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Les bonnes adresses de «Genève à table»

Chaque semaine, les spécialistes gastronomes de la «Tribune de Genève» vous livrent leurs bons plans et astuces.

Cette semaine, Genève à table remet le couvert dans les restaurants. Visite au Patio Rive gauche et au Grand Donzel.

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Russin - À La Chaumaz, Vali Bejibaru apprivoise la cuisine galicienne

Ce chef roumain est passé de la salle aux fourneaux et vous concocte des plats goûteux réalisés avec un talent remarquable.

Valentin Bejibaru Florin, chef de cuisine de La Chaumaz, et Maria Ghene, sa belle-sœur, responsable de la salle.
Valentin Bejibaru Florin, chef de cuisine de La Chaumaz, et Maria Ghene, sa belle-sœur, responsable de la salle.
LDD

Il se prénomme Valentin, mais tout le monde l’appelle Vali. Vous le découvrirez dans la cuisine de La Chaumaz, un restaurant campagnard jouxtant le manège du même nom à Russin. Vali n’est pas un chef comme les autres, son parcours est tout à fait étonnant.

Rappelons d’abord que cet établissement a construit sa réputation sur des pièces de bœuf grillant sur la braise dans la cheminée installée en salle. Depuis quelques années, La Chaumaz est aussi devenue un rendez-vous prisé des Espagnols de Galice, région du nord du pays où les fruits de mer sont vénérés.

De la salle aux fourneaux

C’est toujours le cas à une nuance près. La cuisine est désormais confiée à Valentin Bejibaru Florin, qui, comme son nom l’indique, est Roumain. Non, Vali n’était pas cuisinier lorsqu’il fut propulsé aux fourneaux. Il assurait le service de salle, rôle dévolu aujourd’hui à la souriante et dynamique Maria Ghene, sa belle-sœur. Le dialogue avec le chef ne manque d’ailleurs pas d’intérêt. Il avoue qu’il n’a jamais cuisiné professionnellement, il a juste réalisé quelques plats à la maison.

En y réfléchissant, on se dit que chez lui, il ne devait pas souvent concocter des mets galiciens. Mais à Russin, il s’est adapté avec un immense talent à sa nouvelle fonction. Installez-vous en notre compagnie sur la belle terrasse et on vous explique…

Pour s’ouvrir l’appétit, rien ne vaut un buisson de pimientos de Padrón, piments doux et verts qui passent à la friture avant d’être aspergés de fleur de sel. Ils se saisissent par la queue et se grignotent voluptueusement.

À ne rater aussi sous aucun prétexte les chipirones a la plancha. Les petits calamars passent sur la plaque brûlante, dorent, brunissent un peu, se raidissent juste ce qu’il faut pour qu’ils restent un peu croquants sous la dent. Quel plaisir…

Bœuf ou baudroie?

Bœuf ou baudroie? Le premier, de bonne qualité, revient de sa sieste sur la braise doré à la perfection. Mais intéressons-nous en priorité à ce poisson à chair ferme. Il fut demandé très peu cuit. Une supplique rarement respectée.

Mais Maria n’a pas oublié de faire la commission et Vali s’est attaché à surveiller la cuisson comme le lait sur le feu. Et les darnes de baudroie arrivèrent, leur chair encore translucide, presque fragile et fondant en bouche. La perfection!

Alain Giroud

Post-scriptum

Vins genevois et espagnols.

Note du pain 3/5.

Service au pas de course de Maria.

Yves Casanova élabore des saveurs admirables

Dans un jardin de charme, son épouse, Catherine, assure le service de quelques plats originaux à découvrir absolument.

Catherine et Yves Casanova vous reçoivent dans un jardin de charme.
Catherine et Yves Casanova vous reçoivent dans un jardin de charme.
DR

Yves Casanova dans son Café d’Avusy propose une cuisine campagnarde classique dont de multiples salades, de la charcuterie des Grisons, des fondues au gruyère d’alpage, des pavés de bœuf ou des filets de cheval.

Des spécialités servies dans un jardin de charme sur deux niveaux par son épouse Catherine, aidée par Jeff et Frank. Oui, les soirées sont vraiment belles dans ce charmant village.

Mayonnaise à la moutarde du Domaine des Oulaines

Puisons dans la carte les éléments propres à faire frétiller les papilles. Le chef accompagne, par exemple, des asperges blanches au calibre impressionnant par une mayonnaise.

