanties, même si les Chambres fédérales ont mis en place un parapluie de sécurité, mais qui comprend beaucoup de restrictions.»

La jauge du public

«Pour l’heure, il était impossible d’obtenir une autorisation cantonale qui permette de réunir 5000 personnes au même endroit, ce qui était la jauge permise en septembre dernier lorsque nous avons lancé le projet. À ce jour, nous n’avons pas de signaux qui nous permettent de penser que l’on va vers la possibilité d’une telle jauge.»

Les artistes

«Il faut être sûr d’en avoir assez au rendez-vous. Nous avons multiplié les contacts avec des artistes très intéressants et très motivés à venir. Mais ces derniers temps, la situation s’est fragilisée car beaucoup d’événements français ou belges ont commencé à annuler. Pour un bon nombre d’artistes, ces annulations remettent en question leur tournée.»

Une image que l’on ne verra pas sur l’Asse en juillet… Ces spectateurs du Palau Sant Jordi à Barcelone assistaient le 27 mars dernier à un concert de Love of Lesbian.
Une image que l’on ne verra pas sur l’Asse en juillet… Ces spectateurs du Palau Sant Jordi à Barcelone assistaient le 27 mars dernier à un concert de Love of Lesbian.
AFP

Les contraintes sanitaires

«Nous devions nous assurer que les mesures qui seraient en vigueur soient applicables. Nous sommes évidemment capables d’une assez grande flexibilité, mais il est difficile d’anticiper l’ampleur de ces mesures en prenant en compte 5000 personnes. S’il ne s’agit que de présenter un carnet vaccinal, ou plutôt un document d’immunité, cela aurait été possible.»

L’acceptation du public

«L’envie du public n’est pas non plus acquise. Car se faire vacciner, se faire tester, pour se retrouver dans des conditions où l’on est assis à des places numérotées à 1,5 m de distance les uns des autres ne semblait pas correspondre aux attentes de notre public si l’on en croit le sondage que nous avons réalisé qui indiquait une adhésion des spectateurs plutôt faible. Les gens voulaient bien se soumettre à des contraintes pour autant qu’ils puissent ensuite vivre normalement et faire la fête. Si on doit subir les mêmes contraintes à l’intérieur du festival qu’à l’extérieur, comme si l’on n’avait rien fait, il n’y a pas de bénéfice.»

Florian Cella/24Heures
20 commentaires
    Visionnaire

    Cette grande foire musicale, c'est tout sauf de la musique ! Beaucoup de bruit et d'hystérie! Tant mieux donc !