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États-UnisL’emploi est toujours à la peine, malgré la reprise

Les entreprises américaines continuent de licencier, alors que l’économie, qui a souffert du coronavirus, commence à reprendre des couleurs.

La semaine dernière, 1,5 million de personnes se sont inscrites pour la première fois au chômage, aux Etats-Unis.
La semaine dernière, 1,5 million de personnes se sont inscrites pour la première fois au chômage, aux Etats-Unis.
Keystone

La décrue du chômage semble plus lente que prévue aux États-Unis, malgré la reprise de l’activité. Mais la réouverture de l’économie a permis à l’industrie manufacturière, chère à Donald Trump, de renouer avec la croissance en juin.

La semaine dernière, 1,5 million de personnes se sont inscrites pour la première fois au chômage, un nombre plus élevé que les 1,35 million escompté par les analystes. Et si le département du Travail a indiqué qu’il était en baisse, c’est uniquement parce que le nombre de la semaine précédente a été révisé en hausse: 1,566 million de nouveaux inscrits contre 1,542 initialement.

Toujours des licenciements

Les entreprises continuent de licencier malgré la réouverture de l’économie et en dépit du programme de sauvegarde de l’emploi dont la seconde phase semble rencontrer un succès mitigé.

Le Paycheck Protection Program (PPP) permet d’accorder des prêts aux petites et moyennes entreprises pour les aider à continuer de payer leurs salariés et leurs loyers. Mais si les 350 milliards de dollars initiaux ont été rapidement dépensés, 130 milliards de la seconde tranche sont encore disponibles. De nombreux économistes y voient le signe que moins de petites entreprises se voient accorder des prêts, faute d’être viables.

Le nombre de nouveaux inscrits au chômage «est un rappel clair que le choc provoqué par la pandémie de Covid-19 n’est pas terminé», a résumé Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics. Pourtant, l’économie montre des signes de frémissement depuis le mois dernier.

Bond record en juin

Après la hausse record des ventes au détail et la hausse de la production industrielle en mai, l’industrie manufacturière a fait un bond record en juin, lui permettant de renouer avec la croissance. L’activité manufacturière de la région de Philadelphie (nord-est des États-Unis) s’établit ainsi à +27,5 contre -43,1 points en mai, selon l’indice de l’antenne locale de la Banque centrale américaine (Fed) publié jeudi. «C’est la première hausse depuis février», a-t-il relevé, pointant le fait que «la plupart des composantes de l’indice ont rebondi»: le niveau général de l’activité, les nouvelles commandes, les prix.

En revanche, la composante emploi est restée dans le rouge, signe que le marché du travail reste durablement affecté par les conséquences de la pandémie de Covid-19 qui a frappé les États-Unis.

Loin des niveaux d’avant crise

Cet indicateur avancé est important puisqu’il mesure la perception que les industriels de la troisième région de la Réserve fédérale (couvrant l’est de la Pennsylvanie, le Delaware et le sud du New Jersey) ont de la conjoncture à travers l’activité de leur société. Mais, «malheureusement, les chiffres des allocations d’emplois sont plus importants que l’indice de la Fed de Philadelphie», a expliqué Ian Shepherdson.

Philadelphie «nous renseigne sur la direction, pas sur les niveaux, et le bond de l’indice de juin nous indique simplement que l’activité est en hausse, pas qu’elle est revenue à la normale», a-t-il poursuivi. Il ajoute que l’optimisme autour de l’emploi était incompréhensible «étant donné l’augmentation des demandes dans le Wisconsin et l’Arizona».

Un optimisme à tempérer

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, tempère depuis des semaines l’optimisme, mettant en garde sur la possibilité que l’économie américaine se remette plus lentement que prévu quand l’administration Trump claironne que la reprise sera très forte aux troisième et quatrième trimestres.

Pour l’heure, le taux de chômage reste bien supérieur (13,3% en mai) à celui de février quand le taux de chômage était à son plus bas en 50 ans (3,5%). Depuis la mi-mars, 46 millions de personnes ont déposé des demandes d’allocations. Selon les dernières projections de la Fed, le taux de chômage sera de 9,3% en 2020, puis reculera lentement, à 6,5% en 2021 et à 5,5% en 2022. Soit près du double de son niveau d’avant la pandémie.

AFP/NXP