Si le légume est cuit à la perfection, restant juste un peu résistant sous la dent, la sauce nous plonge dans un plaisir gustatif insoupçonné pour une préparation aussi basique.

Yves Casanova ajoute aux jaunes d’œufs une moutarde produite au Domaine des Oulaines par Daniel et Nadine Tremblet. Elle offre une puissance étonnante à l’émulsion montée à l’huile de colza de la même provenance. Le chef ajoute alors une fine julienne d’estragon parachevant l’harmonie des saveurs.

Le chef passe à la table pour proposer une entrée qui ne figure pas sur la carte. Une bisque de langoustines… «Je ne l’affiche pas, car son prix dépasse celui des potages que je sers traditionnellement, explique-t-il. Certains clients m’en font la remarque, alors que le produit utilisé est naturellement plus cher que les tiges d’asperge utilisées pour mon velouté.» Cette bisque maison coûte 16fr.50. Sublime, elle mérite vraiment le déplacement. Voir la recette ci-contre.

Pâtes à la Poschiavina

Les pâtes «Terre d’Esize», nées à Aire-la-Ville, se présentent sous forme de petits boudins dodus. Elles avaient subi une très légère surcuisson en arrivant dans leur poêle, rien de dramatique. L’intérêt réside surtout dans une recette très éloignée du terroir genevois.

Yves Casanova réalisait ces Poschiavina lorsqu’il travaillait à Saint-Moritz au Chesa Veglia, table annexe du Badrutt’s Palace. Cette appellation fait allusion au Val Poschiavo, adoré des randonneurs grisonnais. La sauce se compose de dés de viande séchée, jambon cru et lard sautés et additionnés de tomates fraîches, de crème et de parmesan reggiano.

Un plat roboratif, absolument délicieux et vraiment très copieux. Une vraie découverte en tout cas qu’il ne faut pas manquer du côté d’Avusy.

Alain Giroud

Post-scriptum

Carte de vins genevois.

Note du pain 3,5/5.

Service efficace.

Recette de la bisque de langoustines
Un somptueuse bisque de langoustines
Un somptueuse bisque de langoustines
DR

Cette bisque de langoustines a été réalisée selon préceptes de la grande cuisine classique. Elle débute par la réalisation d’une mirepoix de carottes, oignons, laurier, thym, persil, revenue au beurre et mouillée au vin blanc avec un soupçon de cognac.

Les langoustines, cuites au court-bouillon, sont décortiquées. On réserve les queues, alors que les têtes, soigneusement pilées, sont ajoutées à la mirepoix avec du bouillon pour une légère cuisson supplémentaire.

Si vous passez le résultat au chinois, vous n’obtiendrez qu’un potage clair. Alors la bonne méthode consiste à passer le tout à la moulinette, même plusieurs fois, pour obtenir une texture épaisse aux parfums envoûtants.

Yves Casanova réalise cette bisque à la perfection. Elle se déguste à la petite cuillère avec des triangles de pain de campagne grillé. Demandez-les non aillés pour que les saveurs du crustacé ne soient pas troublées. A.G.

Bonjour et bienvenue sur le fil d'infos culinaires GENÈVE À TABLE

Restaurateurs, cuisiniers amateurs, gourmets, gourmands, viticulteurs, marchands de vin, vous pouvez désormais échanger et dialoguer sur notre groupe Facebook, à retrouver ici: Genève à table. Rejoignez-nous!

ADRESSE Sagano reste une table japonaise incontournable

Sagano reste une adresse japonaise précieuse nichée dans une cour intérieure de la rue de Montbrillant. À part les tables classiques, on peut d’installer autour des grandes plaques chauffantes de teppanyaki et le sous-sol propose des salons meublés de tatamis.

Les cuisiniers proposent tous les classiques de l’art culinaire nippon, à débuter par les sashimis déclinés en maki (entourés d’une feuille d’algue), nigiri (avec une boulette de riz) ou en rouleau California. Une variété de sashimi (poisson cru sans riz) est aussi au programme.

Vive les edamame!

Mais intéressons-nous à des spécialités plus enthousiasmantes. Tenez, pour ouvrir l’appétit, un buisson d’edamame, fèves servies tièdes et salées dans leur coque, qui se grignotent avec un plaisir toujours renouvelé. Indispensable aussi, la salade de concombres et d’algues vertes et noires. Explosion de fraîcheur. Si vous aimez les ambiances iodées à l’extrême, dégustez ces lamelles de seiches flirtant avec des langues d’oursin et des œufs de saumon. La texture est légèrement visqueuse, mais les saveurs enivrent vos papilles.

