Sur tapis, courir est un autre sport

SportCourir sur machine est une alternative bienvenue à la pratique en extérieur. À certaines conditions.

En hiver, le tapis de course présente l'avantage de pouvoir tous le temps courir au chaud.

En hiver, le tapis de course présente l'avantage de pouvoir tous le temps courir au chaud. Image: Yvain Genevay

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Les jours raccourcissent, la nuit tombe souvent avant même le retour du travail et investir dans un équipement à la fois chaud et lumineux n’entre pas forcément dans les plans de chaque coureur. Beaucoup font ainsi le choix, durant les longs mois d’hiver, de substituer une, plusieurs, voire la totalité de leurs séances en extérieur par des entraînements sur tapis. Une méthode qui comporte ses avantages, à commencer par se mettre à l’abri des conditions météo moins favorables.

«Courir sur tapis, c’est largement mieux que de ne rien faire. Mais ça ne vaut pas non plus une sortie à l’air libre», explique Elisa Fontana, cofondatrice, avec Apolline Carrard, de la structure spécialisée VO2 Sport à Yverdon.

En extérieur, on travaille davantage les muscles des jambes et la proprioception, sans compter que préparer une course exclusivement sur tapis peut mener à une mauvaise surprise le jour J.

«Surtout avec la tendance actuelle liée au trail, précise la coach sportive. Courir dans la nature, c’est rencontrer tous types de revêtements, auxquels nos pieds et nos chevilles doivent s’habituer. Sur une machine, la surface, bien qu’assez souple et peu traumatisante, est toujours la même.» D’où la nécessité d’être prudent quand on inclut du tapis de course dans son planning d’entraînement.

Quatre recommandations à suivre lorsqu’on s’entraîne sur tapis

L’inclinaison

Les études le prouvent, l’entraînement sur tapis est plus facile que sa version en extérieur. Un phénomène qui se justifie notamment par une résistance de l’air moindre entre quatre murs. Corollaire, on brûle moins de calories lorsqu’on court sur machine. «Pour contrer ce constat du mieux possible, l’idéal est d’incliner légèrement, de l’ordre de 1%, le tapis vers le haut», détaille Elisa Fontana.

Les chaussures

L’erreur est encore courante. Beaucoup n’utilisent qu’une seule paire de chaussures pour toutes leurs activités sportives d’intérieur, avec des semelles souvent loin d’être adaptées aux chocs engendrés par la course à pied. «Pour s’entraîner tant dehors que sur tapis, il faut des chaussures de course. Sinon, on ouvre la porte aux douleurs et aux blessures, assure Elisa Fontana. Cela peut sembler aller de soi, mais ce n’est pas toujours le cas.»

Le rythme

Se lancer dans une séance sur tapis, ça veut généralement dire choisir son rythme et s’y tenir. Quitte à ce que celui-ci ne soit pas nécessairement adapté tout au long de l’effort. «Pour quelqu’un qui a de la peine à se défoncer, ça peut être bénéfique. Mais, à l’inverse, l’entraînement peut devenir soit trop simple, soit intenable», pointe du doigt Apolline Carrard. La clé? Adapter son rythme en fonction de ses sensations.

L’alternance

Le tapis est à la course à pied ce que les compléments alimentaires sont à l’alimentation: une bonne alternative, qui ne remplace toutefois pas l’original. L’idéal reste donc de passer un maximum de temps à enchaîner les foulées dans la nature et de garder les séances en intérieur pour les jours qui ne laissent d’autres choix.

Attention aux programmes

Pour briser la routine, la plupart des machines proposent une multitude de programmes. Fractionné court ou long, courses vallonnées, allures variées: il y en a pour tous les goûts et pour travailler son cardio sous toutes les formes. Elisa Fontana met toutefois en garde.

«S’ils peuvent aider les débutants ou convenir à certains coureurs, ils ne valent pas un programme personnalisé, établi en fonction de ses capacités et de ses objectifs.»

Ainsi, la coach recommande d’effectuer le plus possible ses séances spécifiques en extérieur. «Surtout que les tapis ne proposent souvent pas d’inclinaison vers le bas. Alors que les descentes font partie intégrante de la course à pied, surtout chez les trailers.»

Créé: 22.11.2019, 14h58

(Image: Yvain Genevay/LMD)

La coach

Bachelor et master en sciences du sport en poche, Elisa Fontana est une touche-à-tout du sport.

Il y a trois ans, avec sa partenaire Apolline Carrard, elle crée VO2 Sport. Une salle spécialisée dans le suivi sportif qui propose notamment les tests d’efforts, permettant d’évaluer sa VMA (vitesse maximale aérobie).

«Bon, ils s’effectuent sur tapis, sourit Elisa Fontana. Mais on recommande davantage d’aller courir dehors. Les études sont formelles: c’est le mieux pour progresser.»

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