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Bien-être
Les bienfaits des champignons adaptogènes

Reishi, chaga, lion’s mane, cordyceps, shiitaké ou maïtaké… Mais qui sont ces champignons magiques qui nous veulent du bien?
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En bref:
  • Les champignons adaptogènes sont des plantes riches en substances bioactives.
  • Ils aident à gérer le stress et améliorent le système immunitaire.
  • Leur efficacité scientifique n’est pas encore formellement prouvée par des essais cliniques.
  • Il convient de suivre les recommandations de posologie pour éviter les effets secondaires.

Ils s’appellent reishi, chaga, lion’s mane, cordyceps, shiitaké ou maïtaké. Membres de l’immense et hautement respectable famille des champignons, ils sont parés de toutes sortes de vertus «santé», ce qui leur vaut d’entrer dans la catégorie des superaliments. Et, du même coup, de se décliner de mille et une manières: en «frais du marché à cuisiner» ou en pack à faire pousser soi-même pour le plus «brut», mais aussi en moutures plus préparées – à savoir en gélules, en café, en gouttes, en pâte à cookies, en poudre à diluer, dans des barres énergétiques ou en boissons gazeuses… Bref, grande tendance «bien-être», «l’adaptogène» se consomme à toutes les sauces. Mais de quoi parle-t-on et vaut-il la peine de se laisser séduire? Décryptage en quelques points…

«Adaptogène», ça veut dire quoi?

Introduit dans les années 50 par le toxicologue soviétique Nikolaï Lazarev, le terme adaptogène désigne des plantes (dont le ginseng, la rhodiola ou encore l’ashwagandha) ou des champignons qui, poussant dans des conditions climatiques extrêmes ou dans des régions hostiles comme les Andes ou la Sibérie, produisent des substances leur permettant de s’adapter, de vivre et de se multiplier. Ce sont ces substances biologiquement actives qui, quand on les consomme, «permettent au corps de lutter contre différents facteurs de stress physiques, chimiques et biologiques».

Les qualités qu’on leur prête

Incontournables des médecines traditionnelles, notamment chinoise, japonaise et ayurvédique, comme le relève le biologiste et mycologue Guillaume Lopez, les champignons «représentent un gigantesque réservoir de molécules bioactives encore largement sous-exploitées». En l’occurrence, les grandes stars de la catégorie «médicinale», soit le reishi, l’hydne hérisson (ou lion’s mane), le maïtaké, les pleurotes, le chaga, le cordyceps ou le shiitaké, riches en antioxydants et nutriments, seraient notamment utiles pour équilibrer les niveaux de cortisol (hormone du stress), doper le système immunitaire, stimuler l’énergie et l’endurance, réguler le rythme cardiaque ou encore améliorer le sommeil, la digestion, la récupération après l’effort mais aussi la mémoire et les performances cognitives… Trop beau pour être vrai? La science ne dit ni oui ni non: pour l’heure, les expériences menées en laboratoire et sur des animaux semblent confirmer tout ou partie de ces effets bénéfiques mais aucun essai clinique ne vient les prouver formellement.

Où les trouve-t-on?

Si l’Asie en général et la Chine en particulier restent les plus grandes pourvoyeuses de champignons au monde, des mycicultures ont toutefois commencé à pousser comme des chanterelles sous nos latitudes et, selon Bio Suisse, la production helvétique est passée de 15 à 35% entre 2017 et 2022. Ainsi Mission Mycelium, à Vevey, qui propose plusieurs variétés à acheter en version «frais», «déshydraté», «poudre» ou encore des kits de culture à domicile (attention: victime de son succès, la crinière de lion est actuellement «indisponible»). Ou Floyd Fungi, lancée à Pompaples (VD) par le biologiste Juan Carlos Floyd Sarria, où l’on trouve également un choix de merveilles fraîches, dont le fameux lion’s mane, de même que des poudres et des kits de culture.

À quoi faire attention?

Quand on opte pour du «transformé» (poudre, gélules, formules en sachets ou en café…), il convient de suivre scrupuleusement les posologies indiquées. Cuisinés maison, du moins pour ceux que l’on peut apprêter, il suffit de suivre des recettes. Toutefois, insiste Guillaume Lopez, «bien consommer des champignons, c’est faire preuve de raison. Ils ne doivent pas être considérés comme des légumes – comme c’est trop souvent le cas dans certains foyers.» En clair: en abuser peut provoquer des troubles digestifs et, indique-t-il, il est impératif de «bien les cuire». Par ailleurs, même naturel, un produit peut provoquer des effets secondaires et/ou des allergies et se révéler contre-indiqué: mieux vaut donc se renseigner auprès d’un professionnel de la santé, surtout si l’on suit un traitement médicamenteux.

Zoom sur trois «stars»

Le lion’s mane, crinière de lion, hydne hérisson ou Hericium erinaceus:

Magnifique esthétiquement, il est recommandé par la médecine chinoise pour soulager les maux d’estomac et prévenir les ulcères mais aussi comme reconstituant, pour retarder le vieillissement et conserver une bonne mémoire. Pour Guillaume Lopez, il est «un véritable champignon de jouvence». Ce qui explique sans doute son omniprésence dans tant de produits dérivés. Jeune, on peut le déguster frais «steaké» à la poêle, pané ou encore en ragoût. Un peu plus âgé, on l’utilisera dans sa version séchée – en infusion, par exemple.

Le reishi, champignon de l’immortalité ou Ganoderma lucidum:

Sous son apparence de flan caramel écrasé, ce chouchou de la pharmacopée cacherait de nombreuses propriétés: allié de choix pour la relaxation, l’arthrose et l’insomnie, il permettrait notamment de réguler le système cardiovasculaire et de stimuler l’immunité. Plutôt dur et amer, on ne le cuisine pas mais on le consomme plutôt en décoction ou transformé, sous forme de gélules.

Le cordyceps, viagra de l’Himalaya, champignon zombie ou Ophiocordyceps sinensis:

A priori peu engageant puisqu’il se développe en parasitant et momifiant des chenilles, le cordyceps n’en est pas moins une mine de bonnes choses. Au Tibet et en Chine, il est recommandé pour traiter la fatigue, des maladies respiratoires et pulmonaires, des pathologies hépatiques et cardiovasculaires, des douleurs dorsales. Et, last but not least, des problèmes sexuels puisqu’il boosterait la libido et limiterait les risques d’éjaculation précoce. Traditionnellement, séché et broyé, il est utilisé comme assaisonnement pour les soupes, les farces de viande ou comme ajout aux ragoûts et aux légumes. Ici, également réduit en poudre, on le consomme essentiellement sous forme galénique ou éventuellement en infusion.

En savoir plus: missionmycelium.ch et floydfungi.ch

À lire: «Le génie méconnu et discret des champignons», Guillaume E. Lopez, Éd. Albin Michel.

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