Ah! L’unagi grillée

Plus classique mais toujours aussi délicieux, l’unagi grillée reste incontournable. Ces filets d’anguilles sont longuement enrobés d’une sauce kabayaki composée de bouillon d’anguille, mirin, soja et sucre. Ils passent ensuite sur le gril et atterrissent sur un bol de riz. Une vraie friandise.

Le steak de thon sauté «aller-retour» sur le teppanyaki est moins sexy, même si sa cuisson est parfaite. Il est entouré de légumes sautés (chou, carotte, poivron, pousses de soja). Pourquoi pas… Alain Giroud

Belle carte des vins. Service impersonnel.

RECETTE Un couscous de racines
TENDANCE Auberges de montagne

Pour les amateurs de randonnées, le «Guide des petites auberges de montagne» rend des services inestimables. Sa version 2020-2021 est précieuse, car beaucoup de Suisses choisiront notre pays pour passer leurs vacances, Covid-19 oblige.

Cet ouvrage s’est enrichi de 55 établissements. Il propose des excursions, à pied ou à vélo, dans tout le pays. On y trouve des adresses de restaurants et de refuges, avec des indications sur les infrastructures, la cuisine, les jours d’ouverture. Mais surtout une estimation de l’excursion. Par exemple, pour atteindre l’alpage de Mase, il faut compter 2h30 (805m de dénivelé). On y déguste escargots, polenta gratinée, grillades au feu de bois, et croûtes au fromage et jambon.A.G.

ADRESSE Le Café de la Paix

Le Café de la Paix de Philippe Durandeau s’est transformé en espace de vie convivial. Un changement de cap qui n’occulte pas la volonté de proposer des plats bistronomiques réalisés par le chef de cuisine Thierry Berlant. Cet établissement appartient à la tradition bistrotière de la Jonction. Il était ouvert pour le café du matin, les apéros midi et soir, et une restauration sans prétention réjouissant les habitants de ce quartier populaire.

Lorsque Florian Le Bouhec l’a repris, il y a quelques années, il est devenu un rendez-vous culinaire à la mode, incompatible avec le fonctionnement d’une pinte ouverte en permanence. Le patron a en tout cas eu l’extrême intelligence de lui conserver son charme en le rénovant dans le respect du passé.

Espace de vie bistrotier

Philippe Durandeau, ex-chef exécutif de La Réserve, reprit ce Café de la Paix en 2017 dans le même esprit. Il était heureux de revenir à des mets plus simples et plus joyeux. La brutale interruption de l’activité due au Covid-19 provoqua une prise de conscience. À la réouverture, le lieu se transforma en un réjouissant espace de vie convivial. Le quartier retrouve ses habitudes pour le petit noir matinal ou le thé de 4heures.

La terrasse s’est élargie grâce aux autorisations de la Ville, une table spéciale pour les dégustations a été installée avec la complicité de Stéphane Gros, vigneron de Cartigny, et Philippe Durandeau a remisé sa veste de cuisinier pour recevoir ses clients.

Non! N’ayez pas peur, il y a un excellent chef en cuisine. Thierry Berlant, originaire de Bordeaux, puis passé par Paris, a convaincu Philippe de son talent lors d’un remplacement. Il est resté et propose une carte assurant une continuité avec les années précédentes. Une vision bistrotière de qualité, à base de bons produits, traités avec respect.

La magie iodée des gamberi rossi

À l’image de ces gamberi rossi, petites crevettes roses provenant du sud de l’Italie. Une chair délicate, soyeuse, parfumée, ne supportant aucune brutalité en cuisine. Les crustacés arrivent congelés, reprennent lentement une température normale dans un bain d’eau très froide.

Ils sont alors décortiqués, posés crus sur l’assiette avec un filet de bonne huile d’olive, quelques grains de fleur de sel et une fine julienne de basilic. Le quartier de citron vert permet d’ajouter quelques gouttes de vivacité (pas vraiment indispensables). En tout cas, on se régale!

