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DécryptageL’encre pour chanter la page blanche

Les œuvres récentes de Jean-François Luthy s’exposent chez Rosa Turetsky. Le virus n’empêche pas d’y courir, à condition de prendre rendez-vous au compte-gouttes.

«Incidences», 2019, encre sur papier, 98 x 135,5 cm.
«Incidences», 2019, encre sur papier, 98 x 135,5 cm.
JEAN-FRANÇOIS LUTHY

Attention, ceci n’est pas une photographie. Mais la peinture à l’encre de Chine patiemment réalisée par le plasticien Jean-François Luthy, qu’expose pour la troisième fois la galerie Rosa Turetsky en Vieille-Ville. Après avoir tâté de l’expressionnisme abstrait et de l’installation conceptuelle dans sa jeunesse, le Genevois formé à l’École supérieure d’arts visuels a voulu, dès 1996, «mettre du ciel» dans ses œuvres, et, dans cette optique, s’«intéresser au sol».

Ce cap, auquel il est resté fidèle, impliquait «la simplicité et la sobriété» dans la démarche: papier, crayon, pinceau et encre en guise d’outils, la marche ou le vélo comme mode de déplacement, le temps devant soi pour condition de travail. «Je me promène, j’ai un flash sur un endroit, je décide d’un cadrage précis, je dessine au crayon, puis j’attaque à l’encre, sur place en plusieurs séances ou dans mon atelier, d’après la transcription initiale, pour les grands formats. Le processus me demande de vingt à cinquante heures», synthétise Luthy. Pour l’«Incidences», 2019, encre sur papier, 98 x 135,5 cm, reproduit ci-contre, il lui a fallu retourner une vingtaine de fois sur le site, notamment pour capter la même lumière «à un quart d’heure près».

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