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Tradition genevoiseLes 23 coups de canon ont bien eu lieu à la Treille

Pour marquer l’anniversaire de la Restauration, Genève a tiré ce matin 23 coups au canon sous la neige. Sans tambour ni trompette, mais devant un public de fidèles.

En 1798, occupée militairement, Genève est annexée à la France et devient chef-lieu et préfecture du département du Léman. Suite aux défaites de l’armée napoléonienne, les troupes françaises se retirent de la ville le matin du 30 décembre 1813. Les troupes autrichiennes arrivent à Genève dans l’après-midi, annonçant la restauration de l’ordre ancien. Le 31 décembre, une proclamation d’indépendance est préparée et un gouvernement provisoire est constitué. Genève retrouve son statut de république indépendante. Chaque année, le 31 décembre, Genève commémore officiellement cet épisode important de son histoire.
En 1798, occupée militairement, Genève est annexée à la France et devient chef-lieu et préfecture du département du Léman. Suite aux défaites de l’armée napoléonienne, les troupes françaises se retirent de la ville le matin du 30 décembre 1813. Les troupes autrichiennes arrivent à Genève dans l’après-midi, annonçant la restauration de l’ordre ancien. Le 31 décembre, une proclamation d’indépendance est préparée et un gouvernement provisoire est constitué. Genève retrouve son statut de république indépendante. Chaque année, le 31 décembre, Genève commémore officiellement cet épisode important de son histoire.
Laurent Guiraud/Tamedia

Boum! Un boucan d’enfer. Le titre d’un album de Renaud nous revient en tête lorsqu’il s’agit de qualifier les coups de canon tirés depuis la rampe de la Treille ce jeudi matin à 8 heures. Boum! 23 coups, pour les 23 cantons concernés par la Restauration. Chaque 31 décembre, Genève fête l’anniversaire du départ des troupes napoléoniennes en 1813. Une tradition que le Covid n’a pas soufflée. Alors bien sûr, la cérémonie s’est faite en petit comité, sans fanfare et sans discours des autorités. Boum!

Détonations fracassantes

«Je viens chaque année, nous souffle Gérald. C’est une tradition pour les vrais Genevois, je n’aime pas manquer ça.» Une cinquantaine de fidèles spectateurs, dûment masqués, ont assisté à la mise à feu d’un vieux canon traditionnel, qui a envoyé ses boulets à blanc dans des détonations fracassantes à faire trembler toute la Treille. Boum! Je manque de défaillir à chaque fois, et enfonce les boules Quies qu’une artilleuse m’a tendues jusqu’au cerveau. Boum! Bien que la plupart du public couvre ses oreilles dès qu’on entend «tirez!» quelques téméraires du tympan restent de marbre, stoïques, mains dans les poches, sans même esquisser le moindre sursaut. Boum! Parmi ces surhommes, la présidente du Conseil d’État Anne Emery-Torracinta. Elle se tient pourtant très proche du monstre de feu et de poudre. Boum! Le président du Grand Conseil, François Lefort, n’a pas l’air de broncher lui non plus. Les policiers venus sur place assurer la sécurité n’ont pas l’air plus impressionnés non plus. Boum! J’ai pour ma part l’impression de me muer en journaliste de guerre.

Laurent Guiraud/Tamedia

Je me rapproche d’une femme qui a elle aussi l’air de difficilement supporter ces coups de canon. Elle s’appelle Magrit Schwiegelhofer, et en guide historique au chômage technique, Covid oblige, elle me narre des anecdotes sur la Restauration. Boum! «Quand les Autrichiens ont libéré Genève de Napoléon, ils ont été bien accueillis. Seulement, ils étaient 10’000, et la population genevoise équivalait à 20’000 personnes en ce temps-là. Il fallait nourrir tous ces hommes, et leurs chevaux avec! Quand ils sont partis, ils avaient mangé toutes les réserves.» Boum!

«Je viens chaque année. C’est une tradition pour les vrais Genevois, je n’aime pas manquer ça.»

Gérald, fidèle spectateur

Compagne d’un artilleur bénévole, elle n’a pas voulu honorer la tradition «qui veut qu’une dame tire le dernier coup de canon». Boum! «J’ai un peu trop peur pour ça», confie-t-elle. Et que nous la comprenons!

Encore dix coups de plus, et le jour s’est levé, sous des flocons de neige divinement silencieux.

13 commentaires
    Octave Vairgebel

    A propos de Restauration il serait temps de rouvrir les restos !!