Restons dans un esprit marin pour s’extasier devant ces calamaretti vivement sautés avec un peu (trop) d’ail, quelques dés de tomates, une pluie de persil haché et du citron qui, ici, joue un rôle primordial. Quelques surprises égaient le repas. Comme ce cube de pastèque à la texture très resserrée par une mise sous vide. Il trône dans un velouté de maïs et une crème d’avocat, couronné d’un… pop-corn. C’est délicieux, comme cette focaccia maison couverte de légumes printaniers, petits pois, carottes, fèves, betterave, pourpier et… fraise!

Les amateurs de belles viandes se jetteront sur une superbe côte de veau poêlée, rose à cœur, d’une tendreté irréprochable, à déguster avec une mousseline de pommes de terre qui ne manque ni de beurre, ni de crème, ni d’huile d’olive. Somptueuse!

Un petit riz au lait pour le dessert? Une douceur oubliée, veloutée par l’apport de chantilly. Quelques framboises et des grains de riz soufflé au chocolat complètent la fête. Alain Giroud

Carte des vins limitée. Note du pain 3/5. Service féminin charmant.

VINS Un Bugey au feminin
ADRESSE La simplicité réjouissante et originale de La Comète

Bien sûr, le Café Babel, à Bardonnex, offre un décor de charme. Mais il serait dommage d’oublier son petit frère voisin, La Comète, où le chef de cuisine Bernard Antony surprend par son originalité. Les deux établissements appartiennent au même propriétaire, des synergies sont certainement appliquées dans les deux cuisines. Mais chacune a son chef. À La Comète, le cadre est simple, style pinte de campagne, et le service très décontracté.

Alors installons-nous à une des vénérables tables en bois et guignons sur la carte ce que nous réserve le chef. Branchons-nous sur ce curieux tacchino tonnato. Une variation sur la célèbre entrée italienne. Il faut juste savoir que tacchino veut dire dinde dans la langue de Dante.

Le chef cuit le filet du volatile sous vide avec tant de précaution que la chair reste nacrée, puis tranchée finement. Franchement, on dirait du veau, on peut s’y laisser prendre, surtout dégusté avec la fameuse sauce au thon, qui n’est pas élaborée à base de mayonnaise mais de vinaigrette, donc beaucoup plus légère.

L’artichaut breton est annoncé, lui, en deux services. On suçote les feuilles pour commencer et on attend le fond préparé en cuisine. Il est débité en petits dés et reconstitué en tartare avec tomates séchées, oignon, échalote, pignons et vinaigrette. Quel plaisir!

Les tartares sont d’ailleurs un peu les vedettes de la carte. Au bœuf, au saumon, au thon et aux légumes. Ce dernier vous envoie au paradis des végétariens. On retrouve l’esprit de l’artichaut avec, en prime, des asperges, de la coriandre, de la poudre d’amande, un parfum d’huile de noisette. Bref, le bonheur!

Les carnassiers se repaîtront du suprême de volaille, moelleux, nappé de sauce aux morilles. Quelques tagliatelles al dente et une jardinière de légumes en bâtonnets juste résistant sous la dent et enrobés de beurre.

Bernard Antony est un très bon cuisinier, qui a travaillé il y a longtemps avec Christian Grenard à la Perle du Lac avant de se promener au Moyen-Orient, puis de devenir chef de production chez Mövenpick. Il a trouvé à Bardonnex l’occasion de démontrer son talent dans la confection de plats simples et goûteux.

Carte des vins limitée. Note du pain 3,5/5.Service adorable d’Elsa.

ADRESSE «L’ingénieur en saveur» dépose ses frais élixirs devant votre porte

Cocktailiste genevois à tendance alchimiste, Fabien livre ses épatantes créations à domicile. Siroter son portrait ici

ADRESSE - Au Cigalon, Jean-Marc Bessire jongle avec la marée

Le Cigalon n’a pas son équivalent à Genève. Jean-Marc Bessire se croit certainement au bord de l’océan pour proposer une carte quasi exclusivement consacrée aux produits de la mer. La marée débarque chaque jour à Thônex et offre un remarquable éventail de poissons.

Le chef les travaille avec talent, créant des mariages harmonieux et, surtout, assurant des cuissons personnalisées d’une très grande précision. Ici, pas de chair ouateuse ou fibreuse. Même lorsque plusieurs espèces se côtoient dans l’assiette.

