Psycho pour les filles et informatique pour les garçons?

En Suisse la plupart des métiers ont encore un sexe. Cela inquiète. Les chiffres pour les CFC, universités et hautes écoles spécialisé.


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Les jeunes qui embrassent cet été une formation d’assistant médical sont des filles et ceux qui optent pour un CFC d’électricien de réseau des garçons. Un cliché? Au contraire: en 2018, cette affirmation s’est révélée vraie dans 98% des cas!

L’analyse que nous produisons de la filière choisie par les quelque 111 000 jeunes qui ont commencé un CFC, une haute école ou une formation universitaire l’an dernier dresse un tableau conservateur. «Ces chiffres sont assez impressionnants. Dans le tertiaire en particulier, on a une hausse specta­culaire du nombre de femmes diplômées, mais ça n’ébranle pas la reproduction sociale: elles s’orientent toujours vers les filières empruntées par les générations précédentes», réagit la conseillère d’État vaudoise Cesla Amarelle. Pour la socialiste, «le couplage entre la ségrégation d’origine éducative et la ségrégation de l’orientation sur le marché du travail se révèle explosif.»

Car la situation a des conséquences directes. «Dans les métiers dits féminins, les conditions sont généralement plus précaires et se répercutent aussi à la retraite», souligne Laura Perret Ducommun, première secrétaire adjointe à l’Union syndicale suisse et responsable de la politique de la formation et de la jeunesse. Selon le Bureau fédéral de l’égalité, les salaires de métiers dits typiquement masculins sont en moyenne 200 francs plus élevés par mois que ceux de métiers dits féminins.

Dans le tertiaire, «la représentation des genres a évolué dans certains domaines: le droit, la médecine, l’architecture; mais il reste des secteurs qui résistent, comme l’informatique ou l’ingénierie, relève Hélène Füger, déléguée à l’égalité des chances à l’EPFL. Une série de perceptions, d’associations d’idées et de stéréotypes, dans la tête des jeunes comme de tous, font obstacle.»

Avec la pénurie de personnel qualifié et les mutations technologiques, l’enjeu est pourtant aigu. «Les femmes doivent pouvoir être parties prenantes des changements technologiques qui bouleversent nos vies», souligne Hélène Füger. Cesla Amarelle abonde: «Si l’on ne fait rien maintenant, dans dix ans il y aura encore plus de discriminations.» Dans l’école vaudoise, la rentrée sera marquée par l’introduction de programmes spécifiques pour les filles. «Au-delà de ça, nous devons interroger les contenus de formation et les modèles de carrière», estime Cesla Amarelle. «La bonne nouvelle, c’est que, dans les branches qui prennent conscience et agissent, les choses évoluent», indique Laura Perret Ducommun. Elle donne l’exemple du CFC de peintre, avec désormais 37% de filles.

Créé: 09.07.2019, 19h59

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