Tourteau, artichaut et lait d’amande

La fête débute par un émietté de gros dormeur (lisez tourteau) dans un décor digne d’un film de science-fiction. Posé sur un fond d’artichaut camus, il se cache sous un dôme de gelée de lait d’amandes. Une ambiance tout en délicatesse, juste dopée par une réduction de sauce de crustacé. Spectaculaire…

L’aile de raie, elle, se marie à la carotte. Un légume décliné entier et fondant, mais aussi en crème et en coulis de ses fanes. Des saveurs subtiles dopées par un voile de poivre de Côte d’Ivoire. Étonnant!

Retour de pêche à la plancha

Jean-Marc Bessire sublime la pêche du jour en la passant à la plancha. Ce soir-là, rouget, barbue, bar de ligne, lotte dorade grise, saint-pierre et saumon d’élevage… suisse se pâment sur une émulsion d’huile d’olive. Pas une seule surcuisson! Le chef est un magicien.

Et puis il y a la bouillabaisse. Un plat introuvable à Genève, revisité pour conserver aux chairs leur subtilité. Galinette, grondin perlon, saint-pierre, lotte et dorade se baignent dans une bouille de poissons de roche. Ils sont entourés de croûtons, de pommes de terre vapeur, et on ajoute quelques cuillerées de rouille pimentée avec prudence. Un coup d’œil par la fenêtre nous le confirme: non, nous ne sommes pas sur le Vieux-Port.

Ce voyage au bord de la mer ne se conçoit qu’en compagnie d’un vin soigneusement choisi par Corinne Bessire et de pains délicieux réalisés par la pâtissière maison, Denise Gotti. Elle vous fait tourner la tête avec une fraise en chocolat blanc farcie de compote et de crème, et une île flottante originale recouverte d’un disque de meringue. Croustillant!

Carte des vins éclectique. Note du pain 4,5/5.Service impeccable.

Alain Giroud

VINS Vive l'Alsace!
ADRESSE La table ensoleillée du Lancy-Fraisiers

Le restaurant d’un club de tennis doit satisfaire ses membres en offrant une carte attirant une clientèle extérieure pour l’équilibre financier. Au TC Lancy-Fraisiers, Tariene Oliveira-Trinh, cheffe de cuisine brésilienne, propose un éventail de plats couvrant toutes ces exigences.

Son hamburger, demandé saignant et servi (presque) saignant, est garni d’oignons confits, tomate, concombre au vinaigre et surtout d’une sauce au Jack Daniel’s tout à fait délicieuse.

Son entrecôte sur ardoise est déposée sur une plaque à part, ce qui permet de tailler des morceaux de viande pour en terminer la cuisson à chaleur vive. Tariene est une cuisinière astucieuse.

On s’en persuade vraiment en dégustant, en entrée, une soupe froide. En fait deux coulis disposés en cercle sur l’assiette. À l’extérieur, carotte et gingembre, au centre concombre et avocat dopés au citron vert. L’opposition entre une ambiance doucereuse et une acidité marquée envoie vos papilles au paradis.

Le tartare de thon, enrichi de tomates séchées et de pignons, est dressé en forme de cube dont la base est composée de pamplemousse rose et de crème d’avocat au fromage frais, à la coriandre et à l’aneth. On se régale!

Ne manquez pas le feu d’artifice final, un cheesecake comme à New York!A.G.

Carte de vins genevois. Note du pain 4/5. Service adorable de Laura.

Adresse

84, av. du Curé-Baud, Grand-Lancy, Tél. 022 794 64 74. Fermé lundi et dimanche soir. À la carte (entrée, plat et dessert), compter 70 fr. Terrasse. Accès handicapés.

ADRESSE Epicerie italienne Gusto à Vesenaz
VINS Entre blondes, on se comprend
TENDANCES Jérôme Manifacier au Parc des Eaux-Vives

Jérôme Manifacier, qui détenait une étoile Michelin à l’Hôtel de la Paix avant de partir pour Hermance pour ouvrir son sympathique bistrot Le Quai, a repris la restauration du Parc des Eaux-Vives où il propose deux tables différentes. Une version bistrotière à midi pour La Terrasse du Parc (ouvert depuis le 8 juin) et une plus gastronomique réservée au soir sous l’enseigne «Le 82» qui ouvrira le 19 juin. Jérôme conserve en parallèle son Quai qu’il pilote à distance.A.G.

VINS Un Faugères sur la côte de bœuf
ADRESSE Florian Le Bouhec cultive les bonheurs au Bologne
Lucien Fortunati

Décontracté, Florian Le Bouhec inspecte la terrasse de son Bologne qui s’étale largement de part et d’autre de sa devanture et occupe jusqu’à l’extrême bord du trottoir. «J’ai demandé à placer quelques tables de l’autre côté de la rue, mais cela m’a été refusé…», explique-t-il un brin désabusé.

Les clients, en tout cas, sont ravis de l’aubaine et se plongent dans la carte la lippe gourmande. Le chef genevois connaît le secret pour faire saliver ses fans. Sa cuisine bistrotière va chercher des saveurs parfois originales, souvent exprimées avec vigueur. Ajoutons au programme des mariages savoureux et des cuissons parfaites pour parachever la fête.

Confit de canard croustillant aux lentilles

Confit de canard aux lentilles.
Confit de canard aux lentilles.

Florian a d’autre part profité du confinement imposé pour refaire le plafond de l’établissement pour qu’il absorbe mieux le bruit ambiant. En attendant de vérifier la réussite de cette opération, installons-nous sous un parasol pour attaquer de bon appétit un confit de canard. Il attire l’œil, car il est promis «croustillant». Et il tient ses promesses!

Le chef le travaille sous forme de galettes qui passent à la poêle. Les deux faces caramélisent offrant une étonnante opposition de texture. Ces speudo-steaks sont posés sur un lit de lentilles vertes agrémentées de (trop) petites touches de sauce hollandaise. Un bonheur, un!

Le serveur averti au moment de la commande: «C’est un ciselé de veau, pas un tartare. Certaines personnes sont surprises, voire déçues.» Lorsque l’assiette débarque, la différence saute aux yeux. La viande crue est en effet taillée en courte julienne, ce qui lui offre une mâche très particulière et fort agréable.

Elle est tiédie par l’apport d’une émulsion chaude de parmesan et d’un coulis de roquette parsemé d’amandes concassées. Cette association réjouit tous les sens. La fraîcheur de la chair, la suavité de la crème de fromage, la petite amertume de la verdure et le croquant du fruit sec. Un second bonheur.

Vous prendrez bien quelques tronçons de bras de poulpe grillé? Florian Le Bouhec passe ces éléments de céphalopodes frais à la plancha. Pour être franc, ils se sont révélés un brin caoutchouteux. Ils résistent plus que d’habitude sous la dent. Un chef espagnol expliquait que pour les attendrir, il faut les congeler, même un court laps de temps. À tester…

Cela dit, ne croyez pas que le poulpe du Bologne fut boudé. Car il reposait en compagnie d’un caviar d’aubergine d’anthologie. Le cuisinier brûle la peau du légume avant d’en extraire la chair qui prend alors une saveur fumée. Un soupçon de citron, un trait d’huile d’olive et le troisième bonheur surgit. Dire que la plupart des caviars de la concurrence ne subissent pas cette brûlure indispensable parce que les convives pensent que l’aubergine est brûlée. Les clients, ça s’éduque, non?

Ris de veau dorés

Des ris de veau bien dorés.
Des ris de veau bien dorés.

Notre poulpe était associé à une mousseline de pommes de terre émulsionnée avec un siphon à gaz (Isi). Florian Le Bouhec est fan de cette technique qui prive les purées de leur texture veloutée. Une question de goût. Les ris de veau se sont toutefois merveilleusement entendus avec cette préparation mousseuse.

Puissamment dorés, ils trônaient fièrement sur le rond de porcelaine. La caramélisation de leur surface décuple leur puissance aromatique. Ils fondent en bouche avec des branches d’épinards au beurre et des chanterelles qui ont joyeusement sauté dans la poêle. Le quatrième bonheur n’était pas loin.

Même à l’heure du dessert lorsque débarque un Paris-Brest, forme circulaire de pâte à chou, comme il se doit, garni d’une vraie crème pralinée. Le chef repasse au four au dernier moment la couronne, donnant un croustillant étonnant. Cinquième petit bonheur… Alain Giroud

Le Bologne11 rue Necker Tél. 022 732 86 80

Fermé samedi et dimanche

Menu 38 fr. (midi) À la carte (entrée, plat et dessert), compter 75 fr.

Terrasse. Accès handicapés.

Lucien Fortunati
ADRESSE Le Chat Botté

Au Beau-Rivage de Genève, la table étoilée Le Chat Botté ne rouvrira qu'en septembre. Dominique Gauthier proposera une cuisine à base de beaux produits sur la "Terrasse by Dominique Gauthier" dès le mercredi 17 juin. A.G.